[Luun] A la recherche des parasites » PV Alva.



 

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Kobito Youko

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MessageSujet: [Luun] A la recherche des parasites » PV Alva.   Ven 9 Mai - 18:46

Luun. Encore un nouveau plan à explorer, encore de nouvelles informations à récolter. Contrairement aux cinq plans principaux, je n'en avais jamais entendu parler jusqu'à ce que les Archivistes me demandent de m'y rendre. Ceci dit, même eux semblent avoir découvert son existence depuis peu - je ne m'en plains pas, j'aime bien découvrir et explorer, malgré ma peur naturelle. Et la Déesse me protège - même si ce n'est pas une raison pour baisser ma garde.

Surtout ici.

L'air empeste la mort. Même moi, alors que je n'ai pourtant aucune affinité avec le mana noir, je peux le sentir. J'ai l'impression que tout ce qui m'entoure est touché par la mort et qu'à la moindre inattention, quelque chose va surgir pour m'entraîner dans les ténèbres. L'ambiance est encore plus inquiétante que sur Pthian - là-bas, au moins, je savais plus ou moins à quoi m'attendre !

Mais ici, tout m'est vraiment inconnu.

Les animaux sont hostiles, ce sont des solitaires. Je n'ai pour l'instant vu aucune meute, aucune bande d'individus. Et lorsque je m'approche trop près, ils grognent férocement. Mais aucun n'a osé m'attaquer. Suis-je moi aussi vu comme un prédateur ? Après tout, je suis un renard. Un renard marchant sur ses deux pattes arrières, mais un renard quand même.

Je me contente d'observer et de serrer fort mon bâton.

Les Archivistes m'ont demandé de rapporter un ou deux spécimens parasités grâce aux harnais qu'ils m'ont donné. Des spécimens « adaptés », ont-ils dit. Pour l'instant, je préfère me concentrer sur le système des hôtes - ça semble vraiment tordu, leur truc. Je détesterais me faire sucer la moelle par quelqu'un d'autre. A cette pensée, un frisson me parcourt. Il y a forcément des avantages - cela marche peut-être de la même manière que la collaboration entre les insectes et les fleurs ...?

Un cri aigu interrompt brutalement mes pensées.

Je regarde autour de moi : j'ai atterri dans une forêt et pas loin de moi s'écoule une relativement large rivière. La prudence me conseille de façon urgente de m'éloigner le plus rapidement possible mais la curiosité me pousse à m'approcher. Et si c'était l'heure pour un prédateur de parasiter quelqu'un ? Je ne dois pas rater ça, je suis sûr que cela sera utile pour mon rapport.

Je grimpe dans l'arbre le plus proche et attends.

Je repère non loin de moi une jeune femme à la chevelure flamboyante - plus que mon pelage ! Elle a l'air perdu, elle doit sentir que quelque chose arrive. Puis il arrive, celui qui va la parasiter. Un singe. Habile et fier.

Que le spectacle commence.

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MessageSujet: Re: [Luun] A la recherche des parasites » PV Alva.   Sam 10 Mai - 19:25

Depuis quelques temps elle se sentait désœuvrée. Elle que ces amis avaient tendance à traiter d'hyperactive ressentait cela comme un enchaînement à la fatalité.
Son mentor sur l'Entre-Monde avait disparu depuis ce qui pouvait être trois semaines sans donner de nouvelle. Elle n'était pas inquiète pour lui. Sa puissance et ses connaissances le mettaient à l'abri de bien des dangers, mais il était loin d'avoir fini la formation de la jeune femme...
Les archivistes n'avaient pas daigné lui répondre. Ils auraient pu en échange de service lui donner des pistes pour retrouver son propre plan et elle lui faire des compte rendus au moins de ses maladresses car jusqu'à présent ses voyages avaient été brefs et s'étaient soldés par de cruelles déceptions.
Encore pouvait-elle se réjouir de ne pas s'être matérialisée dans un plan hostile. Elle avait bien compris que cela pouvait arriver aussi le seul avantage de ses errances avait été l'occasion de s'isoler pour travailler la magie que son maître lui avait révélée. a cette pensée elle se mordit la lèvre de regret en pensant au membre de la maréchaussée à qui elle avait brûlé la chevelure par mégarde. Ce n'était arrivé qu'une fois, mais soulignait qu'elle avait encore du travail à accomplir...
Elle avait donc l'impression de tourner en rond et la dépression allait s'abattre sur elle. En tout cas c'est ce qu'elle pensait, elle que l'optimisme habitait comme lumière dans un diamant.
Les pensées les plus sombres l'habitaient. Il fallait qu'elle réagisse. On était au milieu de la journée et la lumière était dorée même si cela ne touchait pas Alvayannni. Sa flûte se balançait doucement inutile au bout de ses doigts. elle secoua la tête en signe de révolte contre son abattement

"Alvayannni! Fais quelque chose ou tu vas pourrir ici! Après tout que risques-tu à chercher encore?"

Elle chercha l'étincelle au fond d'elle cela devenait de plus en plus facile, mais elle fut surprise cette fois car l'éblouissement avait plus à voir avec ce qui volait autour de la forge éteinte de son ami Eadolys par grand vent, quelque chose de noir que les braises avaient quitté depuis longtemps. Cela ne lui plaisait pas du tout et eut envie d'interrompre le voyage, mais une fois qu'il est entamé, plus moyen de la stopper.
Un genou au sol et une main crispée sur son instrument l'autre au sol pour retrouver sa stabilité, la tête baissée masquée en grande partie par la cascade rousse des ses cheveux, ses yeux s'accoutumaient à la nouvelle lumière... Lumière?

*Ce n'est pas ici que je vais risquer les coups de soleil*

La perspective de préserver sa peau de rousse aurait pu la faire sourire, si le reste de l'ambiance lui avait parue aussi accueillante.
Et bien où suis-je tombée cette fois ?

Apparemment en plein cœur d’une forêt et pas le petit bosquet verdoyant qui vous invite à la flânerie et à écouter le chant des oiseaux. Si l’endroit où elle se trouvait pouvait se faire appeler clairière, autour d’elle se dressait un mur d’arbres millénaires semblait-il dont la futaie semblait s’enchevêtrer inextricablement. A ses pieds, coulait l’eau noire d’une rivière en apparence paisible même si elle n’était pas très engageante. Pour couronner le tout, l’atmosphère était lourde et pesante, aucune brise n’agitait le feuillage sombre et aucun champ d’oiseau ne brisait le silence oppressant. Seuls quelques bourdonnements agitaient les tympans aux aguets de Alvanyannni.
Soudain une sorte de gargouillis vient troubler la surface de la rivière et une nuée d’étincelles s’en éleva. L’impression lumineuse était merveilleuse, mais instinctivement la jeune femme fit un pas en arrière. L’endroit respirait la mort et la traitrise et la crainte s’était immédiatement installée dans son esprit…
Pourtant la chose semblait flotter sans mauvaise intention, offrant aux regards le chatoiement ses irisations lumineuses. La jeune femme allait se détendre lorsque du coin de l’œil elle surprit un mouvement. Elle se tourna brusquement se demandant où donner  son attention.
Une  forme sombre et verdâtre se précipitait vers elle. Se sentant sans doute repérée elle s’immobilisa à 15m environ de la jeune femme qui plissant des yeux put à peu près l’identifier.

*Un singe ?*

En tout cas un quadrumane à n’en point douter. De la taille d’un chien, il se tenait maintenant immobile appuyé sur ses phalanges. Les animaux sauvages d’ordinaire ont tendance à fuir l’homme dans le cas contraire, cela rime avec danger. La jeune arpenteuse le savait bien elle qui battait la nature dans de longues et folles promenades.
*Pas de geste brusque… Surtout garder son calme et ne pas le quitter des yeux*
Tout en se donnant du courage,  Alvanyannni  se mit à reculer doucement, pas à pas pour mettre le plus de distance possible entre elle et la créature qui l’observait les yeux plissés. Plus la rouquine le regardait plus il lui était évident qu’il n’avait pas été attiré là par la curiosité que peuvent avoir les animaux qui n’ont jamais vu d’êtres humains.

« Dis-moi que tu vas partir hein… »

Murmura-t-elle plus à son intention et se donner du courage que réellement en direction de la créature simiesque.

