Dans un voyage, le plus dur est de franchir le seuil.



 

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 Dans un voyage, le plus dur est de franchir le seuil.

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Azuleys

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MessageSujet: Dans un voyage, le plus dur est de franchir le seuil.   Dim 11 Aoû - 18:30

Dans un voyage, le plus dur est de franchir le seuil - Je suis où ?



La sensation très étrange de se retrouver éparpillée en milliers de fragments plongés dans un environnement si froid qu’il en est inimaginable. Le temps et l’espace qui semble avoir disparurent. Si l’on ajoute à ça une explosion de couleurs qui dansent devant sa vue, on arrive à une description assez proche  de ce que vie Azuleys.
Cette première expérience du transplanage donne très peu envie de recommencer.

Finalement, tout s’arrête et disparaît aussi vite que c’est arrivé. Déboussolée par ce qui vient de ce passer, aveuglée par la luminosité du lieu et l’impression de tomber sont les premières sensations qu’assimile le cerveau de l’ondine après ce voyage singulier. D’un mouvement brusque, elle plaque le bas de son trident sur le sol afin de ne pas se retrouver face contre terre. Le son de l’arme contre la pierre a pour sa part le mérite de forcer le brouillard qui enveloppe l’esprit de la jeune Koï à se dissiper légèrement. Lentement les environs se fixent devant ses yeux et dévoile une surface plane recouverte de pierres taillées. Des bâtisses faites du même matériau entourent l’endroit, donnant l’impression d’être dans une cage à ciel ouvert. Ciel et terre qui ne sont visiblement pas séparés par de l’eau, ce qui plante les germes d’une légère panique dans l’âme de la nouvelle arrivante. En même temps que le bruit ambiant, Azuleys se rend compte de la multitude de formes de vies qui sont présentes en ce lieu déjà anormal pour l’ondine. La panique grandit doucement quand quelques regards ce tourne vers cette appariation aux couleurs pour le moins voyantes qui vient de faire une entrée remarquée, regards pour la plupart attirés par le buste de la charmante créature. Par instinct, elle cherche quelque part où se cacher et s’engouffre entre deux bâtiments, le cœur battant à tout rompre. Sa cachette atteinte, elle commence à faire attention à ce qu’elle ressent. La sensation de ses écailles sur le sol est très désagréable, surtout quand elle se déplace. Bien qu’elle n’ait éprouvée aucune difficulté à se mouvoir en position verticale, comme si elle avait glissée sur le sol, elle n’aime pas du tout le contact avec ce dernier. La sensation de l’air à la place de l’eau est aussi très peu agréable. Plongée dans la découverte des sensations que procure ce milieu, elle n’entend par que quelqu’un s’approche et c’est seulement lorsqu’il se manifeste avec une légers toussotement qu’elle perçoit la nouvelle présence et brandit son arme tel un mur derrière lequel on se cache, ce qui ne marche évidement pas très bien… Les yeux braqués sur l’arrivant, elle le regarde, apeurée plus qu’autre chose. L’être avec deux membres à la place d’un en bas du corps lève les mains en signe d’apaisement et prend la parole d’une voix rassurante :

-Calme toi jeune ondine, je ne cherche pas à te faire du mal, je suis simplement venu te parler afin de t’aider à comprendre…

S’en suit un long monologue de sa part afin d’expliquer à Azuleys ce qui a causé sa transplanation, ce que le mana permet de faire, ce que cela implique ainsi que diverses règles et conseils autant sur ce plan nommé l’entre-monde que sur l’utilisation de ce nouveau pouvoir. Son explication sur les arpenteurs, le mana et les plans terminée, il conclut avec un air solennel :

-Être un Arpenteur, ce n'est pas un cadeau, c'est une destinée. Tu n'es pas moins fragile qu'avant, tu n'es pas plus savant, tu n'es pas plus agile, tu n'es pas moins mortel, tu es simplement doué de Magie. Ne fais pas l'erreur de te penser au dessus des autres. Et surtout, n'oublie pas : L'Étincelle, on vit avec, mais surtout, on meurt avec. As-tu des questions ?

