Chat d'égout et chat des goûts [Nyriel]



 

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 Chat d'égout et chat des goûts [Nyriel]

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Yamrah Eteri

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MessageSujet: Chat d'égout et chat des goûts [Nyriel]   Lun 5 Aoû - 12:26

Le vert soleil de Stelm. Une douce brise qui caresse mes moustaches. La chaleur indolente d'une après-midi de la belle saison. Le bruit lointain, présent et plaisant, des cours d'eau. Je vois, à ma gauche, le linge en train de sécher, difficilement, sous les frondaisons humides. Ma joue est posée sur ma dure table de couturier, mes moustaches sont chatouillées par un quelconque insecte, alors qu'une odeur de tissu brut imprègne mes narines. Je suis de retour à la maison. Je sais que si je me lève, je vais me prendre les pattes (pieds... bon, vraiment, je ne vais pas revenir dessus à chaque fois) dans un rouleau que je n'ai pas rangé (comme d'habitude), me rattraper à un mannequin, et glisser nonchalamment, pour ne pas me fatiguer, jusqu'à la chambre de ma sœur, où elle dormira du sommeil du juste après une de ses chasses. Si je poursuis, j'atteindrai l'antre du Phelid méchant, l'être le moins intelligent se mouvant sur deux pieds que j'ai jamais rencontré.

Quelques instants, je suis perdu. J'ai l'impression vague et pourtant intense, brûlante, d'avoir rêvé une autre réalité. Une dans laquelle je suis moi, mais en mieux (c'est difficile, je vous l'accorde, et pourtant...). Une réalité hors du village, une où j'ai recousu quelque chose de rouge et de visqueux, une où je suis seul. Quelques instants, je me débats avec cette idée ridicule et pourtant attrayante. Puis un ronronnement ironique m'échappe. Comment pourrais-je être mieux que le moi actuel? Mais le souvenir lancinant de ce qui s'était emparé de moi me sort, lentement, très lentement, de ma torpeur. Les yeux fermés (enfin, un des deux, l'autre est fermé tout le temps... enfin recollé.) je m'étire de tout mon long et roule sur le dos. Je suis à poils (au sens propre, bande de pervers!), et la sensation est... différente. En un mouvement qui paraîtrait acrobatique à un humain mais qui m'est totalement naturel (on est chat ou on ne l'est pas), je me redresse, hébété.

Je ne sais plus quel est le rêve et quel est la réalité. Je me pique avec une griffe. J'ai mal. Je dois donc être éveillé. Ou alors, ce rêve est bigrement réaliste. Si je me lance dans ces questions, je ne me déciderai jamais. Donc, ceci est la réalité. Je ne sais pas où je suis, avec qui je suis, ni pourquoi je suis ici. Me voilà dans de beaux draps. Au sens propre, en fait, quand j'y regarde de plus près. Le tissu est d'excellente qualité et j'en ronronne de plaisir, avant de me souvenir de mon flot de pensées. Mon esprit me paraît vide, et j'en suis tellement surpris que si je n'avais pas déjà été assis, j'en serais tombé. J'essaie de me souvenir, hypnotisant mon œil jaunâtre avec les battements de ma queue. Et, comme la première fois, tout revient. Mais par à-coups cette fois. D'abord les souvenirs les plus anciens, le corps déchiqueté de Manella, l'entité qui m'a possédé, la couture bestiale et pourtant lumineuse (et géniale, mais c'était attendu, pas besoin de le préciser). Maintenant, le plus récent, cette impression d'être aspiré, tordu, essoré, écartelé, puis ré-assemblé comme un vulgaire patron papier.

Pour la première fois de ma longue existence (hmmh) je suis soumis à un dilemme grave. Me lever en espérant comprendre ce que je fais là et ce qu'était ce flot blanc éclatant, ou rester allongé sous ce faux soleil vert jusqu'à oublier que je ne suis pas sur Stelm. La curiosité et la flemmardise font un étrange mélange. Détonant. De ceux qui préparent des expériences et les laissent suivre leur cours parce que c'est l'heure de la sieste. Avec un soupir proche du feulement, je me lève quand même, avant de m'étirer à nouveau et de bâiller, les crocs à l'air. Les perspectives ne me semblent pas réjouissantes, mais j'ai l'impression que je ne reviendrai pas sur Stelm. Alors autant aller de l'avant.

