Ceux qui embrasent les mers.



 

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 Ceux qui embrasent les mers.

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Nahircia

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MessageSujet: Ceux qui embrasent les mers.   Mer 28 Aoû - 14:23

Ceux qui embrasent les mers – Appelez-moi Capitaine.

« J’y vais, vous me retrouvez. J’compte sur vous ! »

Comment transplane-t-on déjà ? Ah, oui, plan, scène, détails. Elle sait où aller. Elage ; retourner à la source pour mieux s’en séparer. Premier aperçu : la mer. Des flots calmes, bercés par la lumière des deux soleils à leur zénith, aux reflets argentés donnait l’illusion d’un ciel étoilé en pleine journée. Puis un bateau. Un navire aux reflets irisés, une couleur bronze qui depuis longtemps a passé. Des rayures, des coups sur la coque et un nom gravé avec passion. Le Souffl’Rage.

« Me revoilà, mes amours ! »

Une arrivée sur le pont, sans aucune discrétion. Ses bottes claquèrent son apparition, et déjà sa voix portait à travers la mer. Voilà une véritable entrée. Manifestement pas au goût de tous. Elle reconnaît deux des marins de services – ceux qui bossent quand les autres dorment – qui réagissent vivement à sa présence. Par vivement, il faut comprendre que leurs sabres sont déjà dégainés et l’alarme est donnée. Quelle impolitesse.

« Est-ce ainsi qu’on accueille sa capitaine préférée ?
- Je suis leur capitaine préféré, ici. »

Cruelle déception. Comme une lame en plein cœur – encore reçue sur ce pont, décidemment. Elle n’a pas besoin de se retourner pour savoir à qui appartient cette voix rauque, puissante. Un rhox, Qrel. Vice-capitaine la dernière fois où elle l’a quitté. Il n’a pas perdu de temps pour prendre sa place. Mais ce n’est pourtant pas son genre, il avait toujours été docile sous ses ordres. Et ne l’avait jamais considéré comme une parfaite étrangère. Là, si. Ses yeux ne reflètent que ce sentiment protecteur qu’il a pour l’équipage. Une lueur qui ne resplendit qu’en la présence d’une menace. Elle est cette menace.

« Qrel ! En voilà des manières ! Je m’absente quelques instants, et voilà qu’on ne veut plus de moi ? Vous exagérez, les gars ! Et baisse cette lance, mon chou, tu sais bien que ce n’est pas elle que je préfère chez toi. »

Quelques instants. Combien, exactement ? Elle avait passé quelques heures sur l’Entre-Monde, et pourtant. Elle reconnait la couleur de cette mer, la position des soleils et n’est pas sans comprendre l’absence d’étendard. Ils sont dans les eaux de Myradeos. Soit à quelques semaines de là où elle les a laissés. C’est si long de transplaner ? Là n’est pas le problème. Elle n’est plus chez elle, n’est plus la bienvenue.

« Que… Comment connaissez-vous mon nom ? Comment êtes-vous arrivés ici ? Vous êtes une sorcière d’Itya, c’est ça ? Capturez-là ! »

Agir d’abord, poser les questions ensuite. Au moins un héritage qu’il n’aura pas perdu, ce petit rhino. Elle en est fière, à un point. Assez pour sourire, confiante, presque émue, alors qu’une poignée d’hommes armés arrive encore pour l’encercler. Elle sent qu’elle pourrait tous les maîtriser, elle en a le pouvoir. Elle pourrait tourner la chance en sa faveur, par un simple claquement de doigts. Mais elle ne le fera pas. Elle est Nahircia, leur ancienne capitaine, elle ne peut pas leur faire ça.

« Tu gères, mon petit Qrel. Mais excuse-moi… »

Elle sort son sabre. Elle sait que seul son vice-capitaine peut rivaliser avec ses compétences – sinon, croyez bien qu’elle n’aurait jamais tenu aux commandes de ces têtes brulées. Et il attendra le dernier moment pour intervenir, histoire que son équipage s’amuse avant. Chic type, non ?

