TERMINE | Un duo au poil [PV Kobito]



 

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 TERMINE | Un duo au poil [PV Kobito]

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Yamrah Eteri

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MessageSujet: TERMINE | Un duo au poil [PV Kobito]   Ven 16 Aoû - 13:11

Un Arpenteur. Enfin, un Chat-rpenteur. J'avais raison (une fois n'est pas coutume). Plusieurs mondes. Par tous les Dieux qui avaient jamais vu le jour. Et cette histoire de mana. Blanche, celle de l'Ordre et de la Loi. Quelle blague. Encore une. J'étais un Chat raté, et maintenant, j'allais devenir un Arpenteur raté. L'histoire de ma vie. Heureusement que je m'aime. Qui d'autre le ferait, sinon? En passant dans la Grande Place, je repère un parchemin bien écrit. Pthian. Explorer. Une jungle. Tout ce que j'aime. Les chats sont curieux, vous le savez déjà. Et puis, explorer, ça voulait dire "aucune surveillance". Et qui disait "aucune surveillance", disait rythme adaptable. Et la jungle, c'est mon habitat naturel. A peu de choses près. Oui bon, j'habitais dans une jolie petite maison, avec tout le confort. Mais ça n'empêche. Je vois d'ici vos regards en coin, et j'en bâille d'ennui. Un tel manque de confiance, ce serait presque vexant.

Un petit truc a l'air de lorgner la même affiche que moi. Enfin, un bébé renard. Sur deux pattes. J'essaie de me souvenir de ce que le Sage m'a dit. J'ai somnolé pendant toute la partie qui expliquait les autres races d'Arpenteurs que je croiserais et les choses les plus techniques. Il ne s'est rendu compte de rien. Je me demande si je m'en mordrai les griffes plus tard (enfin, les doigts, selon l'expression consacrée). Je le regarde. Il me regarde. J'ai acquiescé en écoutant à peu près ce qu'il disait. C'est râpé pour la sieste, apparemment. Mais ça peut rester intéressant. Il n'y a plus qu'à espérer que c'est un endroit calme...

***

J'ai retenu que j'étais censé fermer les yeux et me concentrer sur la destination. Rien de plus facile pour moi que d'imaginer une jungle (d'un autre côté, vous demandez-vous, perplexes, qu'est-ce qui est difficile pour moi?). Une nouvelle fois, j'ai l'impression de décoller du sol, d'être écartelé et remis en place (la première fois, tout était au bon endroit, il n'y a plus qu'à espérer que ça continue). Une odeur d'humidité, d'humus et de pourriture, comme dans la plupart des endroits moites de ce genre, m'assaille les narines. Je fronce la bobine. Rien de bien méchant, mais le choc est grand après l'atmosphère aseptisée de l'Entre-Monde. Et puis je me rends compte que quelque chose cloche. La présence lumineuse et envahissante du Blanc semble me faire défaut. Pourtant, je la sens en moi (j'ai au moins retenu ça de cette leçon barbante... enfin moustachante). Si je l'avais pu, j'aurais froncé les sourcils.

Je fais un tour sur moi-même en ajustant ma houppelande. Le orange ne me permet pas une grande discrétion, j'en suis conscient, mais je n'aime pas particulièrement être mouillé quand je ne le décide pas. Je réajuste ma besace et rapproche mon bâton ferré de ma patte. J'inspire profondément. L'odeur est lourde. Un peu plus malsaine que ce à quoi je suis habitué. Si j'ai mis la patte dans un endroit qui craint vraiment, il faudra partir vite fait. Je regarde le renardeau à côté de moi. On ne laisse pas les jeunes derrière (oui, je sais, c'est ironique dans la mesure où je ne suis pas bien vieux non plus, mais bon, au moins j'ai l'air de faire mon âge). Un ronronnement qui se veut rassurant m'échappe et je laisse échapper de ma voix un peu râpeuse:

"On fait quoi maintenant?"

Pas que je ne sache pas ce qu'on pourrait faire. Mais j'ai décidé, dans mon immense bonté et magnanimité, qu'on prendrait les décisions à deux. Alors je lui demande son avis. Simple mise en application de ma couardise aussi légendaire que ma flemme. Je pourrais toujours lui dire que c'était son idée si jamais ça tourne mal...


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Kobito Youko

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MessageSujet: Re: TERMINE | Un duo au poil [PV Kobito]   Ven 16 Aoû - 14:43

Je ne me souviens pas de grand chose et la dernière image qui s'obstine à rester collée à mes rétines et celle du cadavre ensanglanté du Youma aux dents longues. Je ne sais même pas où je suis et la peur qui m'étreint commence à m'agacer. Elle se fait un peu trop présente à mon goût ces derniers temps et vivre dans une terreur continue n'est pas dans mes projets d'avenir. Mes doigts se serrent autour de mon bâton, que j'ai miraculeusement gardé, et j'inspire profondément. Ce n'est ni le moment ni le lieu pour faire une crise de panique et si je veux comprendre ce qu'il m'arrive, j'ai intérêt à me remuer. Et vite.

• • •

Je suis un de Ceux-qui-voyagent. Je suis un Arpenteur, un de Ceux-qui-contrôlent le mana. Je suis sur l'Entre-Monde et je viens d'ailleurs, d'un autre plan. Toutes ces informations me rassurent, je ne suis pas certain d'aimer l'inconnu finalement. Je crois également que je n'ai pas compris tout ce que le vieux m'a dit mais j'ai tout gardé dans un coin de ma tête et le moment viendra où la lumière se fera dans mon esprit. J'ai trouvé la voie de la Déesse et je sais qu'elle me guidera encore longtemps. Je dois lui faire confiance.

• • •

Le tableau d'affichage me fait de l’œil alors que je passe devant lui et je m'arrête, me glissant sans gêne devant les Arpenteurs de passage, à qui j'arrive de toute façon à peine à la taille. Certains me jettent des regards curieux, sûrement amusés par le Kitsunain que je suis et qui porte un bâton plus grand que lui. Je les ignore, habitué aux taquineries incessantes sur ma taille et m'intéresse de plus près aux annonces. Pthian, la jungle. Un mission qui me paraît sympathique mais que je n'ai pas très envie de réaliser seul. J'ai beau détester l'inconnu et être plutôt peureux, cela me donne envie. Je jette un coup d’œil autour de moi, attentif à d'autres potentiels candidats. Je croise alors le regard d'un chat borgne et j'engage la conversation, il a l'air partant.

• • •

Le vieux a dit que si je voulais partir, je devais me concentrer. Imaginer le plan sur lequel je veux aller, penser à des choses en rapport avec la  jungle. Alors je fais apparaître des images dans ma tête, qui me rappellent étrangement celles de ma forêt natale. Je ne suis pas contre retourner sur mon plan d'origine, mais j'ai tout d'abord une mission à mener à bien. Ceux-qui-attendent patienteront encore un peu, même si j'ai quelques remords à leur faire croire que je suis de Ceux-qui-se-sont-perdus. Tant pis, je transplanne.

La sensation est particulièrement désagréable et même si je ne me suis jamais fait aspirer par un trou noir, c'est un peu l'impression que cela me donne. Ce n'est pas quelque chose que j'aimerais faire tous les jours et même la réception est catastrophique. Je trébuche lamentablement sur une racine et m'étale de tout mon long, sans pour autant lâcher mon bâton. Hors de question que je perde l'élément essentiel à ma magie. Je me relève avec une agilité stupéfiante pour quelqu'un qui vient de tomber pitoyablement, et m'époussette vivement.