« Je suis sûre que tu ne me veux aucun mal… »

Après tout la méthode Coué marchait parfois…
Du côté de la rivière la nuée étincelante ne semblait pas devoir bouger, maintenant sa mouvance au-dessus de la rivière.
Le singe fit un pas en avant adoptant la posture d’un tigre en approche. Le doute n’était plus permis il allait falloir se défendre. Pas le temps de construire un chant…

*Le feu… Le feu…*

C’était dans ces moments que l’on regrette que certaines choses ne soient pas automatiques.  Elle chercha le flux d’énergie dans chacune de ses cellules mais déjà comme s’il avait compris ce qui se tramait, le singe s’élança et bondit en direction de sa proie, les babines retroussée, découvrant des crocs acérés.  Elle reçut la cinquantaine de kilos de plein fouet, essayant de se protéger de la morsure, alors que ses mains ne parvenaient à distiller qu’une douce chaleur. Elle tombe à la renverse parvenant juste à rester lucide, ses mains tentant de repousser les épaules de son agresseur.
Une longue langue trifide terminée par des lancettes sortit tentant d’atteindre sa gorge. La terreur la saisit comme un piège à loup sur son cerveau. Elle ne savait pas exactement ce qui l’attendait, mais le peu qu’elle en devinait enflamma en elle la révolte.

« NOOOOOONNNNNNN ! »

Son hurlement de désespoir accompagna les langues rouges qui embrasèrent ses cheveux et lui léchèrent les mains et les avant-bras. La fourrure s’embrasa et la bête relâcha son étreinte en grognant.
Encouragée par ce demi-succès, la jeune femme projeta ce qu’elle put du jet de flammes qui daignait enfin lui obéir en direction de la créature qui se remettait de sa surprise. La puissante poitrine du s’embrasa et le singe hurla avant de s’enfuir dans sous la futaie sombre…

*Il va revenir… Il va…*

Mais l’émotion et l’énergie dépensée eurent raison de ses forces. Sa chevelure s’éteignit et la magicienne s’effondra, encore consciente mais incapable de se redresser, la vision brouillée, la clairière tournoyant autour d’elle.
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Kobito Youko

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MessageSujet: Re: [Luun] A la recherche des parasites » PV Alva.   Dim 11 Mai - 17:50

La mort est là. Elle s'approche, terrifiante, elle vient réclamer son dû. J'ai l'impression que même l'air se fait plus lourd, qu'il est plus dur de respirer. Il règne une telle tension que tous les poils de mon corps se sont dressés. Un frisson d'excitation me parcourt - va-t-elle se faire manger ? Elle a peur et l'odeur de son angoisse me parvient, amère.

J'ai hâte.

Le singe bondit, ils tombent. Je n'arrive pas à discerner ce qu'il se passe mais elle se débat, c'est certain. Elle a crié, même. Elle a crié, et j'ai compris ce qu'elle a dit. Ce n'est pas normal. Qui est-elle ? Une Arpenteuse. Si c'était une humaine lambda de Luun, ses mots n'auraient été que des bruits insensés. J'en ai trouvé une nouvelle, encore. Cela devient vraiment intéressant.

Elle a hurlé, et le feu s'est allumé.

Rouge. Comme moi. Rouge et brûlant. Vivant. Je comprends mieux la couleur de ses cheveux, maintenant. L'animal fuit sans demander son reste, brûlé à vif. L'odeur de poils roussis m'envahit les narines de façon désagréable. Je me demande s'il va revenir pour prendre sa revanche mais au fond, je ne pense pas. Il ne devait pas s'attendre à ce que la demoiselle montre de la résistance.

Elle s'est évanouie.

Ou du moins, elle s'est effondrée. Je crois qu'elle respire encore mais son corps est agité de légers soubresauts. Je descends agilement de mon abri et m'approche d'elle lentement. Il ne faudrait pas qu'elle s'enflamme brusquement et me brûle le pelage. Je tapote son épaule avec mon bâton, elle remue.

« Mademoiselle ? Il ne reviendra pas. »

Je dresse un mur solide derrière elle et sans lui demander son avis, la relève pour l'appuyer contre. Elle a de jolis yeux verts, légèrement vitreux. Elle a l'air bien perturbé. Je crois qu'elle n'a pas trop l'habitude de ce genre de rencontres et je peux comprendre - elle a quand même failli se faire dévorer.

« Vous n'allez pas vous évanouir ? »

Je devrais peut-être lui donner quelque chose à manger ou à boire, pour qu'elle se remette de ses émotions mais ... C'est une Arpenteuse après tout. Si elle a survécu, elle peut bien supporter un petit choc émotionnel. Elle ne s'est pas battue contre des félettes, tout de même !

« Vous êtes une Arpenteuse, n'est-ce pas ? Je m'appelle Kobito Youko, enchanté. »

Oui, j'aurais peut-être dû commencer par là ...

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MessageSujet: Re: [Luun] A la recherche des parasites » PV Alva.   Dim 11 Mai - 19:00

Quelque chose s’est approché. Quelque chose ou quelqu’un…
C’est roux, petit… Au moins ce n’est pas le singe… Oui mais si c’était un nouveau prédateur ? Une flammèche nait au bout de son index pour s’éteindre aussitôt. Si elle se sort de ce guêpier il est des leçons qu’elle devra retenir comme s’entrainer plus souvent dans le don qui peut la protéger, même si ce n’est pas sa prédilection. Cela l’aiderait sans doute à ne pas se retrouver vider à la première utilisation et à être plus prompte à la réaction….
Elle essaie d’accommoder sa vision qui s’éclaircit peu à peu…
Ça parle ! Et… C’est même poli. Le danger n’est pas immédiat alors…
Elle tente de se redresser sur son coude. La chose l’aide à s’appuyer contre quelque chose de dur.

« Merci »

Son crane  arrête de danser la valse au bout de sa nuque. Elle redresse la tête et son regard croise des pupilles de braise ne laissant aucune place au blanc : un regard animal ! Brusquement elle se redresse contre son appui, maintenant complètement assise et réveillée
Non en effet elle n’allait pas s’évanouir...

« Je crois que ça va aller…
…Mais… »


Les questions se bousculent maintenant à son esprit comme le sang qui reprend possession de son visage. Par laquelle commencer ?
Kobito Yuko ?
Drôle de voix drôle d’accent mais grande politesse. Maintenant qu’elle est capable d’appréhender son interlocuteur ou interlocutrice _ mâle au femelle ?_ elle réalise que c’est un goupil qui lui adresse la parole. C’est mignon en tous les cas.

« Alvanyannni moi de même. »

Politesse automatique et irréfléchie. Etait-elle enchantée ? Seule la suite le dirait. Ami ou ennemi ?

*Un Kitsoune !*

Elle avait failli crier cette révélation que son esprit venait de lui apporter en guise de réponse à une des questions. Elle en connaissait l’existence par la grande bibliothèque qu’elle avait fréquentée assidûment ces dernières semaines, mais n’en avait encore jamais rencontré.

« Où sommes-nous ?
Le singe ?
La lumière ?..."


Se tournant pour vérifier sa présence au-dessus de la rivière son regard rencontra le muret de terre contre lequel elle était adossée, avant de se poser de nouveau sur le renard. Elle avait beau être inexpérimentée, elle comprit à qui elle avait à faire.

« Oui tout comme vous je présume… »

Puis, comme elle ne renonçait jamais à une question :

« Vous savez ou nous sommes ?
Ce singe c’était quoi ?
Il y avait une nuée lumineuse au-dessus de la rivière… »


Evidemment la deuxième question avait l’air un peu saugrenue puisqu’elle contenait la réponse, mais Alvanyannni n’en avait jamais vu de cette espèce et certains détails l’avaient …
…marquée. Ne serait-ce que la couleur et cette horrible langue…
Au fur et à mesure que les questions finissaient de lui faire reprendre contenance, elle put s’assoir en tailleur, position assez désinvolte pour quelqu’un qui venait  d’échapper à un grand danger, mais Kobito Youko était tellement mignon qu’elle avait l’impression d’être face à un jouet, inoffensif donc...

« Vous habitez ici ? »
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Kobito Youko

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MessageSujet: Re: [Luun] A la recherche des parasites » PV Alva.   Lun 12 Mai - 17:16

Je crois que je lui ai fait peur. Elle s'est redressée brusquement et j'ai l'impression que si le mur n'avait pas été derrière elle, elle aurait reculé de trois bons mètres. Sait-on jamais, je pourrais avoir subitement envie de la manger, moi aussi. Je lui fais un petit sourire plein de dents, que j'essaie de rendre rassurant. Est-ce que je ressemble franchement à ces brutes de bestioles sans cervelle qui peuplent ce plan ? Je n'ai pas l'intention de m'emparer de son corps pour survivre, je me débrouille très bien tout seul.

Et elle aussi.