Prenant son courage à deux mains, elle demande :

-Vous… Vous êtes quoi ?
-Et bien… Un sage. Les sages sont ceux qui…
-Non… Vous êtes… Quoi ? Dit-elle en agitant sa nageoire caudale doucement.
-Ah… Un humain.

La jeune ondine prononce quelques fois le mot afin de s’y habituer. Toujours « cachée », elle fait non de la tête lorsque l’humain lui demande si elle a d’autres questions. Avant de partir il l’informe que si des questions lui viennent il ne fallait pas hésiter à venir lui poser ou à l’un de ses confrères.
Perdue dans ses pensées et dans l’espace-temps, même si le soleil au zénith semble parler aux habitants pour leurs indiquer quel moment de la journée il est, Azuleys reste un long moment cachée dans la pénombre de la ruelle. Une nouvelle tête vient la tirer de sa réflexion.


Dernière édition par Azuleys le Mar 13 Aoû - 2:00, édité 4 fois (Raison : Enorme fail, confusion entre "citer" et "éditer"...)
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Nix Tovlia

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MessageSujet: Re: Dans un voyage, le plus dur est de franchir le seuil.   Lun 12 Aoû - 19:17



Nix & Azuleys
© Never-Utopia



La vie était une chose curieuse. On cherchait un équilibre, puis on tentait de le conserver, et on savait qu’il pouvait nous être retiré à tout moment, mais curieusement, on n'envisageait pas que ça pouvait nous arriver à nous. Il ne nous arrivait que des choses communes, à nous. On était que des gens qui vivaient en haut de notre montagne, au milieu de nos bois. Et pourtant, parfois, il arrivait quelque chose de rare, quelque chose qu’on n’imaginait même pas. Et notre équilibre était bouleversé, craquelé et cassé en petites miettes que la vie s’empressait de balayer.

*

À ce moment-là, c’était comme ça que Nix se sentait. Elle avait l’impression que tout tombait en miettes à mesure que le Sage lui apprenait ces notions d’Etincelle, d’Arpenteurs, d’Entre-Monde. L’humaine lisait entre les lignes : tout cela voulait dire qu’elle devait dire adieu à tout ce qu’il se trouvait derrière elle et accepter un destin qui était le sien. Nix aurait aimé avoir le choix, mais qui pouvait choisir ce qu'il était vraiment ? C’était comme ça. À entendre le Sage lui parler, Nix comprenait qu’il avait en très haute estime cette notion d’Arpenteur. Il semblait penser que c’était une chance inouïe pour elle. D’ailleurs, avant de l’amener dans l’Entre-Monde, il lui demanda enfin son avis sur la question, qu’elle lui donna d’un ton sec :
« Ecoutez. Je n’ai eu aucun délai pour faire ni mes adieux, ni le deuil de mon ancienne vie. J’aurai besoin de prendre du recul pour juger tout ça mais, à première vue… ça me dépasse. J’ai toujours vécu dans mon coin, sans faire de vagues, et on me dit que je deviens quelqu’un d’exceptionnel ! Pourtant j’ai tellement l’impression de rester une petite villageoise… vous n’aurez qu’à me poser votre fichue question un autre jour ! »
Après un court temps de silence, Nix s’était excusée de s’être emportée, mais le Sage n’avait pas eu l’air d’en prendre note. Puis était venu le moment où elle avait pu lui poser toutes les questions qui vagabondaient dans son esprit. Ça avait duré plusieurs heures, de ce qu’elle en jugeait, mais sa notion du temps était confuse. Le voyage de Pracle à l’Entre-Monde l’avait un peu perturbée. D’ailleurs, le Sage lui avait annoncée qu’elle en referait un pour atterrir autre part encore. Nix avait accepté, mais ce n’était pas comme si elle avait le choix.