A côté de moi, le chat est aussi arrivé à destination. Je suis impressionné que nous soyons arrivés au même endroit mais très honnêtement, je n'ai pas envie de me poser plus de questions ; j'ai déjà assez à faire. J'inspire un grand coup : pas de doute, je ne suis pas sur ma terre d'origine, l'odeur n'est pas du tout la même. Les arbres sont différents et les ronces acérées semblent dangereuses. Je suis sûr que tout un tas de bêtes carnivores se promènent par là et un frisson d'appréhension me traverse tout entier. C'est alors que le chat me demande ce que l'on doit faire. Excellente question, tiens !

« Et bien ... Nous devons ramener des informations aux archivistes, si l'on suit le papier. Je propose donc que nous avancions et nous aviserons par la suite ! »

Je prends un air assuré mais je ne le suis pas du tout. L'étrange sensation de manque qui fourmille au sein de mon ventre me rend nerveux, fébrile. Il y a quelque chose qui ne va pas sur ce plan mais je n'arrive pas à détecter quoi. Une chose est absente mais plus je cherche, moins je trouve. Je claque la langue, agacé. Cela viendra plus tard.

« Au fait, je ne suis pas sûr de te l'avoir dit. Moi c'est Kobito. »

Il est temps de partir à l'aventure.

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Yamrah Eteri

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MessageSujet: Re: TERMINE | Un duo au poil [PV Kobito]   Ven 16 Aoû - 17:12

La sensation du voyage fourmille encore dans mes membres. Je m'étire nonchalamment. Et commence à bâiller quand le petit être me répond. Je termine ce que j'ai commencé (c'est ce qu'on m'a appris) et je me retourne vers lui. Pas évident de le prendre au sérieux alors qu'il est aussi petit. Mais d'un autre côté, juger sur les apparences, ce n'est pas mon fort. D'ailleurs, qui se douterait de quel genre d'être magnifique je suis sous cette houppelande orange et à l'intérieur de ce petit corps malingre. Personne. Voilà, exactement. Je vais finir par mal le prendre, vous savez... Cela dit, le plan, ou plutôt l'absence de plan, n'est pas mauvais. On avance et on avise. J'ai presque l'impression d'entendre ma sœur me rire au nez. Je la chasse en remuant les moustaches. Ce n'est pas une expédition de chasse.

Avec un peu de chance, on tombera sur un joli village, et tout se passera bien. Non, je n'y crois pas vraiment. Mais ça m'a déjà épuisé d'arriver là. En plus, le manque de Blanc me laisse comme... je ne sais pas trop, mais la sensation n'est pas agréable. Je n'aime pas. Et je n'aime pas quand je n'aime pas. Ca ne me rend pas irritable. Non, je ne m'irrite jamais, ce serait indigne de moi. Mais ça me rend moins indulgent. Je sens mon quota de mauvaise foi qui monte en flèche. Rien d'anormal. J'allais avancer, devant, quand il se présente. Il a raison, ça se fait. Et en plus, je ne voudrait pas lui gâcher la vue, autant qu'il passe devant... Je reprends donc, un sourire tout félin aux babines:

"Ravi de te rencontrer dans ces circonstances Kobito. Je m'appelle Yamrah. Allons-y, explorons!"

J'essaie d'avoir l'air enthousiaste, mais même à mes oreilles, ça sonne faux. Cela dit, je fais quand même le premier pas. Au sens propre, dans la forêt. J'ai rejeté ma capuche en arrière pour permettre à mes oreilles de pivoter tout leur saoul et surtout pour entendre un peu mieux qu'un de ces quasi-sourd d'Humains. Indulgent, moi? Oui, oui, bien sûr... Ce n'est pas de leur faute, après tout.

Le pas silencieux, mais si lourd d'apparence (je suis tout de même un chat, je ferais remarquer à ceux qui rigolent dans l'assistance. Quant à ceux qui dorment... Ils ont bien raison) je m'avance. Bon. Ben c'est une jungle, quoi. Des lianes, de la mousse, de l'humidité, de la pourriture, de la moisissure, des lianes, encore, une frondaison d'un vert brillant, une canopée trop serrée pour qu'on voit vraiment le soleil par en-dessous... C'est assez calme, par contre. Pas de grondement de fauves dans le lointain, assez peu d'insectes bourdonnants. Pas de chasseurs à portée d'oreille. Je ne suis pas encore certain qu'il faille m'en inquiéter, mais je commence quand même à gamberger. Qui dit monde inexploré dit soit indigènes, j'imagine (j'aurais peut-être quand même dû écouter ce que racontait ce vieil encapuchonné... Non, je m'en sortirai), soit monstres. Non... Ils ont dit que c'était une mission pour les Apprentis Arpenteurs (par tous les Dieux, c'est difficile à dire, ça). Ils n'auraient quand même pas l'esprit assez tordus pour imaginer qu'il y aurait des... prédateurs trop gros pour nous? Si?
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Kobito Youko

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MessageSujet: Re: TERMINE | Un duo au poil [PV Kobito]   Ven 16 Aoû - 20:54

Alors que j'observe avec attention la végétation qui nous entoure, je commence à regretter de plus en plus mon envie d'aventures, totalement saugrenue dans l'état où je suis : totalement perdu. Rien que les fougères juste à côté de mon pied me paraissent étrangement dangereuses, comme si elles s'apprêtaient à me sauter dessus et à me digérer lentement, dans d'atroces souffrances. J'aurais peut-être dû prendre un peu de temps pour m'habituer à ma nouvelle condition d'Arpenteur, avant de repartir aussitôt, mais la curiosité m'a donné envie de me lancer. J'aurais dû écouter ma raison, pour une fois. Ou ma peur, aussi, celle qui s'enroule dans mon ventre et me serre les entrailles.

Je m'ébroue vivement, relève la queue pour ne pas qu'elle s'agrippe aux ronces et expose mon « plan » à mon compagnon de mission, avant de me présenter parce que je suis un Kistune poli et bien élevé. Il fait de même et je m'amuse à repasser son prénom dans ma tête. Yamrah, ça sonne bien. Un peu agressif à prononcer, peut-être. Je lui adresse un sourire qui se veut rassurant mais je crois que cela ressemblait plus à une horrible grimace qu'autre chose.

Puis nous nous mettons enfin en route et j'ouvre la voie à pas lents mais discrets, silencieux. Je ne suis peut-être pas un félin mais je reste un prédateur qui sait surprendre ses proies ! (Oui, bon, je suis un prédateur végétarien mais je sais aussi attraper les baies sans me faire voir ni entendre !) Mes yeux ne cessent de faire des allers-retours, tout mon corps est tendu, je suis prêt à réagir au moindre signe de danger. Mais pour l'instant, les seules choses que mon odorat perçoit et que mes yeux voient, ce sont des arbres à perte de vue, une végétation luxuriante, de la mousse et quelques insectes peu ragoûtants qui grimpent à toute vitesse sur l'écorce des géants de bois. Il n'y a pas non plus beaucoup de bruit et j'ai l'impression que le bruissement des feuilles couvre tout le reste tellement il est fort.

Je n'ai pas spécialement envie de parler alors je reste plongé dans mes pensées, poussant avec mon bâton les herbes qui freinent notre route et s'emmêlent dans nos poils. Un peu plus loin, je perçois des arbustes couverts de fruits mais ils ne me disent rien qui vaille et je n'ai pas spécialement envie de mourir tout de suite. De toute façon, je sens l'abondance du mana vert qui imprègne chacun de mes pores et je ne pense pas qu'il soit très compliqué, ici, de faire pousser un buisson de baies comestibles, comme celles qui existent sur mon plan. Puis le silence commence à me peser et au diable les conventions de la discrétions, que la Déesse me garde.

« Tu es Arpenteur depuis longtemps ? », lancé-je sans me retourner.

Pas que ça m'intéresse vraiment mais je ne savais pas quoi dire et autant entretenir de bonnes relations avec ce chat qui me suivra pendant un bon bout de temps !