Je hoche la tête à l'énonciation de son prénom, m'efforçant de cacher un sourire ironique. Vu le sursaut qu'elle a eu en apercevant mes yeux, je ne suis pas certain qu'elle soit réellement enchantée de me rencontrer. Mais soit, je n'ajoute rien. Pas la peine d'ajouter à son embarras. En tout cas, elle n'est pas complètement idiote, ce qui me rassure. Elle a compris que j'étais également un Arpenteur, malgré l'état de choc dans lequel elle semble être.

Je sens qu'elle va peut-être pouvoir m'aider.

Je m'assois en face d'elle, détendu, et je pose mon bâton devant moi. Assez près pour pouvoir l'attraper rapidement si jamais le singe décide de revenir. Mais je pense que ma nature semi-animale dissuadera tous les prédateurs de s'aventurer par ici. J'ai l'impression de dégager des ondes qui crient à tout le monde « cette proie est à moi ! ». C'est un peu dérangeant.

« Alors, dans l'ordre. Nous sommes sur Luun, un des nombreux plans qui existent. C'est un monde, à l'instar de celui dont vous venez. Le singe est un prédateur d'ici, c'est pour ça qu'ils ne ressemblent pas à ceux que vous avez peut-être déjà vu. Il avait l'intention de ... prendre possession de votre corps. De vous parasiter. Pour la lumière, je n'en sais rien. Peut-être un phénomène particulier au plan. »

Je n'aime avouer mon ignorance mais en même temps, ce n'est pas pour rien que l'on m'a envoyé ici. C'est bien pour que je découvre ce qu'il se passe - quand bien même mon sujet principal d'études est le parasitage et non les phénomènes naturels associés à une rivière. Cela pourra toujours faire un bonus dans mon rapport ...

« Non, je ne suis pas d'ici. Je viens également d'un autre plan. Je suis sur Luun pour le compte des Archivistes. Et puisque vous êtes là, vous allez m'accompagner. Vous êtes bien remise ? Allez, en route. »

Je ne lui laisse pas le temps de protester et me relève, bâton dans la main, harnais dans le dos. J'en ai deux à ma disposition, je verrais comment les utiliser plus tard. J'hésite à ramener un seul gros spécimen ou deux petits ... La deuxième solution me paraît plus adaptée pour les recherches des Archivistes mais cela signifie qu'il faut que je trouve deux parasités parfaitement adaptés. Je claque la langue sur mon palais, en pleine réflexion.

« Au fait, cela vous dérange si je vous tutoie ? »

Je jette un coup d'oeil en arrière pour vérifier qu'elle me suit bien et m'enfonce plus profondément dans la forêt. Je ne sais pas vraiment pourquoi, mais j'ai envie de trouver un humain parasité par l'un des singes que l'on a vu tout à l'heure. Je suis persuadé que la « fusion » des deux espèces est parfaite.

« D'ailleurs, tu n'as qu'une flûte pour te défendre ? Tu joues de la musique ? »

Je me demande s'il est possible que le parasite se sépare de son hôte avant la mort de ce dernier. Il faudrait vérifier, forcer l'un des prédateurs à s'en détacher ... L'humain peut-il survivre à la séparation ? Le parasite peut-il s'emparer d'un autre hôte après ou est-il voué à finir sa vie en tant que lui-même ?

Je m'arrête brutalement.

« Oh, qu'est-ce que c'est que ce truc ...? Ça ressemble à un sanglier. Avec des grandes dents ... Tu crois que ça va nous attaquer ? »

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MessageSujet: Re: [Luun] A la recherche des parasites » PV Alva.   Lun 12 Mai - 19:46


Décidément ce Kobito lui semblait de plus en plus sympathique. Pas une once d’agressivité apparente, un caractère posé et surtout ce physique de peluche… Pour un peu Alvanyannni se serait crue retournée en enfance en train de discuter avec une de ses poupée de son que sa mère prenait parfois le temps de lui confectionner ou de ravauder.
L’environnement sombre et malsain était cependant l)à pour la détromper et elle écouta le plus attentivement du monde le renard bipède.

Quoi ? Prendre possession de son corps !? La jeune femme ne put s’empêcher d’écarquiller les yeux d’horreur. Pourquoi trouvait-elle cela plus horrible que d’être dévorée ? Allez savoir…
Elle se tourna de nouveau vers la rivière pour constater que la dite lumière avait disparu. Était-elle apparue pour guider le singe vers sa proie ? Plus rien ne pouvait l’étonner sur ce plan qu’elle allait devoir découvrir et dans lequel elle allait essayer de survivre…

*Accompagner ce mini goupil ? Pourquoi pas ? Mais il pourrait au moins me demander mon avis…*

Elle croisa la bras sur sa poitrine en signe de protestation, mais en vain.

*He ! Mais c’est qu’il fait comme si je n’existais pas le renard ! Et bien si c’est ainsi je reste là*

Mais le kitsune arrivait déjà à l’orée de la clairière et s’apprêtait à disparaître dans le sous-bois. Regardant autour d’elle l'environnement hostile dans lequel elle avait failli perdre la vie et peut être bien davantage, ses velléités de bouderie disparurent bien vite. Elle se dressa d’un bon et se lança à la suite de Kobito, la flute à la main, les cheveux au vent.

« Pour quelqu’un de nouveau par ici vous avez l’air de savoir où vous allez !… »

La forêt était très dense et peu facile à pénétrer heureusement l’explorateur à poils y semblait à son aise et l’habitude de la nature de la rouquine musicienne lui permettait de suivre tant bien que mal, même si des débris végétaux ne manquaient pas de se prendre dans ses longues mèches. Elle allait bien finir par ressembler à une Dryade…
Devant elle la queue touffue de son nouveau compagnon lui servait de fanal suivre coute que coute.

« Non, non tu peux me tutoyer ce sera moins formel… »

Elle caressa son instrument à sa mention par Kobito.

« Oui on peut dire ça »

En fait, elle joue très bien de la musique avec le talent d’une virtuose. Tellement bien que ce n’est certainement pas un hasard si un de ses dons magiques a à voir avec lui et le chant. Cependant elle ne prétend jamais être aussi douée qu’elle n’est et laissa sa réponse dans la vague.

« Et toi que fais-tu avec cet harnachement que tu traines derrière toi ? Tu comptes acheter une bête de somme ? Par ici je nous vois mal rencontrer un maquignon… »

Elle écarta une liane qui aurait eu tôt fait de l’étrangler en pendant ainsi sur son passage.

« C’est un peu encombrant dans ce genre d’endroit non ? »

Elle pila juste derrière son guide de poche au risque de trébucher sur lui et de l’écraser sous sa pourtant svelte personne.

« Tu pourrais prévenir quand tu t’arrêtes ! »

Elle regarda dans la direction indiquée et eut un rictus de dégoût.
Ca un sanglier ? Il était aussi répugnant que le singe de tout à l’heure. Un bon mètre au garrot, massif, la tête, porcine à n’en pas douter, se terminait par un groin monstrueux d’où dépassaient quatre défenses impressionnantes et menaçantes. Son échine et ses épaules étaient couvertes semblait-il d’une forte de forêt de dards comme ceux d’un porc-épic. Sa couleur d’un brun presque noir ne lui donnait pas un air plus engageant.

Il était tourné vers les deux compagnons de route, si l’on pouvait dire ainsi étant donnée l’absence de route, et se mit à gratter le sol en déracinant les fougères sous son sabot. Son souffle rauque ponctué de grognements ne laissait aucune équivoque sur ses intentions.

Alavanyannni se saisit d’une liane qui tombait le long d’un tronc noueux.

« Je dirais plutôt qu’il nous souhaite la bienvenue.»

Pas drôle ? Certes mais après s’être égarée dans un plan inattendu, avoir failli se faire…. enfin vous voyez, par un singe, avoir rencontré un renard qui parle, auriez-vous été plus habile du verbe ?

« Vous savez grimper aux arbres ? »

Le pied déjà sur l’écorce, elle attendit la confirmation à sa question.
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MessageSujet: Re: [Luun] A la recherche des parasites » PV Alva.   Mar 13 Mai - 16:39

Je n'aime pas donner des ordres. Ce n'est pas du tout mon genre. Je suis plutôt de ceux qui exécutent et qui protestent parfois quand les directives ne plaisent pas. C'est trop de responsabilités et je suis lâche. Je n'aime pas à avoir faire des choix, surtout en me disant que la vie de mes compagnons est entre mes mains. Je déteste quand ma petite voix intérieure me souffle que je n'ai pas le droit de me tromper, parce que les autres comptent sur moi. Je n'ai pas l'étoffe de Ceux-qui-dirigent.