Avec nonchalance, j'enfile ma houppelande (toujours orange) et passe la porte de cette étrange chambre, mon sac sur le dos. Je ne reconnais plus rien. Une fois encore, je me demande où je suis tombé. La veille (enfin je crois) le chemin m'avait pas clair comme de l'eau de roche, de celle que l'on n'a pas beaucoup par chez nous, parce qu'il faut marcher loin et que c'est fatiguant. Je ferme les yeux et j'inspire, espérant sentir, du bout de la truffe et des moustaches, la destination prochaine, comme la lueur blanche m'a mené jusqu'ici. Peine perdue, à nouveau. Je soupir une fois encore, déjà épuisé à peine la porte franchie, et farfouille dans ma sacoche. Il y a tellement de monde qu'on me laissera tranquille ici, non? Embarqué dans mon activité favorite, je cherche un coin pour faire semblant de travailler...


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MessageSujet: Re: Chat d'égout et chat des goûts [Nyriel]   Mar 6 Aoû - 9:05

Chat d'égout et chat des goûts

Est-ce un rêve ou est-ce la réalité ?
Elle s'est endormie, roulée en boule, contre les flancs froids et sanguinolents de ses parents. S'était-il passé une éternité ou un battement de cil ? Elle ne le sut jamais.
Elle se réveille en sursaut au milieu d'une immense clairière au sol de pierre et entouré de rochers aussi grands que les arbres les plus vieux et taillés étrangement. Un boucan infernal vrille ses oreilles qu'elle couvre vivement de ses mains... Vides ? Sa lance n'est pas ici.
Paniquée elle bondit deux mètres plus loin lorsqu'une sorte de mante religieuse géante passe près d'elle. Elle grogne, elle feule, ramassée sur le sol, presque couchée.
Elle hurle lorsque qu'une main se pose sur son épaule. Tellement d'odeurs, tellement de bruits, tellement de lumières et de mouvements qu'elle en perd tous ses repères et ne sent même pas quand quelqu'un l'approche.
L'inconnu est encapuchonné, elle ne peut distinguer ses traits. Elle montre les dents et il tente de lui parler.
Elle ne comprend rien. Qu'est-ce qu'un Entre-Monde ? Cela se mange ? Et le Mana ?
Prise de vertige, elle tourne les talons et se met à courir, courir à en perdre haleine, à en cracher ses poumons, la gorge en feu. Elle court ainsi pendant longtemps. Elle a laissé la clairière de pierre derrière elle, les chemins qu'elle emprunte sont moins bruyants, moins peuplés, moins éclairés.
Elle ralentit peu à peu, le cœur près de l'implosion. Sa jungle est un vrai labyrinthe, mais cet endroit est un million de fois pire : tout se ressemble, des blocs de rochers étrangement taillés se dressent partout, à chaque coin et recoin. Des rochers présentant quelques similitudes avec la cabane de l'Hermite ; maintenant qu'elle se calme, elle peut voir et analyser. Ces rochers sont sûrement des grandes cabanes en pierre, donc ce sont des... Maisons ? C'est ce mot qu'emploie l'Hermite.
Il y a donc énormément  de maisons de pierre, et des gens qui en sortent et qui y rentrent. Ils y habitent sûrement.
Elle se redresse légèrement, se tenant sur ses deux pattes arrières, le dos voûté et reprend son avancée, plus calme désormais.
Le morceau de cuir sur ses hanches se balance au grès de ses mouvements, la déstabilisant et l'irritant. Qu'elle objet superflus. Mais l'Hermite le lui a offert en disant que si elle croisait des humains, ce serait plus simple de les aborder. Mais elle ne veut pas aborder les humains, ni les autres d'ailleurs. Ils sont mauvais, ils ont tué ses parents et d'autres animaux. Et la laideur de cet endroit est bien une preuve qu'ils ne peuvent rien faire de bon.
En déambulant, elle croise beaucoup d'humains et quelques autres créatures étranges. Jusqu'à tomber sur un homme-chat vêtu d'orange. Elle voit en lui un allié, ou au moins un cousin. Elle s'est toujours bien entendue avec les félins, même si son statut de prédateur teint ces liens de crainte et de respect.
Elle s'approche prudemment, il n'a pas l'air vif, mais il pourra peut-être l'aider -mieux que l'inconnu encapuchonné en tout cas.