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Yamrah Eteri

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MessageSujet: Re: TERMINE | Un duo au poil [PV Kobito]   Sam 17 Aoû - 8:40

On marche. Je me concentre plus sur mon ouïe que sur ma vue. D'un autre côté, j'ai un angle-mort suffisamment conséquent pour ne pas vouloir faire une confiance excessive à ce sens. Je sais que je m'en sortirai, quoiqu'il arrive, mais j'aimerais pouvoir anticiper pour le pe... Kobito. En plus, c'est souvent plus par l'absence de bruit que par un quelconque mouvement qu'on repère un prédateur. Si c'est assez gros pour faire taire les oiseaux, c'est qu'il vaut mieux filer en vitesse. A ce moment-là, je me demande comment les Sages Archivistes pour qui nous sommes partis considèrent l'abandon de mission. Est-ce qu'il ne vaut mieux pas que les Arpenteurs reviennent en vie, quitte à repartir ensuite, plutôt que de succomber dans une jungle humide et puante. Enfin une jungle, quoi...

Mon cerveau habitué aux bruits habituels de ce type d'environnement enregistre sans que j'ai véritablement besoin d'écouter, et je poursuis donc ma réflexion. Finalement, je me dis qu'il vaut mieux qu'on ne rencontre pas d'autochtones. Après tout, on ne ressemble pas vraiment à des Humains, ni l'un ni l'autre, et s'ils n'ont jamais vu de représentants de notre race... Ils risqueraient de nous tomber sur le râble. Et je ne suis pas forcément persuadé que l'extermination de populations indigènes fasse partir des objectifs de la mission. Légitime défense, bien entendu, mais au-delà de ça... Je lisse mes moustaches du bout de la patte. Je ne vois pas trop bien comment nous pourrions perturber ce monde.

Je me souviens vaguement d'une chose qu'a dite le Sage qui m'a expliqué ce qu'était un Arpenteur. Les Guildes. Celle des Correcteurs. Je ne comprends toujours pas comment nous pourrions perturber la Mana d'un Monde au point de devoir envoyer des gens pour la remettre en ordre. Comme les fils d'une grande tapisserie. Imaginer cette magie de cette façon m'aide à comprendre. J'ai l'impression de tenir quelque chose quand le Kitsune parle encore. Décidément, je comprends maintenant pourquoi je réfléchis quand je suis seul uniquement.

Depuis combien de temps suis-je un Chat-rpenteur? Pas bien longtemps. Pendant quelques secondes, mes oreilles se penchent vers l'arrière alors que je me demande si je vais répondre pour le rassurer, ou si je vais simplement dire la vérité. D'un autre côté, si je mens, il va compter sur moi, et je vais devoir endosser la responsabilité de cette expédition. Très peu pour moi, merci. J'y ai échappé avant, ce n'est pas pour commencer maintenant. Je hausse les épaules, bien conscient qu'il ne me voit pas, et reprend à voix basse:

"Le temps d'arriver à l'Entre-Monde, d'écouter ce que les Encapuchonnés avaient à dire et d'arriver ici. Et toi?"

Pas la peine de lui dire que j'ai fait la sieste et que j'ai discuté avec un puma qui se prenait pour une femme. Ou l'inverse. Difficile à dire. Mais plus on s'enfonce sous la canopée, moins je suis rassuré. Ça me paraît un peu trop facile, et j'ai comme dans l'idée que ça ne va pas continuer comme ça longtemps. Et puis, on n'est pas censé faire une carte ou étudier la flore de plus près quand on explore? Je me rends compte que... Non, si je le dis, vous allez croire que c'est un précédent qui va faire jurisprudence. Je contrôle la situation. Évidemment. Enfin, presque. A quelques menus détails près...
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Kobito Youko

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MessageSujet: Re: TERMINE | Un duo au poil [PV Kobito]   Sam 17 Aoû - 9:49

La réponse ne vient pas tout de suite et si je n'avais pas senti sa présence juste derrière moi, je me serais retourné pour vérifier que je ne l'avais pas perdu en route. Après tout, il est facile pour moi de me faufiler partout mais dès qu'on dépasse le mètre vingt, ça devient toujours plus compliqué ! Je me souviens de toutes les brimades, de toutes les moqueries dues à ma petite taille et sourit imperceptiblement : qu'ils rient, être nain procure bien plus d'avantages qu'ils ne le pensent. Je déplace une énième fougère importune lorsqu'il me répond enfin.

« Je dirais à peu près comme toi ... Pas longtemps, donc. »

Nous sommes dans le pétrin. Je crois que j'aurais été plus rassuré s'il m'avait dit qu'il était Arpenteur depuis une dizaine d'années et qu'il maîtrisait ses pouvoirs à la perfection mais d'un autre côté, je lui suis reconnaissant de m'avoir dit la vérité. C'est toujours mieux de savoir à quoi s'attendre et de se préparer au pire. Surtout sur Pthian, réputé pour être le plan le plus dangereux du Multivers, où ce qu'on croit être le pire est toujours le meilleur d'un autre pire. Enfin, d'après ce que j'ai entendu quand j'étais sur l'Entre-Monde.

Mais pour l'instant, pas de danger à l'horizon. Une partie de cerveau reste concentrée sur ce qui nous entoure tandis que l'autre retourne à ses réflexions profondes. Je n'arrive toujours pas à trouver l'explication à la sensation de manque qui me tiraille mais je sens qu'elle vient du plus profond de mon être ; ce qui est assez dérangeant, soit-dit en passant. J'ai beau ressasser toutes les informations données par le vieux, aucune ne me paraît être la bonne justification.

Mes pensées dérivent alors vers la guilde des Archivistes. Nous sommes censés ramener des détails sur ce plan mais cela veut-il dire que nous devons collecter des fruits, des fleurs, et que sais-je encore ? Je n'ai pas très envie de plonger ma main dans l'un de ces buissons et c'est à ce moment là que je regrette de ne pas en savoir beaucoup plus sur mon affinité au mana vert. Quand j'ai combattu le Youma, je me souviens avoir fait grandir des ronces mais je ne pourrais dire si je les ai contrôlées. Je claque la langue, ce n'est pas le moment d'y réfléchir.

« Tout est trop calme ... », murmuré-je, de moins en moins rassuré.

Puis quelque chose me fait dresser les oreilles et mon corps tout entier se raidit. Mes doigts se resserrent instinctivement sur mon bâton.

« Tu as entendu ? »

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MessageSujet: Re: TERMINE | Un duo au poil [PV Kobito]   Dim 18 Aoû - 12:25


Ce son sinistre, à l'image d'une plainte spectrale, comment ne pas l'entendre alors qu'il résonne dans le calme étouffant de la jungle ?
D'abord très éloigné, il semble se rapprocher peu à peu de votre position, puis s'interrompre subitement.

Vos sens aux aguets guettent la source du bruit, vos muscles tendus dans l'anticipation d'une attaque...

Et c'est ce qui sauve le petit kitsune au dernier moment, lorsqu'une forme souple et féline bondit depuis sa cachette dans la ferme intention de le dévorer. Heureusement esquivée de justesse, celle-ci se ramasse sur ses pattes un peu plus loin.

Aperçue furtivement, vous avez maintenant tout le loisir de contempler la créature qui vous fait face, prête à repartir à l'assaut de son futur repas. Long d'environ un mètre cinquante et pesant un peu moins d'un quintal, son corps quadrupède rappelle celui d'un grand félin aux poils grisâtres. Son regard aux reflets jaunâtres s'illuminant d'une lueur prédatrice lorsqu'il se pose sur vous.