Sauf que là, je n'ai pas le choix.

Je n'ai pas l'intention de laisser la demoiselle prendre les décisions, pour notre survie à tous les deux. Et quand bien même elle a eu l'air de vouloir protester vivement au début, je crois qu'elle n'a pas trop envie de rester toute seule ici. Ce serait bête qu'elle se fasse avoir une nouvelle fois, elle n'a pas l'air de contrôler hyper bien ses pouvoirs d'Arpenteuse.

« Je ne sais pas où je vais, mais vu que je n'ai pas de destination précise ... J'avance là où la Déesse me guide. Les harnais, c'est pour ramener des spécimens aux Archivistes. »

J'aurais adoré la prévenir avant de m'arrêter, histoire qu'elle ne m'écrase pas la queue, mais la surprise m'en a empêché. Et le temps me manque pour m'excuser car la bestiole en face de moi n'a pas l'air d'avoir envie de nous faire des câlins. Moi non plus, cela dit, ça me semble vachement piquant, ce qu'il a dans le dos. Un petit rictus étire mes lèvres. Depuis ma rencontre avec les félettes, j'avoue avoir une assez grande facilité à relativiser pour chaque créature qui me fait face.

« Oh, ne t'inquiète pas pour moi, grimpe ! »

Ce sanglier n'a pas l'air d'avoir été parasité mais j'ai quand même envie de l'observer de près. Il faut juste que je m'occupe de sa capture. Je n'ai pas envie de le tuer mais je n'ai pas non plus envie qu'il me tue. Autant utiliser une cage de ronces - j'ai vraiment l'impression de toujours utiliser cette technique mais après tout, je suis dans une forêt et j'ai une préférence pour le vert. Une prison de terre risquerait d'être brisée par la force brute de la bête et je ne sais pas encore faire de la terre transparente pour pouvoir l'observer à travers.

C'est décidé, je vais l'attraper avec des plantes.

Il fonce sur moi. Je ne jette pas un regard à la demoiselle pour voir si elle est bien à l'abri en haut d'un arbre mais je l'espère fortement. Je n'ai plus le temps de m'en préoccuper. J'ai peur mais je fais comme si j'étais fort et courageux. Je ne suis absolument pas sûr de réussir mon coup mais je sens que la Déesse est avec moi. Alors je pointe mon bâton droit sur le sanglier, me concentre un peu et un petit muret s'élève du sol, juste devant ses pattes. Je profite de son trébuchement et de son déséquilibre temporaire pour faire croître les lianes - à défaut de ronces - qui nous entourent, de telle façon à ce qu'elles ensevelissent l'animal sous leur nombre. Au moins, elles ne le blesseront pas.

« Voilà, bouge pas mon gros, je veux juste t'observer. »

Je m'approche doucement, au cas où il arriverait à se débarrasser de sa prison de lianes. Peut-être que les pics sur son dos sont tranchants ... Je n'ai pas envie d'en faire l'expérience. Il grogne de toute ses forces, se débat et de près, ses défenses me paraissent encore plus impressionnantes. A vrai dire, il est même colossal. Pour tout dire, il atteint presque ma taille - quand bien même je ne suis pas très grand. Et ces défenses ...! Elles sont énormes ! Déesse, faîtes qu'il ne décide pas de m'empaler avec !

« Tu veux pas dormir, le sanglier ? Arrête de te débattre, je vais pas te manger, moi ! Je suis végétarien. »

Les lianes sont mises à rude épreuve sous les ruades du sanglier et je décide d'en rajouter une couche, au cas où. Dommage qu'il n'y ait pas d'épines aux alentours, je suis certain que ça le calmerait un peu. Je passe ma main entre les cordes végétales, évitant sa bouche et ses dents prêtes à me broyer les doigts, et j'attrape l'un des pics. C'est solide mais ça a tout de même l'air cassant. ...

En effet, c'est cassant.

« Oups, je crois que je l'ai mis en colère. Alvanyannni, je pense que tu peux descendre sans trop de problèmes maintenant. Regarde. » Je lui tends le pic. « Il y a même des petites épines sur ses pics ... Impressionnant. Tu crois que je peux en prendre un autre bout ? Tu veux un souvenir de Luun ? » Je ris jaune. « Désolé, les Archivistes aiment bien que je leur ramène des bouts. »

Et il grogne encore.
S'il sort de sa prison végétale, il va me manger, c'est sûr.

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MessageSujet: Re: [Luun] A la recherche des parasites » PV Alva.   Mer 14 Mai - 9:32


Le moins que l’on puisse dire c’est que son nouveau compagnon n’avait pas plus envie que cela de répondre de façon précise à la rouquine ou alors elle-même était trop curieuse pour se contenter des réponses évasives du renardeau. Par conséquent, elle ne s’en voulait pas trop de l’avoir bousculé un petit peu ni même de le laisser se débrouiller avec la créature on ne peut plus hostile que le hasard avait placé sur sa route.
Peut-être que cela n’avait en fait rien à voir avec le hasard, peut être sa déesse y était-elle pour quelque chose ou alors les archivistes… A se demander,  même si elle, pauvre néo arpenteuse,  ne faisait pas partie des dits spécimens qu’il avait l’intention de rapporter aux archivistes. Des humains n’avaient rien d’extraordinaire, mais des humains sous l’emprise d’un singe…  Ou alors ?... N’aurait-elle pas servi d’appât ? Cette pensée eut le don de la rendre furieuse alors qu’elle escaladait sans peine l’arbre et se sentait plus en sécurité.
Elle reprit son calme en s’asseyant confortablement sur une branche maîtresse. Après tout ce n’était le fruit que ses élucubrations…

Voyons plutôt ce que comptait faire la boule de poils, ma fois de plus en plus mystérieuse si elle se pensait capable de se mesurer à ce monstre. De son côté, même si Alvanyannni se sentait revigorée depuis sa mésaventure avec le singe, elle préférait toujours éviter ce genre de confrontation. Il faut dire que son plan, s’il abritait aussi ses bêtes féroces, n’était pas aussi hostile et qu’il lui était plus souvent arrivé de lier des relations de confiance avec les animaux que d’avoir à les fuir ou à les combattre.

L’apparition du mur de terre confirma ce qu’elle pensait de Kobito et ce qu’il lui avait dit, mais ce fut la pousse accélérée des lianes qui impressionnèrent le plus la demoiselle. En quelques secondes l’animal se retrouva empêtré, garrotté, ligoté sans possibilité de s’échapper même s’il pouvait encore secouer sa prison.
La jeune femme apprécia à sa juste valeur ce tour de force d’autant qu’elle n’avait encore jamais vu pratiquer ce genre de magie. Une moue admirative se dessina sur sa jolie bouche.

*Pas étonnant qu’il se sente aussi à l’aise par ici…*


A se demander pourquoi il prenait ensuite autant de précaution, avec de tels dons, il ne risquait pas grand-chose dans une forêt…
Cette pensée sema le trouble et le doute dans l’esprit de la musicienne. Etait-elle vraiment en sécurité sur son arbre ? Qui a dit qu’aucune bête malfaisante ne les hantait ? Elle jeta un regard dans les branchages et les feuillages qui l’entouraient soudain très mal à l’aise.

*Rien apparemment, mais restons sur nos gardes…*

Son attention revint alors vers le couple renard sanglier. Drôle de couple pour tout dire mais le renard semble bien décidé à faire ami-ami avec la grosse bête… Bizarre non ?
Evidemment s’il est végétarien….

*Mais que fait-il ?*

Autant décidée par sa curiosité que par l’invitation du mage de la nature, Alvanyannni sauta lestement au pied de l’arbre, pour se voir brandir sous le nez un pic hérissé de barbelés.

« Hé ! Mais ça saigne ce truc ! Ce n’est sûrement pas un simple piquant…
Non merci je crois que je peux m’en passer… »


Doucement elle repousse la patte du Kitsune avec une moue dégoûtée

« Et bien, ne déçois surtout pas les archivistes. Fais-toi plaisir… »

Un soubresaut plus vigoureux que les autres ne lui laissa pas la temps de finir sa phrase. Le sanglier, ne semblait pas décidé à attendre bien sagement que son geôlier décide quoi faire de lui…

*Pas envie de me faire piétiner ou pire encore pas cette horreur !*

Elle porta sa flûte à sa bouche et entama une sonate aux accents de paix et de sérénité. La musicienne peut susciter des émotions aux êtres vivants qui sont dans la direction de sa musique. Evidemment lorsque la bestiole est furibarde cela peut prendre un peu de temps avant de s’accomplir, mais ligoté comme l'est la créature, cela devrait suffire... En effet, petit à petit, les grognements se font plus espacés et les ruades de moins en moins violentes jusqu’à cesser complètement. Finissant son morceau tout en douceur par une trille en decrescendo, la jeune femme, assez satisfaite de son œuvre se tourna vers son compagnon.