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Yamrah Eteri

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MessageSujet: Re: Chat d'égout et chat des goûts [Nyriel]   Mar 6 Aoû - 10:29

Le bruit. C'est ce qui m'a d'abord frappé. Je n'ai pas l'habitude d'entendre ces multitudes de bruits discordants, ces centaines de pas piétinant un sol bien plus dur que l'humus auquel je suis habitué. Quelques instants (courts et bien entendu rares), j'hésite. Redresser ma capuche pour ne pas tous les entendre et dissimuler ma frimousse (par égard pour ces Dames, bien entendu), ou encore assumer fièrement que je suis un Homme-Chat et laisser mes moustaches goûter l'air un peu renfermé du lieu. Il n'y a pas à dire, ces agglomérats de bâtiments, ça manque de verdure. Une belle verdure humide et grasseyante, quelques arbres pour se faire les griffes, et surtout une chaleur et une moiteur qui oblige à faire des siestes nombreuses et prolongées. Un paradis pour chats fainéants. Stelm me manque. Je me rends compte que c'est plus difficile que prévu de partir sans espoir de retour.

Après tout, je suis peut-être mort en sauvant Manella, ce qui serait un échange relativement équitable. Elle y gagne au change, bien entendu, mais pour elle, ça ne me dérange pas. Si je suis mort, personne ne sait ce que j'étais. Je peux être aussi couard et flemmard que je veux. Ils n'auront rien à quoi le comparer. Un sourire retrousse mes babines. Après tout, ce n'est pas si mal d'être mort. A part, bien sûr, l'uniformité de ce monde, et la monochromie. Heureusement que les gens (choses? Animaux? Je ne suis pas tout à fait certain de ce que j'ai vu par endroits... Un lézard?) sont habillés, sinon j'en bâillerais d'ennui. Enfin, je bâille déjà, cela dit.

Planté au milieu du chemin, je me souviens vaguement qu'il y avait un... une personne encapuchonnée quand je suis arrivé. Je n'y ai pas prêté attention (comme j'ai oublié que j'avais vécu au moins une journée après être mort et avant mon arrivée ici) et, de toute la force de mon charisme félin, je l'ai dépassé en l'ignorant, fouettant l'air de ma queue noir et blanche. Avoir l'air souverain, c'est dans mes gènes (et comme de toute façon je le vaux bien, il a dû se sentir honoré d'être snobé par moi). Je repousse ma capuche et me passe la patte derrière l'oreille. C'est la saison des pluies sur Stelm. Ou alors il pleut juste quelque part. Je lève les yeux au "ciel". Pas ici en tous cas. Je soupire et m'étire, commençant à me diriger vers une alcôve ne payant pas de mine mais qui me servirait parfaitement, quand j'entends et je sens quelque chose d'anormal. Un congénère?

Vivement (et silencieusement, on est Chat ou on ne l'est pas) je me retourne. Enfin, vivement... Je dis ça pour me donner un air guerrier, mais en réalité, je me retourne plutôt précautionneusement, et avec une bonne dose d'indolence. Je cherche avec frénésie (euh... je parcours l'endroit de l’œil, quoi) en quête d'une tête de... Puma, à l'odeur. Sérieusement, vraiment à l'odeur! Je fronce le nez (la truffe... vous jouez sur les termes, non?)? Ils ne se lavent pas chez eux? Mais je ne vois rien à part une... Humaine. Enfin, sous les tatouages et la broussaille de cheveux, j'ai l'impression. L'odeur vient d'elle. Elle s'approche et ça devient presque étouffant. Puis je la regarde vraiment, et je me rend compte qu'elle ne porte qu'un pagne en cuir, et le couturier en moi se frappe le front du coussinet.

Les rares passants lui jettent des regards curieux. Une nouvelle fois, j'hésite (décidément, être mort ne me réussit pas). D'un côté, tout mon être tend vers ce banc proche, et de l'autre, ce puma mal dégrossi (est-ce une espèce inconnue, ou une chasseresse de félins?) m'attire. Avec un soupir, je finis par m'approcher, glissant silencieusement sur les dalles. J'essaie d'être calme, mais je reste sur le qui-vive (au cas où la deuxième option soit la bonne), prêt à prendre mes jambes (pattes) à mon cou (quoique ça fonctionne moins bien pour courir, c'est une expression complètement stupide). Ma queue fouette l'air derrière moi, mais j'approche le nez (on s'est posé la question au début, on ne va pas en rajouter une couche, si?). Si elle est aussi sauvage qu'elle en a l'air... J'aviserai (mon esprit de génie ne saurait se trouver dépourvu, après tout...).
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MessageSujet: Re: Chat d'égout et chat des goûts [Nyriel]   Mar 6 Aoû - 14:17