« ... Je prends possession de ce rafiot. Moi, Nahircia, deviens la nouvelle Capitaine du Souffl’Rage. »

Offrons-leur un vrai spectacle. En espérant que les autres arrivent vite, tout de même.
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Sallah Mandris

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MessageSujet: Re: Ceux qui embrasent les mers.   Mer 28 Aoû - 16:14

Ceux qui embrasent les mers – À l'abordage !

« J’y vais, vous me retrouvez. J’compte sur vous ! »

Mandris fixa, interloqué, la jeune humaine. Il n'avait pas encore répondu – mais elle avait déjà disparu, certaine qu'il le suivrait. Pas comme une personne sûre d'elle, non, mais comme quelqu'un qui n'envisageait même pas que son ordre put être ignoré. Mandris grogna. Il avait passé toute sa première vie à obéir, il n'allait pas continuer après être devenu un Arpenteur ! Surtout si c'était à une humaine, une de ces barbares qui ne savaient que se massacrer mutuellement sans le moindre respect pour les armes qu'il leur fournissait. Il haussa les épaules. Que cette humaine fasse ses affaires d'humain après tout.

Mais il s'ennuyait. Et il se sentait proche de cette femme, et de l'autre. Plus que de n'importe quel autre passant sur la Grande Place, ou même que des membres de son espèce.
Avec un grognement, il transplana.

« Un lé-lé... Un lézaaaard ! »

La voix du jeune homme lui transperça les tympans. Un cri strident, insupportable. Avant d'analyser la situation, il identifia la source du bruit nuisible, l'attrapa et la jeta le plus loin possible derrière son épaule. Plouf.
Là, on allait pouvoir réfléchir.

Son arrivée impromptue sur le pont avant était passée inaperçue – si l'on omettait le matelot dont personne n'avait relevé l'alerte. Tout le reste de l'équipage était rassemblé autour de Nahircia, dans diverses postures menaçantes. Et elle, frétillante comme un gardon, tentait de se rappeler à leur bon souvenir. Sans succès visiblement, puisqu'ils la fixaient avec des yeux de merlans frits – soit qu'ils ne se souvinssent absolument pas de celle qui se disait leur capitaine, soit éberlués par son apparition soudaine. Ou les deux d'ailleurs : ce devait être assez perturbant de voir se matérialiser sur votre pont une femme inconnue qui semblait tous vous connaître par votre prénom. Ils l'encerclèrent sous les ordres d'un Rhox, visiblement décidés à en découdre avec cette étrangère.

« … sorcière d'Itya ? »

Mandris éclata de rire à la réponse de la jeune femme – un rire sifflant, gouailleur, tonitruant. Imaginez le mélange d'un rugissement de dragon avec un éternuement trompettant. Voilà.

« Parce que vous trouvez qu'elle a l'air d'une sorcière ? Allons donc. Elles ont du jus de radis dans les veines. »

Les marins stupéfaits se tournèrent vers cet intrus incongru. Ils en eurent pour leur argent : Mandris en souriant dévoilait ses deux rangées de dents effilées comme des rasoirs. Il s'avança tranquillement pour se placer aux côtés de Nahircia, la main sur la poignée de son sabre. Toujours en souriant. D'une parce que cela semblait tenir en respect les pirates. Et de deux parce qu'il s'amusait comme un petit fou. Il fallait bien que son physique monstrueux finisse par servir à quelque chose.

« Donc c'est comme ça qu'on aborde un navire ? » demanda-t-il tout naturellement à la pirate.

Évidemment, les hommes ne se laissèrent pas déstabiliser longtemps par son aspect insolite. Lézard géant ou pas, il est lui aussi un intrus, allié de la sorcière. Et ils sont largement plus nombreux. Sabres au clair, ils resserrèrent le cercle.

Mandris sortit son sabre à l'imitation de la pirate. Sans activer son pouvoir, puisqu'elle ne semblait pas vouloir le faire non plus. S'il avait bien compris, c'était son équipage, elle ne voulait pas les abîmer. Même si le désir semblait tout sauf réciproque.