« Veux-tu que je l’endorme complètement ? »
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MessageSujet: Re: [Luun] A la recherche des parasites » PV Alva.   Jeu 15 Mai - 17:20

La forêt, les arbres, l'odeur de la nature proche de moi, tout cela me rappelle mon plan d'origine. La terre meuble sous mes pieds, les fleurs qui bordent la rivière, l'ombre des fougères sur le sol, tout cela me manque. J'ai soudainement envie de retourner sur Pthian, malgré les dangers et les bêtes féroces. Je regrette un peu les gigantesques forêts de mon enfance ... Peut-être est-il temps de retourner sur Shinrin. J'irais dire bonjour à mes parents, s'ils se rappellent encore de moi.

Mais là n'est pas le problème.

Il vient de se passer un truc énorme. Parce que pendant que j'étais en train d'observer en détail le pic sanglant dans ma main, la bête s'est calmée. Et pas toute seule. Je n'avais pas capté la situation, trop concentré sur l'objet de mes réflexions, mais la musique qui a retentit quelques secondes auparavant venait de la flûte de la demoiselle. Incroyable, son truc. Je la regarde en souriant, sans comprendre d'où vient le sentiment de fierté que je ressens. Ce n'est pas mon élève que je sache ...!

« Hé, c'est cool ton truc ! Tu peux vraiment l'endormir totalement ? Ce serait gentil, ça éviterait qu'il souffre trop ... »

Parce que je ne compte pas m'arrêter là. Mais en même temps, je n'ai pas envie de le tuer pour le disséquer. Je préfère me contenter de petits morceaux peu encombrants et qui repousseront sûrement. J'espère. J'approche mon visage de ses défenses énormes, curieux. On dirait de la corne mais quand je place une griffe dessus - pourtant bien acérée, je n'arrive même pas y laisser une petite - même infime - rayure.

« Ça a l'air tellement solide ! Je n'arriverais sûrement pas à la détacher de ce corps sans brutalité alors j'abandonne. Dommage que Yamrah ne soit pas là, il aurait fait un joli dessin de la bête ... Enfin bref. Reprenons notre route, il arrivera sûrement à sortir d'ici mais nous serons déjà loin. »

Je coince le pic dans l'un des harnais, reprends mon bâton bien en main et adresse un sourire encourageant à la mage de feu. Tout cela doit être vraiment nouveau pour elle et même moi, qui n'en suis pourtant pas à mon premier voyage entre les plans, suis quelque peu inquiet. Pas trop, puisque je pense pouvoir affirmer sans doute que les animaux d'ici ne m'attaqueront pas mais la faune n'est pas le seul danger existant.

« Allez, j'ai hâte de rencontrer un parasité. »

Je contourne le sanglier pour continuer notre chemin à travers la forêt, sans savoir où cela mène. Mais si nous continuons toujours droit, il arrivera bien un moment où nous sortirons d'ici, non ? A moins que nous ayons atterri sur un plan comme le mien, uniquement composé de forêts à perte de vue ... Ce n'est pas pour me déplaire mais j'ai des doutes. Après tout, il y a des méduses qui viennent d'ici. Donc il doit y avoir une mer ! Ou un océan. Je n'aime pas l'eau salée mais je suis certain que l'on peut trouver des spécimens aquatiques très intéressants, là-bas.

« Au fait, Alvanyannni. Comment es-tu devenue Arpenteuse, si ce n'est pas indiscret ? »

Il paraît que pour beaucoup d'entre nous, l'étincelle est apparue dans un moment traumatisant. Alors j’espère que je n'ai pas touché une corde sensible, je ne suis pas prêt à assister à une crise de larmes dans toute sa splendeur. Je ne suis pas très doué pour réconforter les gens.

Je suis un Kitsune, pas une peluche ou un doudou.

Et j'ai beau être un renard aimant marcher, j'ai l'impression que la forêt s'épaissit de plus en plus alors que nous avançons. Ma petite taille me permet de passer à peu près n'importe où mais en me retournant, j'ai l'impression que la demoiselle a bien plus de mal que moi. Les branches s'accrochent dans ses cheveux, les racines nous obligent à lever les pieds et de nombreuses ronces sont agrippées à ma fourrure. Quelle galère.

« Le sol est en pente, non ? J'ai l'impression que nous descendons en Enfer ... Par la Déesse, qu'est-ce que c'est que ce plan ?! »

A peine ai-je fini ma phrase que nous débouchons devant l'immense ouverture d'une grotte sombre, qui me fait lever la tête.

« J'ai pas envie de parler de malheur mais ... pourquoi ai-je l'impression qu'un ours gigantesque va sortir d'ici pour nous dévorer ? »

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MessageSujet: Re: [Luun] A la recherche des parasites » PV Alva.   Ven 16 Mai - 15:33


La jeune femme n’était du genre frimeur, mais ce n’était pas tous les jours qu’on lui lançait des compliments depuis qu’elle avait atterri sur l’interplan. Elle en avait entendu même des vertes et des pas mûres de la part de son mentor, parfois désespéré par la progression trop lente de sa protégée :
« Tu crois que vais pouvoir m’éterniser auprès de toi et que le monde des arpenteurs et un monde de gentil tout plein ? Si tu n’es pas capable de te protéger avec tes dons tu seras vite la proie d’un plus puissant ! Concentre-toi, par les cinq plans ! »

Elle ne put donc retenir un sourire qui illumina son visage de gratitude envers le Kitsune. Sans prendre la peine de répondre, elle ramena son instrument à ses lèvres et reprit doucement un air envoûtant qui permit au sanglier de sombrer dans une léthargie bienheureuse. Qui eut cru que quelques minutes plus tôt, la créature était sur le point de déchiqueter tout ce qui se trouvait sur son passage ?

Kobito ne pouvait qu’être satisfait de son office et Alavanyannni l’observa faire tout en caressant son instrument. Il semblait déterminer à prélever des échantillons, mais dut s’abstenir devant la solidité des défenses. Qu’espérait-il ? Après avoir découvert la nature des piquant qui hérissaient  le monstre, il devait bien s’attendre à ce que ses armes buccales soient on ne plus résistantes… Elle haussa les épaules en emboîtant le pas à son compagnon.

« Yamrah ? Un autre renard à deux pattes ? »

Elle n’était pas sûre d’obtenir une réponse mais la question avait instinctivement passé le seuil de sa bouche mue par sa curiosité naturelle. Qu’on ne s’y méprenne pas, non qu’elle soit du genre commère ou addict aux cancans, mais elle s’intéressait à tous ceux qui croisaient son chemin et tout ce qu’elle pouvait apprendre sur les gens. Son compagnon était assez extraordinaire pour attiser cette facette de la musicienne. D’ailleurs sa façon de ranger ses échantillons était pour le moins curieuse…

« Un sac ne serait-il pas plus pratique pour ranger tout ça ? »

Elle jeta un dernier regard à la prison de liane dans laquelle était assoupi le sanglier.

« Un parasité ? Une bestiole qui aurait rencontré un singe… ?

La forêt ne semble pas vouloir s’éclaircir et devait contenir encore des créatures pour le moins hostiles et la jeune femme jetait autour d’elle des regards inquisiteurs aux enchevêtrements de lianes de fourrés et vers la canopée…
S’il n’était pas preste à répondre aux questions, il ne se gênait pas pour poser des questions directes ce « cher » Kobito. Les souvenirs affluèrent à l’esprit de l’exilée car c’est bien ce qu’elle était devenue depuis l’étincelle. Le semblant de fierté que la remarque du renardeau lui avait insufflée disparut et un silence pesant s’installa entre les compagnons de marche. Son regard se portait maintenant à l’intérieur vers ses souvenirs dont la plupart demeuraient teintés de mystère.
Il fallut quelques minutes avant qu’elle ne se racle la gorge et commença d’une voix sourde :

« Une créature a attaqué mon village et a sans doute tué tous mes proches, je ne sais même pas s’ils ont pu s’échapper ... »

Que pouvait-elle ajouter d’autre ? Qu’il ne se passait pas une journée sans qu’elle mette tout en œuvre pour rentrer chez elle ? Que la peur que son plan n’ait été détruit la tenaillait chaque fois qu’elle échouait dans ses tentatives pour y retourner ? Que malgré son optimisme elle portait en elle la culpabilité d’être toujours de ce monde ? Oui mais quel monde ?
Celui dans lequel elle essayait de se frayer un chemin lui semblait de plus en plus opaque et hostile. Son visage était fouetté par des rameaux agressifs ses cheveux  décoiffés par les ronces et autres épines lui donnait l’air encore plus d’une sauvageonne et elle ne comptait plus les accrocs à ses vêtements. La colère qui grandissait en elle contre les éléments qui semblaient se dresser contre elle chassa la tristesse ravivée par la question malvenue de Kobito.