C’est ainsi qu’elle alla atterrir dans une rue bondée de monde –comme si la confusion laissée par son second voyage n’avait pas suffi. L'Arpenteuse retrouvait ses sens petit à petit, comme si elle se réveillait d'un profond sommeil. Toute cette foule l’étourdissait : Nix ne bougeait pas, se faisant bousculer par la moitié des passants, et voyait un flot continu de monde tous aller dans la même direction. Enervée par cette foule incroyable, elle alla se glisser sur le côté de la rue, où moins de monde se frayait un chemin, et se précipita dans une ruelle où personne ne passait, par pur instinct. Déjà qu’elle avait trouvé son village trop habité, qu’est-ce que ce serait quand elle devrait s’habituer au monde de cette ville ?

Tout de même curieuse, Nix se retourna et regarda la foule de loin. C’était déjà plus agréable. Elle observait les différentes races qui la composaient : jamais elle n’en avait vu autant. D’ailleurs, elle n’avait presque jamais vu d’autres races, mais elle remarqua avec soulagement que même ici, les humains restaient majoritaires. Alors que la petite fille se laissait émerveiller par ce monde différent, un bruit étrange se fit entendre derrière elle. Se sentant menacée, elle se retourna derechef et se retrouva devant une Ondine. Jamais elle n’aurait deviné qu’elles pouvaient survivre à la surface… Nix était sûre que ce peuple resterait une légende toute sa vie… et voilà qu’elle en voyait une au coin de la rue. Cette dernière ne pouvait pas laisser une occasion pareille : les yeux brillants, elle s’approcha en sautillant et s’adressa à cette dernière, qui semblait un peu perturbée, mais pas dangereuse (si on oubliait le trident qu’elle tenait à la man) :

« Oh… bonjour ! C’est la première fois que je vois quelqu’un de votre peuple… ! D’où venez-vous donc ? Ne vous inquiétez pas, ce n'est qu'une question de la part d'une curieuse qui vient à peine d'arriver dans cet endroit... »
Pourquoi lui avait-elle parlée, en fait ? Elle, qui restait toujours loin des autres ? Elle avait l'impression de ne plus trop se contrôler : des milliers d'émotions, de sensations, de questions et de peurs embrumaient son esprit. Nix agissait, mais elle avait l'impression d'être à moitié spectatrice... ce n'était pas une sensation agréable.
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Azuleys

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MessageSujet: Re: Dans un voyage, le plus dur est de franchir le seuil.   Mar 13 Aoû - 0:30

Dans un voyage, le plus dur est de franchir le seuil - Je ne suis pas comestible.



L’impression de se faire sauter dessus est le premier sentiment qui fait surface. Trop surprise par cette entrée en matière que venait de faire la nouvelle arrivante, Azuleys n’a pour réponse que quelques battements de paupières. Vient d’apparaître une bipède, une humaine, mais avec des yeux jaunes, couleur pas très rassurante. La lueur d’intérêt qui brille en plus ne fait rien pour arranger le côté pas rassurant. Le contact avec la réalité n’est pas long à revenir, à peine quelques secondes et une réaction plus surprenante fait son apparition : un rougissement si intense qu’une nouvelle nuance de rouge vient sûrement d’être découverte et le réflexe inutile de se cacher derrière son arme. La couleur qui orne le visage de l’ondine arrive par miracle à atteindre une nuance supérieure quand elle réalise la futilité de se cacher derrière son trident. L’air plus d’une petite fille que d’une fière représentante de sa race, ses yeux fixent la petite humaine tel un animal acculé… D’une toute petite voix, après avoir rassemblée le peu de courage qui lui reste, elle répond à la question :

-Je suis perdue…

Bon, elle ne répond pas vraiment à la question… Mais après avoir frôlée la mort, elle est jetée loin de son milieu naturel, loin des siens, au milieu d’un melting-pot de races plus étranges les unes que les autres, on peut dire qu’elle est plus que perdue même, alors on lui pardonne... Quelques larmes aux bords des yeux, elle regarde la jeune humaine l’air de se demander si elle va se faire manger par cette petite forme qui lui fait face (rappelons que Nix fait 1m50 et Azuleys avoisine les 2 mètres)… À se demander qui est la plus âgée des deux…
Pour sa défense, rappelons que la plupart des autres formes de vie de son plan d’origine cherchaient à bouffer tout ce qui passe a portée… Bon, il est vrai qu’avec une réaction comme celle-ci on ne fait pas long feu… Mais ce n’est pas un psychopathe qui adore le sang plus que tout et cette nouvelle manifestation de vie ne semble pas dangereuse, alors pourquoi l’attaquer ?