Chat d'égout et chat des goûts

L'Homme-Chat s'est retourné, il a dû la sentir. Maintenant il la fixe, une lueur de désapprobation dans son œil vert-jaune. Borgne comme ça il n'a jamais dû faire face à la vie sauvage, la vie naturelle, sinon il serait mort. Comme ses parents pumas...
Il s'approche lentement, la truffe en avant, reniflant l'air.
Elle lui rend l'appareil, le humant. Il sent le propre, le net. Alors qu'elle... Tellement de sang, le siens, celui de ses proies et celui de... Ses parents.
De la boue aussi. L'odeur de la mort.
Elle lève la main, lentement, et lèche ses doigts maculés de sang séché. Une fois propre elle la laisse retomber le long de son corps, l'autre bras toujours troué par la balle du chasseur.

"Où somme-nous ?" articule-t-elle, sa gorge sèche rendant sa voix rauque.

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MessageSujet: Re: Chat d'égout et chat des goûts [Nyriel]   Mar 6 Aoû - 16:50

Plus j'avance, plus l'odeur me prend à la gorge. Je l'identifie mieux, maintenant. Sous le puma, il y a l'Humain, bien sûr. Mais par-dessus tout ça, le sang, la fourrure humide, des senteurs de musc (vraiment, les bipèdes sans poil ne se rendent pas compte de l'odeur caractéristique qu'ils dégagent, c'en est amusant tant c'est idiot), la boue d'une terre différente, mais aussi humide que celle de Stelm.

Quand elle approche le nez et tente de me renifler aussi (mais moi je sens bon, le chat propre et en bonne santé, et mon poil brille comme une boucle neuve), je sens toute nervosité me quitter. Elle doit être une sorte de membre d'un Peuple-Chat nu. Même si elle a une tête d'humaine. Enfin, ce n'est pas de sa faute. En tous cas, elle connaît les bonnes manières, et ma queue retourne effleurer le sol, désormais au repos. Nous sommes toujours en plein milieu de nulle part, dans un monde inconnu et aseptisé.

Elle a dû se rendre compte de son fumet si peu délicat, car elle commence à se lécher la patte (ah non, main, pour le coup, j'en suis plutôt sûr). Et je remarque qu'elle a des papilles plates. Que sa langue ne doit pas être râpeuse pour deux bouts de tissu. La pauvre. Et je remarque que son autre bras est en sale état. Je suis à peu près certain de ne pas aimer le goût, mais on ne laisse pas un félin dans la détresse, et ce qui m'avait tant aidé avec Manella ne semble pas être là. Ou alors c'était juste un essai, une seule fois et ensuite, tant pis pour toi. Ou alors, être mort avait complètement annihilé cette capacité que je venais à peine de découvrir. Ça devait être ça. Sinon, pourquoi un pouvoir me fuirait? Quoique la magie, ça n'existait que dans les légendes et que je n'ai rien d'un héros.

Trêve de tergiversations. Elle a besoin d'aide, la grande, là. Doucement, pour ne pas la brusquer, je m'avance et je prends son bras pour nettoyer son autre blessure. Elle est en sale état. Enfin, je m'apprêtais à tirer la langue pour l'aider quand elle a parlé. Et elle pose de bonnes questions, en fait. J'allais hausser les épaules, mais je me souviens que je tiens sa main blessée. La tête toujours baissée, je lui réponds donc de ma voix... de chat. Un ronronnement rauque un peu étrange:

"Aucune idée. Tu viens d'où?"

Très vaguement, j'ai l'impression qu'elle n'est pas de Stelm. On aurait eu des histoires sur des hommes-puma, non?
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MessageSujet: Re: Chat d'égout et chat des goûts [Nyriel]   Mar 6 Aoû - 21:14