« Et encore toi tu as chois d’y arriver… J’espère que les archivistes te paieront tes peines à leur juste valeur »

Son ton était plus acerbe qu’elle ne l’aurait souhaité. Elle s’épongea le front d’un lambeau de manche avant de lever la tête vers le haut de l’ouverture d’une grotte. Cela pouvait signifier la fin de cette maudite forêt, mais aussi la plongée dans les entrailles de ce monde. Devait-elle s’en réjouir ou le craindre ? Evidemment si la créature attendue par le Kitsune se manifestait cela répondrait à cette question…

« Ou alors l’ours a été déjà dévoré par une bestiole encore plus grosse… »

Les minutes étaient vraiment à l’optimisme partagé.

« Disons que ça peut faire un abri temporaire le temps de reprendre des forces et après on avisera. Si jamais on a de la chance c’est un passage vers un endroit plus accueillant que cette mer végétale... »

Elle désigna d’un large mouvement du bras, la forêt d’où ils arrivaient.

« On va bien trouver un peu de bois sec pour allumer un feu à l’entrée de la grotte…
Qu’en penses-tu ?»

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MessageSujet: Re: [Luun] A la recherche des parasites » PV Alva.   Sam 17 Mai - 11:48

Je ne peux m'empêcher de rire devant la réponse d'Alvanyannni, un sourire narquois sur les lèvres. Une bête plus grosse, hein ? Elle n'est pas plus optimiste que moi mais on a toujours dit qu'il faut se préparer au pire pour ne pas être pris au dépourvu, non ? Même si j'avoue ne pas vraiment adorer l'idée que quelque chose de plus gros qu'un ours puisse débarquer sans prévenir. Ici, nous ne sommes plus réellement dans la forêt et je risque d'avoir du mal à trouver quelques végétaux utiles. Et quand bien même la terre de la grotte me permettrait d'utiliser mon mana rouge, je n'en ai guère envie.

« Tu as raison. Reposons-nous un peu avant de reprendre la route, nous l'avons bien mérité. Assieds-toi, je m'occupe du bois. »

Je retourne à la lisière de la forêt, quelques pas plus loin, à la recherche de bois suffisamment sec pour prendre feu. Je ne sais pas si c'est réellement une bonne idée d'éclairer notre position mais il paraît que la plupart des animaux ont peur du feu ... Cela pourrait toujours nous être utile. Après avoir amassé une quantité suffisante de branches sèches, je les dépose à l'entrée de la grotte, près de l'un des murs.

« Je te laisse t'occuper du feu. »

Je m'assois alors, adossé au mur. J'hésite à me défaire de mes harnais mais si nous sommes amenés à déguerpir rapidement, je n'aurais pas le temps de les rattacher. Et puis, ils ne me gênent pas tant que cela, en fin de compte. Ce serait embêtant que je les perde ou les oublie quelque part.

« Je n'ai pas répondu à toutes tes questions alors ... profitons-en. Yamrah, c'est un chat que j'ai rencontré sur Pthian. Il maîtrisait le blanc et c'était un couturier. Il savait très bien dessiner. Et c'était lui qui était censé coudre mon sac mais je n'ai pas eu le temps de le revoir avant de repartir sur un autre plan donc ... Je me débrouille comme je peux ! » J'attrape le pic et l'observe à la lumière du feu. « Je suis navré pour ton plan, j'espère que tu le retrouveras, et tes proches avec. »

C'est une douleur que je ne peux pas comprendre. J'ai eu la chance d'obtenir mon étincelle dans des circonstances relativement calmes, par rapport au reste des Arpenteurs, et mon plan existe encore ainsi que toute sa population. Cela doit être dur de ne pas savoir si sa famille vit encore ou non, ou si on la reverra un jour. Pauvre demoiselle, j'espère qu'une Déesse la protège également.

Je lui montre le pic.

« Un parasité, c'est un humain qui est entré en ... symbiose avec un animal de ce plan. Pas forcément un singe. Ça aurait pu être un sanglier comme celui que l'on a croisé. Ou un oiseau. Un poisson. Que sais-je encore. »  Je remets le pic à sa place et soupire. « Si tu m'aides jusqu'à la fin de ma mission, tu seras également récompensée par les Archivistes. Normalement. » Je désigne un endroit proche du feu. « Tu devrais te reposer un peu, je vais monter la garde. Je te réveillerais en cas de problèmes. »

En espérant que la bête n'ait pas mangé l'ours ...

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MessageSujet: Re: [Luun] A la recherche des parasites » PV Alva.   Dim 18 Mai - 6:22


Le sourire du renardeau la laissa circonspecte. Il lui semblait bien l’avoir entendu rire, mais le rictus qui découvrit ses petits crocs ressemblait autant à une menace qu’à un sourire. Sans doute cela était-il tout simplement du à ses accointances de canidé.  Un instant mal à l’aise, la jeune femme préféra ne pas se formaliser pour cela, en tout cas pour l’instant. Surtout qu’il se chargeait de la corvée de bois. Quelqu’un d’aussi prévenant ne pouvait pas être complètement mauvais et Alavnyannni devait se remettre des dernières heures vécues dans ce lieu qu’elle n’avait jamais voulu rejoindre.

Elle se laissa glisser contre la paroi de l’entrée de la grotte pour s’asseoir et les derniers événements repassèrent devant ses yeux comme un film un peu irréel. Les paroles de Kobito qui lui revenaient en mémoire semblaient venir du fond d’un puits. Sa tête tomba sur sa poitrine ce qui suffit à la réveiller. A moins que ce ne soit le glissement venant de l’intérieur de la grotte ?
Soudainement parfaitement éveillée, tous ses sens se tournèrent vers les profondeurs obscures… Les secondes puis les minutes passèrent pendant lesquelles ses yeux tentèrent de percer les ténèbres de la grotte. Ses oreilles de musicienne frémissaient à chaque son. Ses poils se hérissaient à la moindre brise et les ailes de son nez délicat se soulevaient à chaque effluve. Mais tout ce qui lui parvenait venait de la forêt. Rien. En tout cas rien de plus qu’avant son assoupissement
Ce devait être le fruit de son sommeil venant traîtreusement la prendre. Elle regarda autour d’elle, son compagnon n’était pas revenu, il ne devait donc pas s’être écoulé beaucoup de temps. Cela finit de la rassurer.

*Si le lieu est aussi accueillant que le reste de ce coin, tu ne devrais pas t’endormir à moins que tu ne tiennes à finir vidée par la langue d’un singe ou autre joyeuseté de ce genre…*

Sa rencontre avec la quadrumane n’avait pas fini semblait-il de la traumatiser… Heureusement, le retour du Kitsune la sortit de ses souvenirs et de ses considérations macabres.

Elle s’accroupit bien vite auprès du tas de bois et se mit en devoir de confectionner un feu, tâche bien aisée pour une fille de la campagne, de la nature devrait-on plutôt dire, habituée à errer des jours entier dans les collines. Il n’y avait rien de tel pour inquiéter ses proches mais c’était maintenant un temps révolu et il n’en restait que ses compétences de survie, enfin de survie lorsqu’elle se trouvait dans un milieu tout venant : les milieux extrêmes lui étaient inconnus; son aventure en cours le lui prouvait sans ménagement. Du moins ses nouvelles compétences de pyromanciennes allaient-elles lui être utiles.

Un claquement de doigt précéda les craquements du bois mordu par les flammes. Bien vite les flammes montèrent joyeuses et lui firent oublier la forêt et la grotte alors que la pénombre de la nuit s’ajoutait à celle des futaies.
Le feu sembla avoir un effet décontractant aussi pour l’explorateur des archivistes qui se prêta enfin à quelque confidence et un peu d’empathie…
Tandis qu’il s’efforçait de répondre à sa curiosité passée, la jeune rouquine fouilla dans sa poche de ceinture pour…
… y trouver quelques fruits secs oubliés là après sa dernière escapade avec son maître. Elle goûta une figue. Elle était encore comestible sans répondre à son compagnon à la mention de ses proches et de son plan elle lui tendit quelques fruits.
Alors qu’elle mâchait lentement le reste de fruits_ tant pis s’il n’en restait pas pour demain, de toute façon elle n’avait pas l’intention de s’éterniser ici_  elle écouta avec attention les explications sur les parasités.