Le sourire de Mandris s'élargit. Voilà qui est plus amusant que l'Entre-Mondes et que sa forge.
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Asleen

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MessageSujet: Re: Ceux qui embrasent les mers.   Mer 28 Aoû - 19:11

En quelques secondes, la revoilà seule sur l'Entre-Monde. Pas pour très longtemps. Elle prend le temps de se remémorer ce que le sage lui a expliqué à son arrivée, ainsi que les quelques informations que lui et Nahiricia lui ont donné sur Elage. C'est-à-dire pas grand chose, mais il semble que ce soit suffisant.

La texture de l'air a changé, le sol est moins stable sous ses pieds, les sons qui lui parviennent sont différents. Mais surtout, elle Voit. Pas comme verrait Nahircia ou Mandris, bien entendu, elle est toujours aussi aveugle qu'elle l'a toujours été, mais à sa façon bien particulière. Les Lignes qui l'entourent sont plus claires, plus vives, plus nombreuses aussi. Mais aussi, étrangement, tellement plus lisibles.

Et ce qu'elle voit ne lui plaît que moyennement. Apparemment, l'accueil réservé par l'équipage n'est pas aussi chaleureux que ce que Nahircia avait prévu. Rien de mortel, certes – après tout ils sont tout de même 3 puissants Arpenteurs – mais ça pourrait tout de même mal tourner, voire même devenir quelque peu... chaotique. L'idée de l'imprévu est certes très séduisante, mais ce n'est pas vraiment le moment.

Plouf. Mandris a jeté un des marins à la mer. Ça ne va pas plaire à Nahircia. Ce n'est pas une présomption : Asleen la voit demander aux marins qui l'affrontent d'aller le récupérer. Et, bien entendu, elle voit également les dits marins rire au nez de la pirate. Avec un soupir, elle se dirige vers la barre. Pas besoin de s'inquiéter pour ses deux compagnons pour le moment, cela aussi elle l'a vu.

Elle n'a aucun mal à y arriver sans se faire remarquer, l'intégralité de l'équipage semble concentrée sur les deux autres Arpenteurs. Manoeuvrer présente davantage de difficulté, mais en y allant doucement et en se concentrant sur la Ligne du naufragé, elle parvient à s'en sortir. Trop à gauche, il n'atteint pas le bateau et finit noyé. Trop à droite le bateau lui passe dessus et ça n'a pas l'air trop agréable... Là, parfait, on y est.

Pour le coup, elle se retrouve coincée là pour au moins plusieurs minutes : si elle lâche, le navire perd le cap. Elle pourrait sans doute trouver un moyen de bloquer la barre correctement, mais sans rien y voir, ça lui paraît trop compliqué. De toute manière, elle ne sait pas suffisamment se battre pour être plus utile auprès de ses compagnons qu'ici. Tant qu'elle est à portée de voix – et de vue – elle peut les aider tout aussi efficacement là où elle se trouve.

À ce propos, elle voit un coup d'épée douloureux arriver dans 5...4...3...

- Nahircia, baisse toi!

Bon, maintenant, les autres savent qu'elle existe. Mais au moins elle aura le temps de finir de manoeuvrer avant de devoir s'en inquiéter.

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Nahircia

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MessageSujet: Re: Ceux qui embrasent les mers.   Jeu 29 Aoû - 16:23

Ceux qui embrasent les mers – Mais laissez-moi mon navire !

« Nan, normalement on fait ça avec un bateau, deux équipages qui se battent, et moi qui botte les fesses du capitaine adverse ! Mais je dois avouer que notre entrée est classe. »

Et elle pare un coup d’épée porté hâtivement. Quoi ? Ils pourraient la laisser discuter, tout de même. C’est en plus l’un des moins habiles qui s’est élancé. Comptait-il vraiment sur l’effet de surprise ? Amateur. Tu manques d’expérience, petit. Plusieurs années d’expériences. Car elle et Qrel ne les laissaient jamais affronter des adversaires trop puissants. Non pas par gentillesse, c’était simplement moins pratique de naviguer avec la moitié de son équipage hors d’état. En parlant de ça, elle aperçoit un malheureux dans l’eau. Un coup du lézard, à tous les coups. S’il continue, il finira en bottes.