Chat d'égout et chat des goûts

Il s'avance, prudemment, lentement, elle apprécie l'attention et se laisse faire sans esquisser un mouvement.
Il lui saisit le bras, d'une patte aussi douce que du velours, pourtant elle grimace. Le muscle à l'origine de l'épaule est salement touché, le moindre mouvement l'actionne et déclenche une vrille de douleur dans son cerveau. Elle sait pourtant que l'Homme-Chat ne lui veut pas de mal, peut-être même l'aider. Le bout de sa langue rose pointe hors de ses babines mais il se retient afin de répondre à sa question.
Il est donc lui aussi perdu. Il n'en a pas l'air, aussi calme et désinvolte...
Elle cherche dans sa mémoire le nom de la terre sur laquelle elle vivait quelques minutes plutôt. L'Hermite le lui avait appris un jour. Zeros ? Zoros ? Zelos ? Oui c'est ça, Zelos.
Elle souffle le nom du bout des lèvres, les dents légèrement serrées sous la douleur lancinante. En inspirant profondément pour l'apaiser elle est frappée par l'odeur familière émanant du chat. Une odeur de terre, une odeur de feuilles grasses, une odeur douce et pourtant profonde, l'odeur de sa jungle. La proximité l'aide également à distinguer ce petit détail : ce n'est pas l'odeur de chez elle. Il y a quelque chose en trop.. La lumière ? Cela  sent trop la lumière oui, le soleil. Sa jungle est trop épaisse pour laisser la lumière entrer à flots.

"Et toi, d'où viens-tu Homme-Chat ?" demande-t-elle, ses yeux verts perçant fixés sur lui.

La méfiance l'a quitté, elle est détendue, autant que ses plaies le lui permettent du moins.

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MessageSujet: Re: Chat d'égout et chat des goûts [Nyriel]   Mer 7 Aoû - 7:56

Sans attendre sa réponse, je commence mon œuvre. Ça ne saigne plus trop, mais c'est vraiment très contaminé. J'imagine que ça doit râper fort, sur cette peau sans poil. Mais je me rends rapidement compte que je vais avoir du mal à la nettoyer jusqu'en haut de l'épaule. Ça manque de confort notre installation. Et j'ai un mauvais angle. Du coin de l’œil, je lorgne à nouveau mon banc, un peu plus loin. Et je me demande si elle se laisserait emmener. A bonne hauteur, je pourrais nettoyer la plaie et recoudre un peu. Elle souffrira sûrement, mais ça a l'être d'être une dure (enfin, c'est surtout qu'il n'y aucun moyen de faire autrement, vous me direz. C'est pas faux).

Quand elle souffle le nom de son monde, c'est moi qui suis soufflé. Pas de ville ou de forêt s'appelant Zelos sur Stelm. Est-ce qu'elle viendrait vraiment d'un ailleurs? D'un autre côté, à l'odeur, je dirais bien qu'elle est morte aussi. Quoique j'ai toujours imaginé la mort comme quelque chose de calme, où on ne saignait pas, et où on passait toute sa... mort, justement, à dormir et à ronronner dans des draps de qualité, sur un matelas moelleux et des oreillers rembourrés en plume. On m'aurait menti? J'en suis outré. Qui aurait osé me mentir? Non... Alors j'envisage que, peut-être, je me suis trompé (ça a été un processus long et difficile, mais comme on dit aussi que seuls les idiots ne changent pas d'avis...) et que je ne suis pas mort, finalement. Ça me convient, j'aimerais profiter encore un peu des avantages de mon corps de félin.

Ce qui n'explique pas, au demeurant, cette histoire de mondes. Parce qu'après tout, je suis aussi à peu près sûr qu'il n'y a pas de mantes religieuses géantes et intelligentes dans la jungle d'où je viens. Viendraient-ils encore d'ailleurs? Y aurait-il, vraiment, d'autres univers loin très loin du mien, du nôtre? Et ici ce serait... un carrefour où se croiseraient des gens de tous ces univers... Attends, attends. Si c'était ça, il y aurait vraiment beaucoup plus de monde ici. Et puis je me souviens du Blanc qui m'a amené. J'ai eu l'impression, en plongeant dans cette lumière aveuglante (vous me direz qu'il ne m'en faut pas beaucoup), qu'il y avait d'autres couleurs. Et là ça me paraît vraiment bizarre. J'ai l'impression d'approcher une réponse de la griffe...

Mais la femme-puma me pose une question. Elle aussi veut savoir d'où je viens? Hmmh. Ça ne me surprend guère. Après tout, je vaux le détour. Même si, dans son état, je lui conseillerais bien de ne penser qu'à elle. Et d'aller s'asseoir pour que j'essaie de l'arranger. Alors, doucement, je repose son bras le long de son flanc, je me redresse, tournant mon œil jaune valide vers elle (il y a tellement de lumière que j'ai l'impression de ne plus avoir de pupille), et je lui réponds, tout simplement, d'une voix un peu traînante (il faut pas non plus me demander d'avoir l'air intelligent en plus de l'être. Les clichés, encore une fois!):

"Stelm. Mon chez-moi s'appelle comme ça. Et moi c'est Yamrah... Toi?"