Alors c’était ça ? Mais alors cela voulait dire que n’importe qu’elle créature pouvait se révéler être une menace potentielle ? Et comble d’injustice cela ne concernait que les humains donc elle car dans cette forêt elle devait bien être la seule de son espèce dans un rayon de…
…bref, un rayon important. Pourvu  que le singe n’ait pas passé le message à toute la canopée !
Elle entendait déjà toute la forêt hurler : « Il y a une petite rouquine qui ferait une hôte parfaite ! »

C’était sûr maintenant, elle était en plein cauchemar, elle allait se réveiller elle se précipiterait à la bibliothèque pour y trouver mention de ce plan et de cette horrible symbiose et on lui rirait au nez et elle ressortirait et le soleil lui réchaufferait la peau et elle se moquerait de son imagination…

« T’aider ? Pourquoi pas mais le seul rôle que je me vois jouer ne me plait guère… En fait je rentrerais bien le plus vite possible… »

Elle sourit,  reconnaissante, au renardeau avant de se lover contre la paroi de l’entrée de la grotte non loin du feu. Des mots et des images plus que des scénarii dansaient dans son esprit embrumé par la fatigue.

*Archiviste, Kobito, parasité, humain, spécimen, Kobito, spécimen, humain, parasité, archiviste*

Elle se mit à courir éperdument, poursuivie par la faune entière du plan, des milliards de langues, de griffes crocs et tentacules affamés…
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Kobito Youko

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MessageSujet: Re: [Luun] A la recherche des parasites » PV Alva.   Mer 21 Mai - 15:08

Le feu brûle joyeusement et je me perds dans la contemplation des flammes. Dans mon champ de vision, Alvanyannni allongée sur le sol. Ses cheveux étalés sur le sol semblent être un prolongement des langues de feu. Son sommeil semble agité mais je n'ose pas la réveiller, elle a besoin de repos et elle l'a bien mérité. Pour un premier voyage, le destin n'est pas des plus gentils avec elle. Et il faut avouer que pour le moment, elle se débrouille plutôt bien. Elle arrive à me suivre partout sans réellement rechigner et elle est même utile - elle sait allumer un feu !

Je me cale plus confortablement contre le mur de la grotte.

Je me souviens de mes premiers moments en tant qu'Arpenteur et de la joie que j'ai ressenti lorsque j'ai compris que j'avais trouvé la voie que la Déesse m'avait réservé. Et quand bien même l'arrivée de mes nouveaux pouvoirs m'a grandement perturbé, je ne les ai jamais reniés. J'aime le lien qui me lie au mana vert et à la flore, il m'est précieux. Je me rappelle également de mon arrivée sur l'Entre Monde et de la confusion qui a régné sur mon esprit pendant de longs instants.

Mais maintenant, je suis content d'être un Arpenteur.

Je laisse passer de longues heures avant de décider de réveiller Alvanyannni, en lui secouant légèrement l'épaule. Ses derniers moment de sommeil m'ont paru bien plus calmes qu'au début et j'espère qu'elle a bien profité du repos accordé. Parce que j'ai l'intention de m'enfoncer dans cette grotte et que j'ai l'impression qu'il va falloir avoir le cœur bien accroché. Et les sens aux aguets. Je lui offre un sourire bienveillant.

« Bien dormi ? Je n'ai pas osé te réveiller pendant tes cauchemars mais j'espère que ce n'était pas trop horrible. Je te laisse 5 minutes pour bien te réveiller puis nous irons explorer cette grotte, qui me semble parfaitement accueillante ! » Je me souviens ensuite de sa remarque, faite avant de s'endormir. « Ne t'inquiète pas, je n'ai pas l'intention de te faire jouer le rôle d'appât ! Et tu sais, j'apprécie ton aide et un peu de compagnie ne fait jamais de mal. Enfin, si tu veux rentrer sur l'Entre Monde, je ne te retiendrais pas ... »

Je me relève totalement et époussette ma fourrure. Mes harnais sont encore bien fixés dans mon dos et mon bâton n'a pas disparu mystérieusement. Tout est bon. Au dehors de la grotte, à la limite entre là où nous sommes et la forêt, la lumière est faible. Le jour doit être en train de se lever sur ce plan.

« Bon. Moi j'y vais. Si tu veux repartir, à la prochaine. On se reverra sûrement. Sinon et bien ... Tu peux me suivre ! »

Et sur ces belles paroles, je m'engage d'un pas décidé vers le fond de la grotte. Je ne sais même pas si la demoiselle sait assez bien transplanner pour rentrer toute seule. Cependant, comme je le pensais, la caverne ne s'arrête pas et peu à peu, le sol continue de descendre alors que le plafond est toujours bien au dessus de ma tête - même si ce n'est pas très compliqué, j'admets. J'ai le sentiment que je vais atterrir sur un vaste réseau de couloirs souterrains qui m'amèneront au final ... je ne sais pas encore où.

Peut-être dans une immense salle de roche, où se sont installés les méchants du plan.

Mes parents m'ont raconté trop d'histoires quand j'étais jeune. Je soupire devant mes élucubrations mentales inutiles. J'aimerais bien tomber sur un parasité souterrain, un humain capable de vivre sous la terre sans avoir à remonter à la surface, capable de vivre sans lumière. Toutefois ... Ne risque-t-il pas de brûler sous le soleil de l'Entre Monde ? C'est une question que je ne peux négliger. De toute façon, si je ne trouve rien ici, je repartirais dans la forêt pour chercher des spécimens plus adaptés.

C'est alors que le chemin se sépare en trois.

« Lequel choisir ...? »

Je réfléchis à haute voix.
Comme si je n'étais pas tout seul.

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Alvanyannni

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MessageSujet: Re: [Luun] A la recherche des parasites » PV Alva.   Sam 24 Mai - 7:53


« L’avantage du sommeil  c’est qu’il vous lave de tout ce qui vous empêche d’aller de l’avant »
Lorsque sa mère lui disait cela alors qu’elle n’était qu’une enfant, elle ne croyait sans doute pas si bien dire. Même les cauchemars servent à cela. Après avoir ravagé vos songes, ils finissent par s’évanouir, ridicules fantômes éphémères et vous laisser comme un matin bleu après l’orage.

C’est donc l’esprit reposé et les dernières informations sur sa situation digérées qu’elle se réveilla. Le sourire du Kitsune ne lui parut plus aussi carnassier que la première fois et effectivement, elle n’était semble-t-il pas parasitée par un autre organisme. Les choses n’allaient donc pas si mal. Pour la première fois depuis qu’elle était arrivée ici elle se reconnaissait, optimiste, enjouée, toujours prête à de nouvelles expériences. Se redressant assise contre la paroi avant de se lever complètement, elle eut un sourire moqueur à son encontre, mais tout le monde peut avoir des moments difficiles non ? Difficile mais dont après tout elle ne s’était pas si mal sortie, avec à la clé, quelques petites leçons à méditer.

Enfin sur ses deux pieds, rien ne valait un état des lieux avant une nouvelle étape, tout en écoutant d’une oreille distraite les propos somme toute assez rassurant de son compagnon qu’elle appréciait de plus en plus. Elle se regarda de la tête aux pieds. Ce n’était pas brillant mais au cœur de ce plan, l’heure n’était pas à coquetterie. Ses vêtements étaient déchirés à plusieurs endroits, ses cheveux constellés de brindilles, de toiles d’arachnide. Une de ses manches ne tenait plus que par quelques centimètres de couture à l’épaule. Elle finit de la détacher d’un coup sec et s’en servit de lien de fortunes pour relever ses mèches rousses et se les nouer en chignon. Ce serait sans doute plus pratique pour passer d’autres enchevêtrements.

Elle jeta un regard amusé et reconnaissant au renardeau lorsque celui confirma qu’il ne comptait pas sur sa présence en tant qu’appât. Voilà au moins une chose dont elle n’aurait plus besoin de se préoccuper. Un dernier regard à la ronde pour s’assurer qu’elle n’oubliait rien avant de…
Mais…

*He ! Mais c’est qu’il est déjà parti sans même attendre ma réponse celui-là !*

Un tel manque de savoir vivre la laissa quelque secondes interloquée, les poings sur les hanches, pieds écartés face à l’entrée de la grotte. Elle se mit à grommeler pour elle-même  tout en se penchant près des restes du feu à la recherche d’une branche.