« Bon, t’es mignon toi, mais même une catin te bats à l’escrime. Donc va donc manœuvrer le bateau pour aller chercher ton pote. Laisse les grands se battre. »

Ça l’a énervé, je crois. Oui, ça l’a bien énervé. Il frappe plus fort qu’avant, sans doute pour ne pas perdre face à cette – justement – catin. Mais on s’éloigne du problème. Littéralement. Ils seraient presque capables de le laisser sur place à se noyer, les imbéciles. Faire quelque chose. Éviter les coups de l’autre idiot, et faire quelque cho-… Le bateau vire complètement de bord, à la surprise générale. La pirate lève un œil vers le gouvernail. Oh.

« Bien jouée, chérie ! Tu gè-…
- Nahircia, baisse toi ! »

Hein ? Euh, okay. Elle se courbe sans chercher à savoir, avant de sentir un sabre siffler à travers sa chevelure. Deux contre une ! C’est injuste. Profitant de sa position, elle pose une main au sol pour donner un violent coup de talon dans le bas ventre de son nouvel agresseur – elle aussi s’y connait en coup bas. Il ne reviendra pas à l’assaut de sitôt. Et il a même lâché son sabre sous la douleur, parfait ! Se battre avec deux sabres, c’est bien plus amusant – et expéditif face à ces empotés.

« Je disais : Tu gères, Asleen ! Et toi, le lézard, surveille mes arrières, j’m’occupe du gros. »

C’est pas comme si elle avait le choix, il venait de s’interposer dans la bataille. Il ne laisse pas ses hommes seuls face à une telle menace. Dommage, elle se serait bien amusée. Donc voilà un grand et fort rhox, armé d’une lance faisant au moins la taille de son adversaire, celle-ci n’étant d’ailleurs qu’une frêle, fragile femme – tarée et avec deux sabres, mais c’est un détail. Heureusement qu’elle connait ses bottes secrètes, même si elles consistent essentiellement à frapper plus fort et plus vite. Elle évite par deux fois de retrouver son joli ventre transpercé. Avouez que ce serait disgracieux.

« Dis-moi, mon mignon, vous avez encore ma malle d’affaires ? »

Une troisième fois. Il n’a aucune délicatesse, le brougre.

« J’aurais bien aimé retrouver mes robes et corsets. Comme tu peux le voir, je ne suis pas des plus présentables pour traîner dans la haute. »

Cette fois, il a voulu l’assommer. Sérieusement ? Elle lutte avec ses deux lames pour retenir le coup au-dessus de sa tête.

« Je sais que vous n’êtes que des mecs à bord. Mais c’est pas une raison pour jeter mes affaires, n’est-ce pas ? … N’est-ce pas ? J’y tenais, moi, à cette robe blanche ! »

Il y tenait aussi. En fait, tout le monde l’aimait, cette robe. Ça lui donnait un air de jeune mariée, certes, mais Nahircia avec un brin de pureté, c’est un spectacle qu’on voit rarement. Il cesse les hostilités. La situation est absurde, incompréhensible, mais il ne peut que la laisser gagner. C’est l’attitude qui lui semble la plus naturelle, contre toute logique. Nahircia baisse sa garde, elle ne le connaît que trop bien pour savoir qu’il ne tentera rien de tordu, c’est pas le genre de la maison – ou du navire.

« Bien ! Asleen, Lézard, on a le champ libre. Soyez corrects avec mes hommes et adressez-vous au cornu si besoin. En attendant… »

Elle lâche la lame volée et la fait glisser jusqu’au malheureux encore tordu de douleur. Elle se dirige ensuite à côté de la porte de la cabine du capitaine, et donne un bon coup de pied dans le mur. Là, une cachette se dévoile d’où elle sort quelques bouteilles.

« Fêtons notre belle victoire ! »
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Sallah Mandris

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MessageSujet: Re: Ceux qui embrasent les mers.   Sam 31 Aoû - 21:35

Ceux qui embrasent les mers – Du rhum des femmes...


Oui, bien plus amusant.
Plus dangereux aussi, se rend-t-il compte lorsqu'un marin tente de l'attaquer « par surprise » sur sa gauche. Si tant est que l'on puisse appeler surprise un coup d'estoc précédé d'un hurlement sauvage destiné à donner du courage. L'attaque comme le cri échouent, d'ailleurs, puisque Mandris bloque le coup avec son sabre et fait verdir de peur le matelot en découvrant ses crocs d'un rictus. Le gamin s'entête, lève à nouveau son arme pour porter coup aussi violent qu’inefficace, que le lézard dévie sans difficulté avant de se tourner vers une Nahircia très occupée.