Mais ce serait bien triste qu'une créature aussi normale vive sur Pthian, non ? Et c'est un point sur lequel elle a vite fait de nous rassurer :

Vous laissant à peine le temps de vous remettre de vos émotions, la peau qui couvre son crâne se rétracte complètement vers l'arrière alors qu'elle ouvre une nouvelle fois sa gueule pour pousser un cri chargé d'une peur pénétrante aux accents surnaturels.

Rassembler vos forces et combattre courageusement ou prendre la fuite ? La décision vous appartient.

[Un aperçu de la bête : ici]

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Yamrah Eteri

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MessageSujet: Re: TERMINE | Un duo au poil [PV Kobito]   Dim 18 Aoû - 15:16

"Tout est trop calme". Je manque éclater de rire (autant que faire se peut, ça n'est quand même pas très naturel pour un Chat). Ce petit a un certain sens de la formule et de la litote. Le silence est même écrasant. Il nous enveloppe comme une chape de plomb, nous écrase sous sa lourdeur. Vous vous souvenez que j'ai dit que si les oiseaux avaient trop peur pour chanter, c'est que quelque chose de plus gros que nous arrivait? Figurez-vous que, une fois n'est pas coutume, j'avais raison. Et à peine Kobito a-t-il le temps de faire remarquer qu'un son vient troubler le silence, que l'instigateur dudit bruit pointe le bout de son nez. Enfin de son museau. Décidément.

Je me pose toujours plus ou moins la question. Enfin, là je me la pose juste le temps d'identifier que ce qui vient de nous arriver dessus est félin. Gros. Et probablement méchant. Tout en m'éloignant d'un bond, j'ai dégainé mon bâton ferré. Et je me rends compte seulement à cet instant-là (mon sens de l'observation légendaire, compensé par le fait que mon esprit bat la campagne (enfin la jungle) pour éviter de penser à ce qui nous fait face) que le Kitsune aussi a un bâton. On est bien parti. Avec un peu de chance, ça va partir. Ou alors, son crâne peut se fracasser. Je vous ai déjà dit que j'avais jamais été très chanceux?

Juste au moment où je me demande vraiment quoi faire, et que je maudis avec une bonne couche de mauvaise foi mon compagnon Renard-penteur pour cette décision de s'enfoncer dans la forêt, la fourrure sur le crâne de la chose laisse la place à... Ce qu'il y avait en-dessous, probablement. J'aurais préféré ne pas le savoir. Je dois admettre que disséquer les animaux n'a jamais été ma spécialité. Surprenant, non? Finalement, je retire ce que j'ai dit, ça a l'air plus que méchant. L'insidieuse et déshonorante (bien que réaliste et normale, si vous me demandez mon avis) peur s'est insinuée dans mes membres, mais rapidement, l'entraînement et des années de conseils plus ou moins avisés à base de grognements et de feulements remplacent toute réflexion dans mon cerveau en surchauffe. Aucune chance que je retente quoique ce soit avec la Mana dont m'ont parlé les Sages. Pas le temps d'y penser, déjà, et en plus, ce manque continue à creuser son petit trou dans ma poitrine.

En plus, quand on voit la vitesse à laquelle ce truc est arrivé (je n'ai pas encore déterminé de nom... un félette, peut-être. Pour félin-squelette. A voir) aucune chance qu'on puisse courir plus vite que lui. Et puis, tourner le dos à quelque chose qui ressemble à ça ne me fait pas vraiment envie. Sérieusement, j'ai beau avoir dit que je fuirais à la première occasion, ce ne sera pas au prix d'un autre bout de moi-même. Un œil, ça m'a suffi. Avec un peu de chance, mon bon ami (il a monté en grade) Kitsune a un petit joker dans sa manche inexistante (ce n'est pas le moment de trouver son absence de véritables vêtements navrante).

Mes oreilles pivotent pour essayer de repérer s'il a d'autres amis, et je tente de le contourner pour que son attention soit divisée entre nous deux. Espérons qu'il n'ai pas un dard ou autre chose de caché, sinon ce serait encore bien notre veine. Déjà qu'il est sur mon mauvais profil. Ça c'est un réflexe malheureux de ma part, donc je ne peux m'en prendre à personne (pas de chance). Attentif, je guette un mouvement de mon frère-d'arme du moment (plus intelligent que mon frère tout court, je l'espère et je prie tous les Dieux qui ont jamais été pour ça, avec beaucoup plus de ferveur que j'en ai jamais montré) ou de la bête, prêt à réagir, à coup de bâton, ou simplement pour détourner son attention le temps que Kobito fasse quelque chose. On aurait dû parler un peu plus...

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Kobito Youko

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MessageSujet: Re: TERMINE | Un duo au poil [PV Kobito]   Dim 18 Aoû - 16:30

Un truc vient de me sauter dessus et je surprends moi-même à l'éviter (de justesse, certes, mais je l'évite quand même !). Je ne me savais pas doté d'aussi bons réflexes et je remercie le conditionnement inconscient qui m'a permis de ne pas mourir une seconde auparavant. Je tiens à ma fourrure et j'aimerais éviter de mourir aussi peu dignement, digéré dans l'estomac d'un félin à tête de squelette, totalement terrifiant. J'ai la trouille et impossible de le cacher. Je suis certain que si on avait pu les voir, les jointures de mes doigts seraient blanches tellement je sers mon bâton avec force.

Je recule précipitamment alors que la bête se replie sur elle-même, prête à nous attaquer. J'ai un peu l'impression d'être l'intrus du lot, seul canidé entouré de deux félins. D'ailleurs, ne pourraient-ils pas discuter tranquillement, entre personnes de la même famille ? Ils sont cousins, après tout ! (Quoique je ne suis pas certain que Yamrah apprécierait d'être lié généalogiquement parlant à cette immonde chose puante - il faut avouer que l'odeur pestilentielle qui s'en échappe est presque aussi agressive que son attitude.) Je suis sûr qu'autour d'un bon festin de viande saignante, ils s'entendraient à merveille, faits l'un pour l'autre. Tant que je ne constitue pas le repas principal, évidemment.

Pendant mes réflexions hautement philosophiques et mes jeux de mots débiles, la chose a largement eu le temps de se préparer et pousse de nouveau son cri, qui me paraît horriblement suraigu et qui fait naître en moi une nouvelle vague de peur, comme si la précédente n'était pas suffisante. Je tremble et mes poils se hérissent alors que la partie rationnelle de mon cerveau pas encore paralysée par la terreur me fait signe que ce hurlement n'a rien de naturel. Ce n'est cependant pas ce qui me préoccupe dans l'immédiat et tout un tas de pensées tourbillonnent dans mon esprit, alors que j'essaie en vain de me calmer pour réfléchir à une stratégie qui nous garantirait notre survie.

Je regrette amèrement ne pas savoir de quoi est capable mon compagnon de route mais nous n'avons guère eu le temps de discuter : autant s'attendre au pire et ne compter que sur moi-même pour le moment. Je l'entends s'écarter de moi et j'aurais préféré qu'il reste à mes côtés pour ne pas faire partie des dommages collatéraux ; enfin, tant qu'il ne s'approche pas trop de la bête et donc de la zone que je vise, il ne devrait pas y avoir de problèmes majeurs.

Et puis au diable la stratégie, nous n'avons pas vraiment le temps pour ça. Je brandis mon bâton avec détermination, poussé par la peur qui me fait réagir, et me concentre. L'abondance de mana vert est un pur bonheur et j'ai l'impression qu'il vient tout de suite à moi, sans que j'ai à le chercher. Malgré la situation, un sourire de béatitude étire mes lèvres, sourire qui s'efface bien vite alors que la chose fonce droit sur moi. Par la Déesse !