L’ondine, à des centaines d’années lumières de remettre sa réaction en question, cachée derrière la maigre protection visuelle qu’offre ce qui lui sert de point d’appui, rassemble petit à petit ses esprits. Elle est le premier contact qu’a l’humaine avec sa race, il faut donc qu’elle rattrape sa réaction pour faire bonne impression ne serait-ce qu’un minimum. Redescendant dans les teintes que peut prendre son visage, la voix malheureusement toujours craintive, elle reprend la parole :

- Tu ne cherches pas à me manger, hein ?

… Pour ce qui est de la fierté de la race, on laisse tomber…

Les yeux, un peu plus mobiles que quelques secondes avant, cherche fébrilement une quelconque autre apparition dans l’environnement immédiat… Apparemment, par chance pour les nerfs d’Azuleys, rien ne s’approche. C’est que ça commence à faire beaucoup de choses étranges qui arrivent d’un coup, alors une de plus aurait certainement achevée la non humaine qui ne demande pour l’instant qu’un endroit calme. Le fait de ne pas avoir d’eau autour d’elle sur ce plan lui revient en mémoire et manque de lui porter le dernier coup mais elle tient fièrement face aux événements qui s’acharnent à la rendre folle. Où plutôt, disons que la peur qu’il lui arrive quelque chose l’empêche de tomber lamentablement dans les pommes…
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Nix Tovlia

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MessageSujet: Re: Dans un voyage, le plus dur est de franchir le seuil.   Ven 16 Aoû - 19:42






Déjà que Nix se demandait pourquoi elle avait abordé l'inconnue ainsi, elle se sentit complètement idiote lorsque cette dernière se mit à rougir et eut le réflexe de se protéger. Nix ne savait plus trop quoi faire : d'une part, elle voulait la rassurer, mais cela empirerait certainement les choses et d'autre part, elle voulait partir, pour que cette dernière l'oublie, mais la curiosité l'empêchait de bouger. Non, elle ne voulait pas faire marche arrière : l'appât du gain était trop important. Nix pensait donc à engager la conversation, tranquillement, pour faire oublier cette gêne. Mais l'inconnue lui avait répondue -ou plutôt parlée, puisque ça n'avait aucun rapport avec sa question. Elle lui dit qu'elle était perdue, d'une voix si faible qu'elle aurait pu la confondre avec un murmure du vent.

« ...perdue ? » réagit Nix. Oui, c'était la seule chose qu'elle avait trouvé à dire, trop surprise pour ajouter quelque chose de constructif. Elle avait l'air tellement vulnérable, alors qu'elle pourrait tellement facilement la mettre à terre si elle le voulait. Nix était plus petite et plus mince... mais elle n'arrivait pas à la trouver dangereuse.
Après cette phrase lancée avec si peu d'assurance, Nix commença à avoir peur elle aussi. Etait-elle folle ? Comment pouvait-elle avoir un air aussi apeuré ? Et puis une solution lui vint à l'esprit, claire comme de l'eau de roche : l'ondin était comme elle. Sauf qu'elle ne supportait pas le choc -il était vrai qu'encore plus que de passer de la campagne à la ville, il devait être dépaysant de passer de l'Océan à la surface. Mais elle pouvait aussi être folle, et pour ça, Nix devrait apprendre à être plus méfiante, plutôt que de s'émerveiller de toute nouveauté. D'ailleurs, l'ondin lui posa une question à son tour : elle lui demanda... si elle n'allait pas la manger. Là, c'était trop : Nix ne put s'empêcher de rire. Elle tenta de s'arrêter, mais leur situation était tellement absurde qu'elle ne pouvait pas réagir autrement. Débarrassée de sa gêne, la fillette lui répondit avec enthousiasme :