« On n'a même pas le droit de les abîmer un petit peu ? »

Mais la voyant aux prises avec deux hommes, et observant du coin de l’œil le capitaine qui semble mourir d'envie d'en découdre, il ne plaisante pas bien longtemps. Tout en ferraillant joyeusement avec son matelot, il attrape par le col le paltoquet qui a eu la mauvaise idée de s'en prendre à la pirate et le jette au milieu de ses camarades. Pour semer le trouble dans l'équipage, évidemment, mais également – quelle délicatesse de la part du Viashino ! - pour que sa chute soit amortie et qu'il ne se rompe pas les os. Vraiment, il est trop gentil.
Mais à peine s'est-il débarrassé de l'un que d'autres s'approchent pour neutraliser la jeune femme qui s'en prend à leur capitaine. Et le gamin galvanisé par leur présence revient à la charge. Un coup de queue l'envoie rouler par terre mais l'entêté se relève alors que les autres lancent l'assaut pour le transformer en bottes.

« Toi, tu as au moins le mérite de la constance. », marmonne-t-il à son jeune adversaire avant de le pousser contre ses camarades.

Déséquilibrés, ils s'empêtrent, glissent, puis tombent ébahis en voyant leur capitaine abandonner le combat contre Nahircia. Lui, cette montagne de muscles aux bottes imparables, abandonne face à une frêle jeune femme ? Bon, en même temps c'est une psychopathe avec un sabre dans chaque main, raisonnent-ils. Et avec une espèce de dinosaure apprivoisé, murmure l'un.

Heureusement pour lui, Mandris ne lit pas sur les lèvres. Il préfère fureter à travers le navire après s'être emparé d'une bouteille qu'a sorti Nahircia, explorant le pont arrière, passant même la tête par l'écoutille de la cale. Et ce qu'il finit par trouver le sidère. Un sabre, abandonné sur le pont par un marin étourdi – ou assommé, au choix, il a été moins tendre avec ses adversaires que Nahircia. Un sabre qu'il ramasse, examine. Fabrication humaine, il n'est pas des plus équilibrés ni des plus affutés. Plutôt grossier en fait. Mais c'est pour une autre raison qu'il retient le regard de l'armurier.

« Nahircia, où trouve-t-on un acier pareil ? »

Jamais il n'en a vu de semblable. L'alliage est plus sombre et plus léger que celui qu'il travaille ordinairement. Évidemment ces fichus humains ne savent pas s'y prendre, mais Mandris imagine sans aucun problème toutes les possibilités d'un pareil métal.

« Je crois que tu vas l'avoir, ton épée, Asleen. »
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Asleen

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MessageSujet: Re: Ceux qui embrasent les mers.   Dim 1 Sep - 13:14

Comme elle le pensait, Asleen a le temps de terminer sa manœuvre avant que qui que ce soit ne s'intéresse à elle. Mais guère plus que ça. Le marin à la dérive a tout juste le temps de se repêcher lui-même au passage du navire que déjà un des pirates s'approche de la navigatrice improvisée, l'air menaçant. Il a toutefois un léger mouvement de recul lorsqu'elle se tourne vers lui et qu'il découvre son regard vide.

- Sorcière...

Son hésitation ne dure toutefois pas. Il crache le mot comme un insulte et reprend immédiatement son avancée, prêt à attaquer.

- Pas vraiment... 1, 2, pas sur la gauche. Quoi que, maintenant que vous le dites... Deux pas en arrière, retrait du buste. En réalité je n'en sais rien. Virevolte sur la droite, 1, 2, 3, accroupie. Qu'est-ce qu'une sorcière en fait ?

La lame siffle autour d'elle, elle se contente de l'esquiver, toujours avec un temps d'avance. C'est plus facile qu'elle ne l'aurait crû. Son don lui permet de toujours savoir ce que son adversaire va faire, et quels mouvements effectuer pour l'éviter. Même pas besoin de réflexes, ça ne lui demande qu'un peu d'agilité, et il se trouve qu'elle en est dotée. Qui aurait crû que les entraînements aux danses rituelles du culte de Nym serviraient ?