« Pas bouger, sale bête ! »

Je n'ai pas pu m'en empêcher, accompagnant mes paroles d'un grand geste de bâton, duquel fuse un trait d'énergie vert, qui va exploser en mille paillettes de la même couleur sur les ronces et fougères environnantes. Celles-ci se mettent alors à pousser, pousser, pousser, jusqu'à que l'une d'elles finisse par s'enrouler fermement autour du postérieur gauche du gros félin baveux, le coupant net dans son avancée. Il s'écroule au sol et même si j'aimerais prendre le temps de me réjouir, je n'ai pas que ça à faire.

Je redirige mon bâton vers la forme allongée qui se débat avec ardeur et de nouvelles ronces acérées poussent autour de lui et l'ensevelissent. Les épines longues et pointues ont réussi à venir à bout du Youma mais je n'ai pas l'impression que ce monstre-là soit du même acabit et le piège de végétation ne tiendra pas longtemps. On dirait même que la chose se moque totalement des aiguilles qui s'enfoncent dans sa chair, a moins que cela ne l'énerve encore plus car j'ai l'impression qu'il rugit de plus en plus fort.

C'est alors qu'un nouveau bruit de course me fait dresser les oreilles : des pas lourds, des jambes puissantes.

« Et merde. »

Les renforts arrivent. Mais pas pour nous.

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MessageSujet: Re: TERMINE | Un duo au poil [PV Kobito]   Mar 20 Aoû - 15:37


Soumise à la puissante magie végétale, la créature tente vainement de se débattre, parvenant péniblement à déchirer quelques lianes, mais sans grand résultat au niveau global. Frustrée, elle hurle de plus belle, exprimant sa rage et son impuissance à travers son cri.

Au bout de quelques secondes, à peine, trois de ses congénères émergent des feuillages et s'avancent, menaçants, dans votre direction. Avec une coordination parfaite, la peau de leurs gueules se rétracte et, alors que leur plainte lugubre retentit, la terreur vous envahi, glaciale, pénétrante, absolue.

Cette fois, il va falloir y mettre toute votre âme si vous voulez résister, à moins que vous ne pensiez trouver le salut dans la fuite ?

Précision:
 

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Yamrah Eteri

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MessageSujet: Re: TERMINE | Un duo au poil [PV Kobito]   Mar 20 Aoû - 17:11

HRP:
 

J'ai à peine de le temps de me déplacer que les lianes et des ronces qui nous entourent semblent prendre vie. Sérieusement? Ce genre de choses arrivent? Je me demande tout d'abord s'il ne s'agit pas d'un mauvais tour joué par notre "bon ami" le félette. Mais si c'est lui, il lui manque une bonne visée, parce qu'il s'est empêtré les pattes. J'ai à peine le temps de réagir et d'armer mon bâton (autant l'achever une bonne fois pour toute) qu'il hurle à nouveau. Et, une fois encore, cette étrange torpeur semble s'emparer de moi. Pas une indolence nonchalante, ou une fatigue méritée comme celles qui m'incitent à faire des siestes régulières. Non point. Une brume qui m'envahit l'esprit, m'empêche de réfléchir de façon cohérente, alourdit mes membres et tord mon estomac. Je ne suis pas un brave qui ne l'a jamais connue. Elle est une amie de longue date, avec laquelle je joue et que je trompe plus souvent qu'à mon tour. Mais elle n'était pas invitée, aujourd'hui. La Peur. Elle mérite sa majuscule, croyez-moi, à cause de tout ce qu'elle peut vous faire faire. Et j'en connais un rayon à son sujet.

Mais il arrive un stade où même elle ne peut plus rien pour vous sauver, ou pour sauver vos ennemis. Le jour où elle vous accule tellement qu'elle finit par disparaître et montrer une partie de vous que vous n'auriez jamais exposée de votre plein gré. Le jour où elle dévoile la bête en vous. Oh, bien sûr, me direz-vous, je ne suis pas l'un d'entre vous, nobles Humains biens pensants, et ma figure vous le rappelle sans arrêt, aussi vous dites-vous qu'il est normal qu'un chat, aussi domestiqué soit-il, ait une bête en lui. Là où vous vous trompez lourdement, cependant, c'est qu'une bête avec un passé domestiqué réfléchit. Non, le terme n'est pas exact. Elle intègre des choses, inconsciemment.

Et lorsque mes oreilles pivotent et captent le cavalcade des félettes, elle n'est pas loin de prendre le dessus. J'essaie, ironiquement, de me raccrocher à ma peur. Mais lorsque retentissent ces hurlements combinés, je sombre. Attention, n'allez pas penser que je ne suis pas conscient de ce que je fais. Cependant, j'agis avec une autre partie de mon cerveau, celui qui s'appelle "reptilien", celui fait de l'instinct pur et sauvage. Celui qui me permet d'abattre mon bâton de toutes mes forces sur le crâne de la première bête. Il n'a pas l'air beaucoup plus résistant que celui d'un Chat. Et ça aussi, j'en connais un rayon, malheureusement. Lorsque le sang gicle, des souvenirs du jour où j'ai perdu mon œil et où j'ai regardé en face cette partie de mon être ressurgissent.

Il ne s'agit plus de fuir, désormais. Il ne s'est jamais agi de fuir. Tourner le dos m'a coûté de longs mois et une balafre trop immonde pour que je me permette de me promener sans cette houppelande criarde. Combattre m'a coûté un œil, cependant. Et la victoire, à l'époque. Il n'y a plus qu'à savoir ce que me coûtera ce combat-ci. J'ai à peine conscience que je ne suis pas seul face à ces monstres, que ces lianes, qui proviennent très probablement du Kitsune peuvent être un avantage crucial, qu'il a peut-être autre chose dans sa manche, qu'il peut m'aider et m'épargner la mutilation. Je ne pense déjà plus. Je suis au-delà de la peur. Il n'y a plus qu'eux. Et moi.

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Kobito Youko

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MessageSujet: Re: TERMINE | Un duo au poil [PV Kobito]   Mer 21 Aoû - 14:47

Je sens que Yamrah a aussi perçu l'arrivée des félettes car quelque chose se modifie dans son attitude, quelque chose d'à peine perceptible mais qui me fait froid dans le dos. J'ai l'impression que se dégage de son corps une aura plus bestiale, plus dangereuse, à moins que ce ne soit la peur qui m'envahit qui me fait croire à des choses inexistantes.

Cependant, les abominables cris qui me transpercent de toute part, eux, sont bien réels. Je crois que j'aurais pu résister s'il n'y avait eu qu'une seule de ces bêtes mais l'arrivée de trois nouveaux monstres me coupe les jambes. J'ai l'impression que mon corps ne veut plus m'obéir, qu'une gangue froide et insidieuse m'entoure alors qu'une énorme boule se forme dans mon ventre, douloureuse. Mes muscles me lâchent et je tombe à genoux sur le sol meuble, observateur passif et inutile.

Je crois que je tiens encore mon bâton dans la main, mais je n'ai même pas la force de baisser les yeux pour regarder. Mes pupilles sont fixées sur les trois félettes qui approchent de plus en plus, et c'est à peine si je remarque la violence avec laquelle mon compagnon d'armes explose littéralement la tête de la créature emprisonnée entre mes ronces. Même les gouttes de sang qui arrivent jusqu'à moi et parsèment mon pelage roux ne me font pas réagir, je suis hypnotisé.

Hypnotisé par ces félins au crâne dépecé, par leur avancée silencieuse et effrayante, par leurs immenses crocs qui dépassent de leur gueule, béante sur leur hurlement. J'ai l'impression qu'ils prennent leur temps, comme s'ils savaient que nous ne pouvons rien faire contre eux et que leur repas est servi sur un plateau d'argent. Mon corps ne répond plus et j'ai beau lui envoyer tous les signaux de détresse possible, je crois qu'il n'a pas l'intention de bouger.