« T'inquiète pas ! J'ai jamais aimé le poisson. Mon truc, c'est la viande. » Nix ne savait pas si sa dernière phrase la rassurerait, alors elle s'empressa d'ajouter en lui offrant le plus beau de ses sourires :

« On n'est pas perdus, dans l'Entre-Monde. Y'a que des gens comme nous ici ! Qui ont une Etincelle... on va s'habituer à tout ça, moi j'dis. J'a eu peur au début, moi aussi. Peut-être que je devrais continuer à avoir peur d'ailleurs. Comme toi. » Pour le tact, on verrait plus tard.
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Azuleys

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MessageSujet: Re: Dans un voyage, le plus dur est de franchir le seuil.   Sam 17 Aoû - 15:21

Dans un voyage, le plus dur est de franchir le seuil - Je veux te connaitre.



Bon, la petite humaine ne semble pas avoir envie de la manger, c’est déjà un bon début. Elle a avouée qu’elle a eu peur aussi au début… Donc elle a logiquement passée plus de temps ici, mais pas encore assez pour être habituée à tout ça. Mais combien de temps faut-il pour un humain pour s’adapter à quelque chose ? Celle qui lui fait face peut très bien être ici depuis des années et ne toujours pas être habituée… Et elle dit qu’elle devrait peut être continuer à avoir peur ? Donc il y a des dangers ici…
Absolument pas rassurée par les paroles de Nix, la jeune ondine arrive cependant à paraître moins apeurée, son arme pointée vers le ciel ne sert plus de rempart et se dresse fièrement à ses côtés. Le rouge de son visage se fait moins prononcé mais reste toujours présent. Le ton un peu plus assuré, Azuleys reprend la parole :

-Puis-je connaître votre nom jeune humaine ? Et veuillez me pardonner pour le déplorable spectacle dont vous avez été témoin, je suis en effet déboussolée de passer de mon plan océanique à ce plan plus terrestre…

La combattante aquatique a quand même la fierté de sa famille sur les épaules et se doit de paraître assurée, même si elle sait qu’elle ne va pas tenir longtemps comme ça elle sent qu’une certaine confiance apparaît vis-à-vis de son interlocutrice. Et elle a beau être timide, elle a quand même le droit d’avoir la classe de temps, même si cela ne dure pas longtemps… C’est donc avec le trident incliné vers l’arrière pour ne pas qu’il paraisse menaçant, le corps légèrement courbé pour ne pas paraître imposante et un sourire doux qu’elle tente de reprendre une conversation plus « normale ».

Elle déteste tellement parler comme elle vient de le faire. Mais le premier contact avec une nouvelle forme de vie est quelque chose d’important et une grande politesse est de rigueur afin de ne pas provoquer de conflit inutile… Les nombreuses questions qui viennent envahir l’esprit de l’ondine au sujet de l’humanité sont rapidement écartées, pas la peine d’assommer une jeune représentante avec une suite de phrase interrogative sans suite logique. Cet endroit, l’entre-monde, devait bien posséder une bibliothèque avec les réponses à cette cascade de questions.

Pleine de détermination, la Koï lutte contre le retour de sa timidité envahissante. Elle vient déjà de passer pour une créature faible avec sa précédente « crise », si elle relâche maintenant elle allait passer pour folle à lier en plus de cela… Désireuse de faire connaissance avec la bipède, c’est bien la dernière chose qu’elle a envie que cette dernière pense d’elle…
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Nix Tovlia

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MessageSujet: Re: Dans un voyage, le plus dur est de franchir le seuil.   Sam 31 Aoû - 15:06






Nix se sentait fière. Elle avait gagné un point de sociabilité : elle avait réussi à rassurer l'ondin, par ses paroles. C'était comme si elle avait commencé à apprivoiser un animal... si on excluait que l'inconnue n'était qu'à-demi animale, ou même pas du tout. Elle avait beau avoir une queue de poisson, elle n'avait pas l'esprit d'un animal. En tout cas, Nix était en même temps rassurée de voir que l'ondin s'était un peu calmée; cela l'éloignait de son comportement de folle et la rapprochait de celui d'une personne censée, donc moins dangereuse. De plus, les deux personnes étaient dans la même situation, à peu près : elles étaient arrivées récemment dans l'Entre-Monde. Leurs esprits étaient encore rattachés à leur terre natale, ou même plus, à leur monde natal.