Étonnamment, je joue le jeu de ceux que j'essaie de tromper. Je fais des phrases simples et courtes comme si elle était stupide. Je secoue la tête et me nettoie un coussinet, les oreilles tirées vers l'arrière. Il y a vraiment beaucoup de bruit ici. D'un geste de la patte (en comparaison, je suis bien obligé de dire ça, quand même), je lui désigne le banc, avant de tapoter ma besace. Je lui aurait bien montré l'endroit du menton, mais ça m'aurait forcé à la mettre dans mon angle-mort. J'avoue ne pas en avoir trop envie (je n'ai pas peur d'elle, attention, mais il faut toujours garder un œil, quand on en a qu'un, sur les prédateurs. Ils sont imprévisibles). Puis je reprends:

"Si tu t’assieds sur ce banc là-bas, je pourrais finir de nettoyer ton épaule et recoudre, pour que ça ne saigne plus. Ce serait déjà ça..."

Je n'ai plus qu'à attendre pour voir comment elle prendra cette demande. Si elle sait ce que coudre veut dire, d'un autre côté (ce dont je doute au vu de son pagne plus que grossier). Le couturier en moi se frappe à nouveau le front. Quand je vous dis que j'ai un métier compliqué...


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MessageSujet: Re: Chat d'égout et chat des goûts [Nyriel]   Jeu 8 Aoû - 12:00

Chat d'égout et chat des goûts

Elle ne bronche pas quand l'Homme-Chat décide de lui lécher le bras. Sa langue râpeuse lui rappelle ses parents, lors de ses séances de nettoyage, ou pour soigner une plaie, comme maintenant.
Stelm ne lui dit rien, mais les leçons de géographie dispensées par l'Hermite ne l'avait jamais vraiment intéressé, sauf celle sur sa jungle. Le nom "Stelm" lui avait sûrement échappé, elle se demande ce que c'est : un désert ? Des montagnes ? Ça elle l'avait retenu, une étendue de sable et seulement de sable, c'était fascinant à entendre et imaginer. Elle verrait un désert un jour ; mais juste pour voir.
L'Homme-Chat s'appelle donc Yamrah, c'est un nom étrange, mais elle n'en a jamais vraiment entendu à part le siens et celui de l'Hermite qu'il lui a fait promettre de ne jamais divulguer.
Elle sourit légèrement et lui répond de bonne grâce, en signe de paix :

"Nyriel."

La patte en l'air il désigne un bloc de pierre taillé et propose de s'y asseoir ; un banc, a-t-il appelé ça. Des choses vraiment superflues et laides. Ils pourraient s'asseoir à même le sol... De pierre lui aussi. L’atmosphère est tellement sèche ici, elle se sent vidée et essorée, sa gorge quémandant une goutte d'eau pour se soulager.
Mais arrêter l’hémorragie sera bénéfique et bienvenu, alors elle accepte le "banc" et va s'y asseoir. Elle n'aime pas se faire recoudre. L'Hermite lui faisait souvent lorsqu'elle rentrait de chasse ou de bagarres territoriales. Mais il arrivait à endormir son bras quelques instants pendant l'opération, il posait ses mains sur la plaie et une lueur blanche apparaissait. Il appelait ça de la magie et elle avait toujours trouvé ça... Magique. Yamrah sait apparemment recoudre les plaies lui aussi, il va sûrement utiliser de la magie, comme l'Hermite le faisait.

"Tu es magicien ? Tu vas me soigner avec une lumière blanche ?" dit-elle très sérieuse et pourtant si naïve.



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MessageSujet: Re: Chat d'égout et chat des goûts [Nyriel]   Jeu 8 Aoû - 12:52

Elle a un joli nom. Qui sonne étranger, mais qui n'est pas trop laid (pas aussi beau que Yamrah, ou Manella si on part sur des prénoms féminins, mais bon). Dans ma grande magnanimité, je lui accorde au moins ça. Et puis elle a souri. Enfin, comme quelqu'un d'habitué à monter les crocs (qu'elle n'a pas, je ferais remarquer. Ce qui rend ça terriblement ridicule). Elle a l'air d'accepter mes attentions comme si j'étais un membre de la famille. Ça me fait bizarre. Il y a longtemps que ma petite sœur ne me laisse plus faire ce genre de choses. Et le sang ma rappelle de mauvais souvenirs. Cet amas de chairs déchiquetées. Un frisson hérisse mon échine. Elle va bien, j'ai vérifié. Avant de partir. J'en suis sûr. J'aurais dû vérifier une deuxième fois, juste au cas où.