Les félettes ne sont plus qu'à quelques mètres et je jure avoir vu l'un d'eux se lécher les babines. Puis ils s'élancent vraiment. Vers nous. Je vais mourir.

Déesse. Je t'en supplie.
Au secours !

Je ne comprends pas très bien ce qui s'ensuit mais quelques secondes plus tard, après avoir senti mon corps être traversé par un flux de mana vert puissant et déstabilisant, je me retrouve perché en haut d'un arbre de bonne taille qui n'était pas là un instant auparavant. Un coup d’œil à côté me permet de voir que Yamrah est également plus ou moins en sécurité et je remercie mon inconscient pour avoir pensé à lui. J'ai honte mais j'avoue que j'ai surtout pensé à ma propre survie.

Un autre coup d’œil vers le bas m'indique que les troncs des deux arbres sur lesquels nous sommes sont entourés d'une mini forêt de ronces, chardons et autres réjouissances piquantes. Les rugissement de fureur qui résonnent alors me rappellent brutalement à la réalité et je vois les félettes tourner autour de mon œuvre végétale. J'interpelle le chat, positionné à quelques branches de moi.

« Bon. Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? Cela ne les retiendra pas longtemps et je crains qu'ils ne trouvent rapidement un moyen de monter quand même. Auquel cas nous serons vraiment, vraiment, en mauvaise posture. »

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Yamrah Eteri

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MessageSujet: Re: TERMINE | Un duo au poil [PV Kobito]   Mer 21 Aoû - 20:46

Le sol se meut. Je ne vois que ça pour expliquer le tremblement soudain de mes pattes, la texture étrange de la terre sous mes coussinets, l'odeur intense de jeune végétation qui envahit mes narines. Alors que le sol s'élève sous mes pieds, un son proche supplante celui de l'écorce en train de grandir, des feuilles en train de bruire violemment. Le son est bestial. Rauque. Un feulement qui pourrait s'échapper de la gorge de n'importe lequel de ces félettes. Et pourtant ce n'est d'aucune d'entre elles qu'il s'échappe. C'est de moi. J'ai replongé. Une fois encore, les tourbillons insidieux de la Bête en moi ont dépassé largement les vagues glaciales de la Peur.

Je sens les griffes rétractiles surgir de mes pattes pour me permettre de m'accrocher à l'écorce et pour conserver mon équilibre dans ce mouvement trop brusque pour être naturel. Je sens une branche mal contrôlée déchirer le dos de ma houppelande, dévoilant une cicatrice qui court de mon omoplate jusqu'à la naissance de ma queue. Les poils n'ont pas repoussé par-dessus. Elle fait la largeur d'une paume. Mes coussinets se resserrent sur le bâton. Je le tape contre le tronc nouvellement formé. Le son n'est pas clair. Une virole est abîmée.

Ma perspective a changé. Je ne suis plus sur mes deux pattes arrière, mais penché, plié, appuyé sur les trois qui ne sont pas occupées. Le feulement a repris. Une voix, forte et un peu criarde, tente de percer la coquille de peur et le noyau dur de bestialité. Telle une flèche, elle génère une douleur perçante. Brûlante. Dont les échos dispersent une partie de ma torpeur. La Bête retourne dans son antre. En partie. Je l'entends presque secouer ses chaînes du fond de sa caverne. Mais la Peur a vite fait de remplir ce gouffre, de la noyer, de la faire taire.

Brusquement, je me relève et j'évalue la situation du regard. Je panique, bien sûr, je me perds, je divague, je tourne en rond dans mon esprit encombré, mais j'évalue quand même. Deux arbres poussés soudainement au beau milieu d'une jungle. Des taillis de ronces au pied desdits arbres. Des félettes hurlants à l'orée desdites ronces. Je jette un regard presque contrit à Kobito. Je l'avais oublié dans la... confusion. En revanche, lui ne m'a pas oublié. Si je n'étais pas censé être aussi génial et parfait, je me sentirais minable. Mais nous n'avons pas vraiment le temps pour ça. La situation n'est pas en notre faveur, et il a raison. Ce sont des félins, ils vont finir par pouvoir monter.

Elle me pousse à fuir, cette fois, faisant fi des conséquences. Je ne suis pas certain que le petit puisse sauter d'arbre en arbre. Nous n'avons aucune arme de jet. Je ne peux pas aider avec grand-chose. Même la Mana tant vantée par les vieillards de l'Entre-Monde ne m'est d'aucune utilité, ici. Et le Kitsune est probablement épuisé d'avoir tant fait. Quoique, peut-être pas. Je n'en sais rien, en fait. Il faut les combattre, nous n'avons pas le choix. Peut-être ai-je une idée, mais je ne suis pas certain qu'elle soit réalisable. Cela dit, il faut tenter le coup:

"Kobito, tu... maîtrises ces choses que tu crées? Tu saurais attraper un de ces... machins par une patte? Ou en étrangler un?"

Ca ne marchera pas. J'en ai peur. J'ai peur de façon tellement globale que je n'arrive pas à retrouver mon optimisme habituel. Il est possible de les tuer. Je l'ai prouvé, même si je n'étais pas vraiment dans mon état normal. Mais si je l'ai fait une fois, je saurai le refaire. Oui, je remonte un peu la pente. Il n'y a plus qu'à espérer qu'ils ne recommenceront pas à hurler...

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Kobito Youko

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MessageSujet: Re: TERMINE | Un duo au poil [PV Kobito]   Jeu 22 Aoû - 10:28

Je ne sais même pas comment j'arrive à rester aussi calme. ... Non, à vrai dire, je crois que je suis tout sauf calme mais la peur est tellement présente que j'ai dû passer en mode automatique. Celui qui assure la survie minimale et qui ne s'embarrasse pas des subtilités encombrantes. Celui qui nous a permis, au chat et à moi-même, de finir en hauteur (un peu trop brusquement puisque j'ai manqué de tomber et que seul le réflexe d'avoir planté mes griffes dans l'écorce m'a permis de ne pas choir), plus ou moins en sûreté.

Je me cale contre le tronc, de manière à pouvoir lâcher les mains et si la situation n'avait pas été aussi dramatique, je crois que j'aurais pu profiter de la position. Mine de rien, c'est plutôt confortable un arbre ! Je manque d'éclater de rire aux propos de Yamrah (mais je me retiens, non seulement parce qu'il risquerait de me prendre pour un fou mais qu'en plus, ce n'est vraiment pas drôle). Je ne maîtrise déjà pas leur croissance ni même le déclenchement de mes pouvoirs, alors les contrôler ...

« Malheureusement non. La première bête était un coup de chance. »

Un regard vers le bas m'indique que les félettes n'ont pas l'air de vouloir lâcher le morceau, maintenant qu'ils ont eu un aperçu du repas. Ils n'ont même pas jeté un regard vers le premier cadavre, délaissant à mon plus grand étonnement un énorme bout de chair fraîche qui aurait pu les rassasier pour un bon moment ! Sans doute que ledit bout de chair ressemble trop à l'un de leurs congénères ... A moins que ce ne soit la prison végétale qui l'entoure qui les rebute ?

Ces réflexions font germer une idée dans mon esprit. Viande. Végétaux. Félettes. C'est vraiment sale (je suis impressionné par l'imagination que peut déployer un esprit sous pression) mais je crois que je n'ai pas trop le choix. C'est notre survie ou la leur. Et quitte à choisir, je préfère la notre. J'observe le corps du premier monstre mais il me semble compliqué de le faire monter jusqu'à nous : il risquerait de tomber ou de rester accroché aux ronces, ou pire encore, d'être tout simplement empalé sur l'arbre que je pourrais faire pousser. D'autant plus que je ne sais même pas si nous avons quelque chose pour couper. Hum, non, mauvaise idée.