Le pirate commence à s'énerver de cette proie qui semble si fragile et sans défense et qu'il n'arrive pourtant pas à atteindre. La jeune fille, elle, s'amuse follement. Bien sûr, elle a conscience qu'il ne s'agit pas d'un jeu, et qu'un seul coup de l'épée affilée suffirait sans doute à la trancher en deux. Pour autant, elle ne ressent aucune peur. Elle sait que ça n'arrivera pas. Elle l'aurait Vu, si elle courait le moindres risque. Ce n'est pas le cas. Et il faut reconnaître que ce petit exercice est nettement plus intéressant que de passer la journée assise sur un siège inconfortable à voir des inconnus défiler pour écouter ses conseils.

Et puis arrive le moment où Nahircia annonce la fin des hostilités. La Devineresse cesse donc de s'agiter, veillant toutefois à rester hors de portée de la lame menaçante. Un peu essoufflée, tête penchée sur le côté, elle adresse un regard, en quelque sorte, à celui qui vient de tenter de la découper en morceaux et lui sourit.

- On fait la paix ?

Il hésite un instant, puis rengaine son arme et s'éloigne, sans un mot. L'aveugle hausse les épaules et revient vers ses compagnons. Elle s'approche de Mandris quand ce dernier l'interpelle, et fait mine de s'intéresser à ce qu'il a en main, bien qu'elle ne puisse pas concrètement voir l'objet.

- Épatant. Il ne me restera plus qu'à apprendre à m'en servir alors...

Elle n'est guère convaincue dans ses capacités à l'apprentissage du combat, et elle ne cherche pas vraiment à le cacher. Mais bon, la Capitaine a dit qu'il lui fallait une lame, alors soit. Et puis au moins, l'aventure semble devoir se montrer intéressante, alors le voyage n'est pas perdu.

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Nahircia

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MessageSujet: Re: Ceux qui embrasent les mers.   Mar 17 Sep - 13:55

Ceux qui embrasent les mers – J'sais m'envoyer en l'air, ouais.

Un voile noir. Puis un flash lumineux. Beaucoup trop lumineux.
Éteignez cette lumière.
Un mal de crane. L’impression d’avoir rêvé. Et toujours cette foutue lumière.

Elle a parfois la main lourde sur l’alcool, et le paye chaque fois cher au réveil. Elle reconnaît son bateau, ses hommes. Elle est une pirate. Une pirate à demi-nue, allongée sur un banc. Elle saisit son chemisier blanc, qu’elle enfile simplement. Il traînait sous la table, avec quelques bouteilles vidées consciencieusement. C’était une bonne soirée, sûrement. Elle se lève, fait craquer son dos. Et il y a un lézard géant sur le pont !

Non, attendez. Elle le connaît. Bousculade. Sabre. Forge. Boussole. Arpenteurs. Arpenteurs ! Ah, c’est vrai. Elle est plus qu’une pirate. Les idées se bousculent dans son esprit embrumé. Elle a l’impression d’avoir la tête dans un nuage. Impression temporaire qui disparaît l’instant suivant. Avant qu’elle n’en remarque un autre lui arriver dessus. Un nuage, oui. Elle prend note de moins boire, la prochaine fois.

Elle fait le tour du pont. La moitié de l’équipage est encore inconscient. L’autre s’affaire tant bien que mal à maintenir le cap. On va où, d’ailleurs ? Elle se souvient vaguement avoir lancé des ordres quelconques. Le lézard. Il a parlé de métaux. Ouais, les métaux. ForgÉclat, elle a dû demander à aller à ForgÉclat. Plutôt dociles, ces marins, ils obéissent pendant qu’elle passe une nuit dans la débauche. Pratique.

Elle va s’appuyer sur la rambarde du navire pour scruter l’horizon. Elle plisse les yeux. Cette lumière est une catin, sérieusement. Surtout reflétée ainsi par la mer. La mer, blanche et cotonneuse. Ohh. Des nuages. J’aime bien. Elle ne reste pas longtemps, cela dit, cet endroit est trop clair pour son réveil. Sa cabine. Pourquoi n’y était-elle pas, d’ailleurs ? Et pourquoi elle, là, y était ?