Je respire, mais ce mélange d'air sec et aseptisé d'un côté et de terre humide gorgée de sang de l'autre retourne mon estomac serré par l'angoisse. Mes hypothèses ont beau être fascinantes, j'aimerais quand même savoir où je suis. Je me lisse les moustaches d'un coup de patte bien senti (d'un autre côté, mes doigts sont d'une précision chirurgicale, alors, forcément...), et je laisse Nyriel avancer jusqu'au banc, où elle s'installe finalement. Je finis le nettoyage en deux temps trois mouvements, et j'ouvre enfin ma besace magique. Enfin pas magique, pour le coup, mais qui contient tout mon nécessaire à couture, plus la trousse spéciale. Je la sors, passe un fil dans le chas (c'était prédestiné, à mon avis, que je devienne couturier. Sinon pourquoi serions-nous même dans la terminologie?), fait un nœud habile (comme tout ce que je fais), et commence mon œuvre. Mon œuvre... Que dis-je? Mon art!

Enfin, ç'aurait été de l'art si cette maudite aiguille avait réussi à s'enfoncer dans la peau de la sauvageonne. Elle fait de la résistance. C'est quoi cette histoire? Je retente, une fois, deux. Puis j'essaie de piquer à un autre endroit. Rien. J'essaie sur moi. Rien non plus. Quelque chose cloche dans ce monde, c'est certain. Je ne sais pas où on est, mais l'endroit est labyrinthique, il y a des pièces partout, des tas de gens de plein d'endroits différents, j'ai l'impression, des races dont je n'ai jamais entendu parler. Et en plus de ça, impossible de travailler correctement. Coudre les gens n'était pas vraiment ce que je préférais, je dois admettre. Mais ça restait un exercice qui demandait toute ma précision (légendaire) et mon savoir-faire (immense). Je m'apprête à me décourager, à bâiller et à décider de retourner me coucher (j'ai déjà oublié la pauvre petite qui saigne sur le banc à côté de moi), quand elle parle.

Elle parle de lumière blanche, de guérison. Est-ce qu'elle serait comme moi? J'ai l'impression de sentir la collision des pièces de puzzle dans ma tête, qui ne s'emboîtent pourtant pas parfaitement. Il me manque quelque chose... Je le sens. Et en plus, je n'ai aucune preuve que cette magie existe encore. Après tout, je n'arrive pas à sentir le Blanc qui m'a amené ici. Comme s'il n'existait pas ou qu'il était étouffé par les autres couleurs que j'ai ressenties. Je m'assieds donc face à elle, ma queue s'enroulant autour de moi, et j'essaie de lui répondre, de ma voix traînante:

"J'ai fait ça une fois. La lumière blanche, l'aiguille qui s'agitait toute seule. J'avais l'impression d'être un général de génie sur un champ de bataille chaotique. Blanc au milieu du rouge, comme un espoir unique dans une guerre perdue d'avance. Le sauveur du jour. Mais ici, je n'y arrive pas. Je ne sais même pas comment ça marche."

Je ne suis pas sûr qu'elle ait saisi tout ce que j'ai dit, mais j'avais besoin d'en parler. Alors je continue:

"Comme pour venir ici. J'ai senti que je décollais, qu'une force, comme cette lumière blanche, m'aspirait ici. Où qu'on puisse être, d'ailleurs. Mais depuis, plus rien, j'ai l'impression que l'étincelle de pouvoir qui m'a transporté a disparu, s'est éteinte. Et pour te soigner, ça va être compliqué, regarde..."