D'ailleurs, cette dernière semblait avoir décidé d'engager une conversation normale : elle lui avait demandé son nom. Nix s'apprêta à répondre, mais elle s'arrêta avant de dévoiler son identité : elle se souvenait des leçons de ses parents, qui lui interdisaient formellement de la dévoiler à n'importe qui. Avant de le faire, on devait être sûrs de la bonne foi de l'autre personne : c'était ce que lui répétait sa mère. Elle lui disait que l'identité était une information dangereuse, plus que ce qu'on ne croyait.

La jeune fille savait qu'elle devait tenir sa langue pour l'instant, mais elle avait envie d'avoir plus de sympathie de la part de l'ondin. Et puis, elle aussi, elle voulait apprendre beaucoup de choses sur cette dernière; bien plus que son nom, d'ailleurs. Mais il était vrai qu'elle ne la connaissait pas vraiment... ni elle, ni l'Entre-Monde, d'ailleurs. C'était une raison de plus. Ce dernier argument mit fin à son débat imaginaire. Nix hésita une dernière fois puis se mit à chercher une façon de dévier dans sa réponse, sans froisser l'ondin, qui pouvait revenir autant sur ses gardes qu'au début :


« Quelle importance porte un nom ? Chez moi, chacun décide de sa façon de nommer les personnes qu'il rencontre. » Ayant peur que l'ondin se sente agressée une fois de plus, Nix tenta de parler plus calmement et ajouta : « Mais si c'est important pour toi, je peux t'appeler par ton vrai nom, celui que tout le monde te donne... mais je te laisse choisir mon nom à moi. »

Tout cela étaient des purs mensonges, mais ils parurent crédible à Nix. Elle s'amusait, même, à se créer une autre façon de vivre. Après tout, l'ondin ne connaissait très certainement rien de son village natal : elle devait déjà connaître peu de choses sur les humains... Nix ne ressentait pas une once de culpabilité : elle avait l'habitude de mentir. C'était comme des acrobaties pour elle. Celle-ci était même tentée d'inventer plus de choses encore. Mais en réalité, une curiosité ralentissait son élan : Nix voulait savoir ce que l'ondin pouvait penser d'elle, de la vraie Nix, et des humains, et des personnes comme elle. Alors elle se retenait de continuer ses histoires. Finalement, elle ne put se retenir et lança une phrase pour continuer dans sa lancée :

« Je suis déboussolée, moi aussi. Tu viens sûrement de très bas dans les profondeurs... eh bien moi, je viens de très haut, dans les montagnes. Plus précisément, je vis... enfin... j'ai vécu à Bulyson, un village si petit qu'on y faisait le tour par quelques rues, pas plus. C'était bien différent d'un lieu comme ça, aussi grand et avec autant de gens... » Nix voulait continuer à parler de son village, et de sa famille aussi, et des loups. Mais elle ne savait même pas par où commencer, alors elle attendait avec impatience que l'ondin soit curieuse de connaître la suite. Elle attendait des questions.

Et dans la ruelle, ignorant les deux nouvelles arrivantes, les passants traçaient leur chemin d'un pas pressé. Rien ne semblait pouvoir atteindre ces gens-là : ils semblaient être sûrs de tout connaître, de participer aux plus grandes choses. Ou bien, ils affectaient simplement de tout ignorer, comme si leur propre chemin était la seule chose qui les intéressait. Dans tous les cas, leurs faces fermées ne les rendaient pas bien sympathiques. Nix ne se sentait pas à sa place. Elle se demandait si elle finirait comme eux, elle aussi, et même l'ondin. C'était comme un virus qui semblait prendre la foule toute entière. Celui de la ville.


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