Elle découvre Asleen. Elle se souvient que c’est pour elle qu’elle est là. Sur le lit, allongée, sans doute encore endormie. Ça lui revient. Elle a dû l’y envoyer pour éviter qu’elle ne finisse harcelée par un de ses hommes. Ou par elle-même, sans doute. Elle est encore vêtue, beaucoup trop. Nahircia en déduit qu’il ne s’est donc rien passé. C’eut été dommage, elle n’en aurait gardé aucun souvenir. Elle s’assoit sur le matelas, sans grande délicatesse. Elle y reste quelques longues minutes, ses coudes sur ses genoux, ses mains massant ses tempes. Elle réfléchit. Elle aurait voulu boire pour oublier sa situation qu’elle n’aurait pas fait mieux. C’est d’ailleurs sans doute ce qu’elle a voulu faire.

Elle jette un œil sur l’aveugle qui occupe son lit. Sans doute pas, en fait. Bien, elle réordonne tout dans ce chaos qui lui sert de tête pensant. Elle inspire un grand coup, se donne une giffle et se lève.
Voilà. Enfin réveillée.


« Asleen, tu vas me faire le plaisir de dégager de mon lit. Il fait jour – et pas qu’un peu, putain – alors débout. Et tu vas changer ses chiffons qui te servent d’habits. Faut ressembler à quelque chose pour ce qu’on va faire ! »

Et elle arrive à dire ça avec le plus grand sérieux qui soit. Quand bien même un miroir – même une demi-douzaine, dans la pièce – lui renvoie l’image d’une femme ne portant qu’un pantalon de cuir et un chemisier plus qu’entrouvert. Mais elle n’est pas celle qui jure dans le paysage, du moins, pas à ses yeux. Elle se dirige droit vers une malle, calée au fond de la pièce, entre deux miroirs, justement. Elle l’ouvre avec facilité, comme si elle avait fait ça toute sa vie, et se met à en sortir des poignées complètes de vêtements. Elle grommelle, se plaignant presque d’en avoir trop, que les meilleurs pièces sont cachées, que c’est dur de choisir. Elle finit par trouver son bonheur, après avoir recouvert une bonne partie du sol de cuir et de soie.

« Tiens, fais-moi confiance, tu ressembleras à quelque chose avec ça. »

Elle pose sur le lit sa sélection. On y trouve un corset crème, lacé d’un cuir tirant sur les rouges, accompagné d’une jupe à volant, rouge foncé, ne se voulant pas trop courte – nous parlons des habitudes vestimentaires de Nahircia, quand même. Elle a aussi sorti un châle élégant. Rouge, encore. Asleen n’aura sans doute pas l’air aussi frivole qu’on aurait pu l’imaginer. Croyez-bien que ce n’était pas si évident.

Elle laisse à son amie le soin de s’habiller seule. Non pas qu’elle souhaite se passer du spectacle, mais elle a un navire à diriger. Vous savez, ce navire qui dérive sur les nuages, actuellement. Car elle vient de réaliser que, non, ce n’était pas une situation habituelle. Il n’y a sans doute qu’elle pour le voir, d’ailleurs. Encore que, elle trouve cela parfaitement réaliste, puisque parfaitement génial. Mais ses hommes, eux, manœuvrent comme s’ils étaient en pleine mer. Ça semble plutôt fonctionner, d’ailleurs.

« Bon, mes petits, c’était très drôle cette virée, mais à la fin du nuage, on retourne au niveau des poissons. Faites-moi signe quand on arrive à proximité de ForgÉclat, en attendant, évitez les autres navires. J’veux pas me battre avec un équipage qui a la gueule de bois. »

Surtout si la capitaine est dans le même état.

Elle apostrophe un des pirates.

« Toi, tu vas me ramasser tous les ivrognes qui ont pas dessoûlé. La descente risque d’être violente, j’voudrais pas en perdre en vol. »

Elle part ensuite chercher le lézard. Ils ont la capture d’une forge à préparer.
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