« Yamrah, j'ai une idée. Aurais-tu un bout de viande dans ton sac ? »

Il me répond qu'il n'a que du poisson mais après tout, pourquoi pas ? Tous les chats mangent du poisson et les félettes sont des gros chats, non ? Il me lance ce qu'il possède et je le rattrape malhabilement à une main (l'autre étant occupée à conserver la source de mes pouvoirs) en jurant entre mes dents. Ce n'est vraiment pas le moment de tout faire foirer !

Oh, Déesse, aide moi, je t'en supplie.
Je n'aimerais pas avoir une mort sur la conscience (je suis sûr que l'on me le fera payer à l'entrée du Tengoku).

Un regard vers le haut m'indique que la Déesse ne m'a pas abandonné (voire même qu'elle me soutient totalement) et que dans ma panique, j'ai fait pousser un arbre fruitier de mon plan. Au moins, on ne mourra pas de faim. Je me hisse lentement sur mes pieds, les griffes crochetées à la branche, et j'attrape l'un des fruits pour m'emparer du noyau à l'intérieur. Je glisse ce dernier à l'intérieur du poisson et vu la taille de la poiscaille, les félettes n'en feront qu'une bouchée.

« Je ne suis pas du tout sûr que ça va marcher, mais qui ne tente rien n'a rien, hein ? Ferme les yeux, ça risque d'être crade. »

Je lance le poisson au félette le plus proche de moi, en priant pour qu'il le gobe sur l'instant. J'ai l'impression qu'il tombe au ralentit et la peur qui m'envahit reprend son assaut.
S'il l'attrape, s'il l'avale, alors il ne me restera plus qu'à faire pousser le graine depuis l'intérieur de son ventre.

Déesse, je t'en supplie.
Aide moi.

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MessageSujet: Re: TERMINE | Un duo au poil [PV Kobito]   Mer 28 Aoû - 17:07

Les créatures s'échinent un moment à tenter de vous rattraper... sans succès. Blessées par les épines et les ronces, vaincues par la hauteur de l'arbre, elles s'apprêtent à renoncer lorsqu'un élément inconnu tombe à leurs pattes.

Reniflant la chose odorante sans vraiment bien comprendre, l'une d'elle l'attrape par le bout de la queue et toutes trois se dirigent vers les sous-bois avec leur maigre butin.

Peu à peu, l'écho de leur pas disparaît et il ne subsiste plus que le silence, ponctué par vos respirations et de lointains chants d'oiseau.

Vous êtes seuls, sans repères, au milieu de la jungle la plus immense et labyrinthique qui soit.

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Yamrah Eteri

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MessageSujet: Re: TERMINE | Un duo au poil [PV Kobito]   Ven 30 Aoû - 6:04

Tentant toujours de réfléchir sous les vagues de peur qui menacent de m'engloutir, j'observe du mon oeil valide et de toute la force de mes cinq sens développés pour trouver une solution. En vain, bien entendu, sinon mon ton aurait été un tant soit peu plus enthousiaste et blagueur. Mais vous vous en doutiez, je parie, et vous souriez. Je continue donc à réfléchir, mon bâton inutile toujours bien ancré dans ma main, lorsque me parvient la réponse du petit. Mince, ça aussi c'est râpé, il ne maîtrise pas ses évocations. Bon, je ne vais pas lui en vouloir. Il est toujours plus utile que moi. D'ailleurs, il le prouve encore une fois en trouvant un plan et... en me demandant à manger? C'est le moment d'avoir un creux, certainement.

Ironiquement je me dis qu'il s'agit du dernier repas d'un prisonnier, mais en le voyant récupérer un fruit et en extraire le noyau, je crois que j'ai compris. Par contre, quand il dit que ça va être sale, un méchant ronronnement m'échappe. Je n'ai étonnamment jamais eu beaucoup de tendresse pour les bestioles qui essayaient de me manger. Cela dit, je crois qu'à ce moment-là je prie plus que je ne l'ai jamais fait. Enfin presque, parce que le jour où j'ai découvert mon "Étincelle", comme ils disent, j'avais déjà... D'ailleurs, j'ai peut-être bien épuisé mon stock de foi et de réponse divine. Les Deus Ex Machina ne sont pas pour moi, mais mon jeune ami a probablement eu une vie bien plus pieuse que la mienne, parce que les félettes embarquent le bout de poisson séché que je gardais en réserve en cas de coup dur, et se font la malle, un air singulièrement déçu sur leur face d'osselet.

Déçu, moi je ne le suis pas. Je tourne la tête vers Kobito, essayant de voir son expression à travers les branches, mais j'imagine qu'il n'est pas en meilleur état que moi. Avec un soupir, je cale mon bâton à un endroit où il ne tombera pas (enfin sauf si les arbres recommencent à grandir sans notice préalable), j'enlève ma houppelande et je sors mon nécessaire de couture, le dos calé contre le tronc. Je n'aime pas particulièrement ce qu'on voit quand je ne la porte pas. Ca gâche un peu mes airs de minet, vous voyez. Affairé à recoudre la longue estafilade d'une patte experte, je lui lance, étonnamment attentif à la réponse (je ne suis ni ingrat, ni stupide, ce Kitsune vient de nous sauver la mise, après tout):

"Joli coup, Kobito! Je ne pensais vraiment pas qu'ils marcheraient, et encore moins à ce point! Mais franchement, c'était quoi ces félettes de malheur?"

Je me tais une minute ou deux, conscient que ce n'est peut-être pas la pire surprise qui nous attend dans cette jungle, finalement bien différente de ce dont j'ai l'habitude. Un soupir sifflant m'échappe. Je ne l'admettrai jamais, même sous la torture, mais je me sens bien bête de m'être lancé dans cette entreprise. Je suis, bien entendu, du genre à abandonner une mission en cours de route si mes poils commencent à sentir le grillé. Mais j'ai vaguement l'impression que si je le propose je vais avoir le droit à un discours sur l'honneur, la lâcheté et tenir sa parole, ou toute autre chose du même acabit. Et oui, messieurs-dames, je ne vous apprends rien en vous annonçant que je suis un lâche. Et je le suis même suffisamment pour faire semblant que je n'en suis pas un, et pour ne pas avoir envie de me faire réprimander par le jeune guerrier.

Le temps de réfléchir et ma houppelande est réparée. La couture ne se voit pas, un travail de pro. Je la passe avec le sentiment d'être à nouveau protégé. Je coince à nouveau mon bâton dans l'échafaudage et je m'engage à quatre pattes (oui, je sais, ça paraît normal, mais c'est une expression d'Humains, qu'y puis-je?) sur une grosse branche, qui me rapproche de Kobito. Au moins, je n'aurais plus besoin de hurler pour lui parler, vu que je ne suis pas certain que son ouïe soit aussi bonne que la mienne. Au passage, je cueille un fruit que je fais rouler sur mes coussinets. Je ne suis pas végétarien, mais je ne crache pas sur un repas quand j'en vois un. Cela dit, je ne croque pas tout de suite dans l'objet de tentation. Au lieu de ça, je me réinstalle, aussi à l'aise que dans mon lit, soudain épuisé par les émotions générées pendant ce combat, et je souffle sous ma moustache:

"Je n'ai pas encore vu d'arbre comme ça ici, donc j'imagine qu'il vient de chez toi ou de ton imagination? Si c'est le cas, j'ose espérer que les fruits qu'il porte sont comestibles? Parce que c'est le moment ou jamais, je crois, de faire des réserves et de s'offrir quelques minutes de relaxe. Et de prendre une décision. La situation s'est calmée, il faut qu'on sache si on souhaite continuer ou si on rentre au bercail. Je pense qu'un bon croquis et un morceau de la bestiole morte seront suffisants pour les Archivistes. Ils ne peuvent pas s'attendre à ce qu'on explore tout ce... toute cette jungle en une seule fois."