Et parce qu'un exemple vaut toujours mieux que mille mots, je lui montre l'aiguille, je prends son autre main, et j'approche les deux, assez vite pour qu'il y ait, normalement, une piqûre. Mais rien. Comme si la petite pointe de cuivre rebondissait sur sa peau. Alors à moins qu'on m'ait caché des choses sur les Humains, c'est un effet de cet endroit. Je lui montre une fois, deux fois, trois fois. Jusqu'à ce que je sois sûr et certain qu'elle a compris. Qu'elle a fait le lien entre cet évènement et le pourquoi de mon échec (il ne manquerait plus qu'elle croit que c'est de ma faute!). Je range ensuite l'aiguille dans sa trousse, hausse les épaules et étouffe un bâillement, avant de jeter un regard circulaire autour de nous. Il y a beaucoup de personnes portant ces fameuses capuches blanches.

Une nouvelle question commence à me trotter dans la tête et verbaliser m'aide, mais je n'ai pas envie de la brusquer avec mon intellect supérieur (un ronronnement m'échappe à cette pensée). Dans l'expectative, je guette donc sa réaction.
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Nyriel

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MessageSujet: Re: Chat d'égout et chat des goûts [Nyriel]   Sam 14 Sep - 10:05

Chat d'égout et chat des goûts

Elle ferme les yeux, inspire un grand coup et se prépare à l'impact. Les griffures et les morsures qu'elle récoltait pendant ses chasses étaient étrangement plus supportables qu'une aiguilles transperçant sa peau.
Mais rien ne vient. Elle perçoit l'énervement de Yamrah, elle ouvre un œil, puis l'autre : il tente de se percer avec sa propre aiguille, l'air frustré.
Elle penche la tête sur le côté, dans l'incompréhension totale. Les Hommes-Chats aiment se planter des aiguilles dans la peau ?
Finalement il abandonne, elle, elle ne comprend rien. Encore moins lorsqu'il s'assoit face à elle et lui parle de général rouge à l'espoir de génie sur un champ de sauveur chaotique.
Mais lorsqu'il mentionne l'étincelle : elle a ressentit comme une étincelle lorsqu'elle s'est transformée en puma. Mais elle s'est éteinte elle aussi.
Elle sursaute violemment et tente de retirer sa main quand Yamrah la lui saisit et lui perce la peau de son aiguille. Mais rien ne se passe. L'aiguille rencontre la peau sans s'y enfoncer et sans causer le moindre mal. Ce n'est pas normal et elle le sait.
Il range son attirail et s'assoit sur le banc à côté d'elle, fixant la foule.
Un moment de silence s'écoule, elle réfléchit, elle observe, puis elle parle :

"Moi aussi j'ai senti une étincelle avant d'arriver ici. Ça veut dire qu'on se ressemble ?"

Un des hommes encapuchonnés approche alors. Elle montre les dents et se tend mais il s'exprime d'une voix calme :

"Vous désirez des réponses ?"


HRP:
 

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Yamrah Eteri

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MessageSujet: Re: Chat d'égout et chat des goûts [Nyriel]   Lun 16 Sep - 15:53

HRP:
 

Quand elle parle d'étincelle, je tourne la tête vers elle. Elle a l'air un peu moins perdue que tout à l'heure. Mais elle devait toujours souffrir. Non pas que j'y puisse grand-chose, de toute évidence, malgré mes superbes capacités. Auxquelles je ne crois toujours pas. J'étouffe un nouveau bâillement quand un des encapuchonnés s'approche et nous parle. Ca m'intrigue, cette capacité qu'on a à se comprendre alors qu'on vient de mondes totalement différents...

Blasé, je lui fais signe qu'il pourrait toujours tenter d'expliquer. Je me demande si c'est le même que celui qui m'attendait à mon arrivée ou s'ils se ressemblent simplement tous. Et il commence à parler. Il m'a lâché après "Arpenteurs" (oui, d'accord, il a presque commencé par ça, mais que voulez-vous, je n'aime le son que de ma propre voix). J'ai fait l'effort de retirer ma capuche pour l'écouter, malgré tout, et mes oreilles restent tournées vers lui, enregistrant quelques informations, alors que je me demande par quel côté je m'échappe de ce guêpier dans lequel je me suis fourré tout seul. Il avait l'air bien, ce banc, quand il était pas envahi.

A un moment, le sage se déplace un peu pour se rééquilibrer. Ou quelque chose. Les Humains font ça souvent, comme s'ils n'étaient pas à l'aise en état parfaitement immobiles. Ma queue fouette l'air et je bondit de ma place avec un petit sourire qui retrousse mes babines. Bon, plus qu'à trouver quelque chose à faire, alors... Par où était ma chambre, déjà?

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MessageSujet: Re: Chat d'égout et chat des goûts [Nyriel]   

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