Je suis fier de moi. Mon discours a l'air tellement sensé. J'en sourirais si ça n'avait pas l'air aussi étrange sous ces babines. A la place, je repose le fruit sur une branche en Y, je me cale, et je sors mon carnet et un morceau de charbon (non, je rigole, je sors un fusain taillé exprès), pour commencer à "croquer" les bestioles qui nous ont attaqués (aucune envie de le faire d'une autre façon, même si un cadavre frais nous attend presque au pied de l'arbre). Avant et après l'écartèlement de leur peau sur leur fichue tête de félette. Pour ça, je me replonge un peu dans le souvenir, et je n'apprécie pas trop ce que j'y trouve. Cela dit, j'ai beau être un lâche, j'ai un minimum de sens commun. Si ce plongeon peut me permettre de convaincre mon partenaire d'abandonner la mission en cours, je suis prêt à l'endurer, et plutôt deux fois qu'une.

A moitié concentré sur mes souvenirs et mon dessin, j'attends anxieusement la réponse du Kitsune. Après tout, je ne partirai pas seul, de ça déjà je suis sûr. Je ne suis pas couard à ce point-là (quoique...).

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MessageSujet: Re: TERMINE | Un duo au poil [PV Kobito]   Dim 1 Sep - 17:54

Ils sont partis. Je n'arrive pas à y croire, ils sont partis ! Sans même un dernier regard hargneux dans notre direction, ils ont tourné les talons et ont disparu silencieusement, en tenant le pauvre poisson sacrifié. Je suis assez soulagé de n'avoir pas eu le temps d'essayer de faire exploser l'une des félettes depuis l'intérieur de son ventre ; il y a des horreurs que je préfèrerais ne jamais voir de ma vie (que j'espère d'ailleurs la plus longue possible).

Un profond soupir de soulagement m'échappe et assis à califourchon sur une branche large, je me laisse tomber contre le tronc. La pression est en train de redescendre et la disparition brutale de l'adrénaline est un peu perturbante. Le moment de répit est totalement bienvenue et je prie la Déesse pour qu'il dure encore, ou mon pauvre cœur risque de ne pas tenir.

Je fixe les arbres devant moi et remarque du mouvement entre les feuilles, signe que les petits animaux sont revenus et qu'il n'y a donc pas de menace proche. Un autre regard vers le bas m'indique que le cadavre de la première félette est toujours coincé sous ma prison végétale et la partie raisonnable de mon cerveau ne manque pas d'observer qu'il n'aurait pas pu en être autrement. A ma décharge, je suis un peu secoué par les récents évènements et je ne réfléchis pas encore très bien. Tellement pris dans mes réflexions stupides et engendrées par un esprit en pleine réaction post-traumatique, j'en aurais presque oublié Yamrah jusqu'à que sa voix ne me rappelle à l'ordre.

« Je t'avoue que j'ai préféré qu'ils s'en aillent avant que je ne mette mon projet à exécution ... Brrr. J'espère qu'ils ne reviendront pas. »

J'ai l'impression d'être un enfant (ce que je ne suis plus, selon la coutume de mon clan) engagé dans jeu qui le dépasse. Je prends peu à peu conscience qu'il ne suffit pas d'avoir trouvé sa voie pour être un véritable adulte et une fois rentré sain et sauf sur l'E-M (ce qui ne devrait pas tarder), je ne suis pas prêt de repartir pour une mission aussi dangereuse ! Et je crois que le chat est du même avis que moi car après s'être approché de moi depuis son arbre, il me souffle un discours qui sonne extrêmement bien à mes oreilles.

« Les fruits sont comestibles, l'arbre est un ringonoki de mon plan. Tu peux le manger sans souci mais fais attention au noyau, comme tu as pu le voir. Personnellement, je serais plus d'avis de rentrer sur l'Entre Monde. Je crois que nous avons été un peu trop téméraires et que nous nous sommes surestimés en venant ici ; c'est un plan pour guerriers, ce que je ne suis absolument pas et toi non plus, je pense. » J'attrape moi-même un fruit à portée de main et croque dedans à pleines dents. Je prends le temps d'avaler puis continue. « Et si tu proposes un croquis, je te laisse faire ! »

Un regard vers Yamrah m'apprend qu'il ne m'a pas attendu pour ça et qu'il a déjà sortit son matériel pour mettre sur papier ces horribles bestioles. Je termine mon fruit lentement, histoire de profiter de la tranquillité qui nous entoure. Je glisse ensuite mon bâton entre mes dents (je note dans un coin dans ma tête qu'il faut que je pense à me procurer un harnais pour l'accrocher dans mon dos) et plantant mes griffes dans l'écorce de mon arbre, je me laisse doucement glisser jusqu'au sol. Ce n'est pas très agréable pour les mains (ou les pieds d'ailleurs) mais je n'aurais jamais pris le risque de sauter ; je ne suis malheureusement pas aussi agile que mon compagnon d'armes.

Je m'approche prudemment de la félette morte en priant pour ne pas qu'elle se réveille d'un coup, mais je crois qu'avec le crane défoncé, cela ne risque pas d'arriver. Une bonne vingtaine de minutes et beaucoup de sang et de chair plus tard, je tiens entre mes griffes poisseuses une des canines, une griffe, une oreille et une touffe de poils (une autre note mentale pour me rappeler de trouver aussi un sac). Je lève les yeux vers le chat ; vu le temps que cela m'a pris, je pense qu'il a eu le temps de finir.

« Bon. J'espère que ça suffira à nos amis les archivistes. Tu as fini ? Rentrons sur l'Entre Monde ! »

Spoiler:
 

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Crédit avatar : Len-yan


Dernière édition par Kobito Youko le Dim 1 Sep - 20:15, édité 1 fois
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Yamrah Eteri

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MessageSujet: Re: TERMINE | Un duo au poil [PV Kobito]   Dim 1 Sep - 19:11

Je sens mes babines se retrousser de plaisir quand il m'annonce qu'il marche pour mon idée. Oh oui, ce plan est un plan de guerriers. Ce que nous ne sommes pas. Bien sûr. J'étouffe un petit ronronnement. Avec un peu de chance, nous serons rentrés pour l'heure de la sieste. Même si TOUTES les heures peuvent être consacrées à la sieste, dans l'absolu.

Je suis obligé de tourner la tête pour réussir à l'avoir dans mon champ de vision. Il a l'air de ne pas être à l'aise avec son bâton sans harnais. Et je remarque qu'il n'a pas de sac. Magnanime, et un peu royal (oui, je sais, je le vaux bien), j'ouvre la gueule, réprime un bâillement et lui lance :

"Si tu veux, une fois revenus à l'Entre-Monde, je peux te faire un sac ou quelque chose... Suivant ta convenance."

Et ce ne serait pas cher payer pour l'impasse de laquelle il nous a sortis. Bon, je relativise bien sûr en me disant qu'il y risquait sa peau aussi. Du coup, je me sens moins coupable d'abuser encore un peu en le laissant faire tout le sale boulot. Et c'est TRES salissant. Je me gausse encore une fois silencieusement en finissant mon croquis. Je range ensuite mon matériel, saute à terre avec un petit salut (magnifique réception, comme de bien entendu) et attend (pour la forme) qu'il commence à arpenter avant moi. Je suis... Oui, en fait, c'est juste parce que ça me prend un temps infini pour arrêter de me noyer sous mon auto-satisfaction et me concentrer sur le Blanc au centre de mon être. Une fois fait, cependant, le reste est simple, et je me sens à nouveau écartelé par cette sensation familière...


HRP:
 

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