« Il voit peut être dans le noir mais pas moi. Ah ! Voilà qui fera l’affaire… »

Nouveau claquement de doigts. Décidément ce nouveau don était bien pratique. Elle laissa un sourire narquois se peindre sur son visage, tout en admirant la jolie flamme prendre naissance sur sa torche de fortune.

*Alav ma grande tu es bonne à marier…*

Avec son nouvel état d’arpenteuse, nul doute que le mariage allait être du domaine du plus qu’hypothétique. Cela tombait bien pour quelqu’un qui n’y avait jamais accordé beaucoup d’attention comme si quelque chose lui avait toujours dit qu’elle aurait bien d’autre chose à faire que de s’occuper d’un foyer.

*Pas le moment de trainer sinon tu vas le perdre*

Elle parlait de Kobito bien sûr, pas du mariage.
Elle s’engagea donc résolument sous terre, sa torche devant elle pour lui éclairer la route. Mais où était passé la boule de poil ? Fallait-il qu’il soit pressé ! Elle se concentra afin de percer les ténèbres et ce furent ses oreilles qui plus apportèrent un léger, un ténu bruit de pattes.

*Heureusement que les renards n’ont pas de griffes rétractiles, sinon tu l’aurais perdu…*

Elle se dirigea donc dans la direction indiquée tout en admirant l’œuvre de la nature. Combien avait-il fallu de millénaires à l’eau pour creuser de tels couloirs ? Mais cela devait être il y a bien longtemps car la roche semblait sèche et nulle concrétions ne constellaient les plafonds et le sol de la grotte. Lorsque le cours d’eau avait abandonné les lieux, il n’avait été remplacé par aucune infiltration. Enfin, c’est ce qu’elle avait retenu d’une découverte fortuite qu’elle avait faite chez elle à l’occasion  de sa première rencontre avec le vieil Elfe qui allait devenir son maître de musique et son ami.

Enfin, Kobito sembla s’arrêter. Il était devant trois ouvertures et semblait en pleine expectative. Elle le rejoignit alors qu’il s’interrogeait à haute voix et que les soubresauts de la flamme de sa torche semblaient lui donner la réponse.

« Un courant d’air semble venir de là… »

annonça-t-elle en avançant son brandon en direction du tunnel de gauche, passant devant le renardeau par la même occasion.
Elle se retourna avec un grand sourire avant de plonger dans l’ouverture.

« On y va ? »

Souriante de plaisir, elle était bien trop contente pour une fois de prendre l’initiative dans le couple étrange que les deux arpenteurs formaient sous terre et de le laisser derrière comme il l’avait fait quelques minutes plus tôt. C’était sans méchanceté aucune, mais juste pour lui prouver qu’elle était enfin partie prenante dans l’aventure…
Mais elle ne fit pas plus de quelques dizaines de mètre avant de figer et de se tourner vers son compagnon le doigt sur le bouche.
Ce bruit, ce froissement, ce frottement, le même que lorsqu’elle était seule… Sous l’emprise de la fatigue, elle l’avait complètement oublié et il se rappelait maintenant à sa mémoire…
Instinctivement elle plaqua la torche contre le paroi derrière elle afin de limiter son rayonnement…
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MessageSujet: Re: [Luun] A la recherche des parasites » PV Alva.   Mer 28 Mai - 12:48

Elle m'a suivi, finalement. Je suis sûr qu'elle pourra faire une bonne Arpenteuse, une fois qu'elle sera un peu plus habituée au ... métier, si je puis dire. Je me retourne donc vers elle et observe son visage à la lueur de la flamme qui éclaire les murs. Son regard semble rempli de détermination et j'ai l'impression qu'elle a bien l'intention d'aller jusqu'au bout de la découverte de ce plan. Tant mieux.

« S'il y a un courant d'air, cela indique une sortie, non ? » Je souris. « Or on veut desce- »

Je m'arrête au milieu de ma phrase et tend l'oreille. Je n'aime pas trop ce que j'entends, ce léger frottement qui ferait presque hérisser tous mes poils. La curiosité me pousse à aller voir quel genre de monstres peut faire ça et la peur m'encourage vivement à rebrousser chemin afin de prendre un autre passage. Mais c'est peut-être là l'occasion de trouver un spécimen intéressant !

« On y va, je veux voir ça. »

Je chuchote mais l'injonction se sent clairement dans ma voix. Je ne suis pas réellement contre le fait que Alvanyannni prenne des initiatives mais contrairement à elle, j'ai une mission à remplir. Et il est hors de question que je rentre les mains vides. Les Archivistes risqueraient de ne pas trop apprécier si je leur dis que la découverte d'une nouvelle Arpenteuse m'a détourné de mon but principal.

« C'est dommage que tu ne puisses pas voir dans le noir. » Mes sens bien plus affutés que ceux d'un humain me permettent de me repérer parfaitement - comme quoi, c'est cool d'être un renard. « Tu devrais éteindre la torche, tu risques d'avoir besoin de tes deux mains. Tes dons en flûte pourraient être utiles. »

Sur ces bonnes paroles, je me positionne juste devant elle pour que même malgré l'obscurité, elle puisse me suivre. J'en profite également pour lui donner quelques indications grâce à ma queue, en espérant qu'elle évite tout de même de marcher dessus. Le frottement se fait de plus en fort, au fur et à mesure que nous nous rapprochons.

Puis ils sont là.

Je m'arrête et exerce une légère pression sur la jambe de la jeune femme pour qu'elle fasse de même. Devant nous, un troupeau, si je puis l'appeler ainsi, de ... je ne sais pas trop en fait. Cela ressemble fortement à des salamandres mais elles ont des ailes. Des ailes de chauve-souris. On dirait un peu des dragons, à vrai dire. Mais des mini-dragons. Certains sont posés sur le sol, d'autres planent dans les airs. Je n'ai pas l'impression qu'ils nous aient repéré, mais ce ne doit pas être une mauvaise chose. Ils n'ont pas l'air extrêmement dangereux mais qui sait de quoi ils sont capables ?

Je fais part de toutes mes observations à la mage rouge.

Certaines des salamandres-chauve-souris atteignent sans doute plus de cinquante centimètres de long mais la moyenne semble être une trentaine. Il faudrait que j'en attrape quelques-unes.

« Tu crois que tu serais capable d'endormir toute la pièce devant nous ? » Après une pause, j'ajoute le plus discrètement possible, pour ne pas déranger les mini-dragons. « Enfin, c'est juste pour éviter qu'ils nous attaquent. Après, si tu peux en assommer juste quelques-uns, ce sera suffisant. Mais sois prête à te défendre, au cas où. »

Allez, à ton tour, ma belle.

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MessageSujet: Re: [Luun] A la recherche des parasites » PV Alva.   Ven 30 Mai - 8:47


Pas mécontente de l’effet qu’elle vient de produire, elle aurait bien agrémenté son sourire d’un petit quelque chose de moqueur mais bien vite elle réalisa que ce n’était en rien elle qui avait provoqué la réaction du Kitsune. Elle aurait dû s’en douter. Depuis le début elle faisait office de second couteau et le renardeau était obnubilé par ses échantillons. De plus c’est bien elle qui lui avait fait noter le bruissement. Elle ne s’attendait tout de même pas à ce qu’il laisse passer une occasion de remplir son précieux harnais non ?

Allez ! Il fallait bien lui rendre justice, il avait des compétences qui le mettaient en meilleure posture pour analyser la situation. Oui en effet, ses dons naturels de goupil étaient ici un avantage. Elle se prit à s’imaginer avec les mêmes dons, mais c’était le chat qui lui venait à l’esprit plus que le renard…

*Hum entrer en symbiose avec un chat…*

Elle secoua la tête pour chasser bien vite cette image de son esprit. Jeu dangereux dans lequel on ne pouvait pas savoir qui prendrait le dessus, du chat ou de la femme et il y avait bien des choses de sa condition qu’elle comptait bien ne pas sacrifier. Mais l’heure n’était pas à la rêvasserie. Elle laissa Kobito lui passer devant avec prudence.

Nul besoin de lui demander d’éteindre sa torche s’était déjà fait. Le « on y va » décidé de la petite créature rousse avait suffi à lui faire neutraliser sa flamme. Elle posa doucement sa torche au sol et posa sa main sur l’épaule de son guide dans les ténèbres. Son épaule ou autre chose, dans le noir et étant donnée la petite taille de Kobito elle n’en était pas absolument sûre, mais la fourrure qui se glissait entre ses doigts était assez parlante pour qu’elle sache qu’elle était posée au bon endroit…  Dans son autre main le froid du métal de sa flute faisait un contraste saisissant…

*Très douce cette fourrure*

Une nouvelle fois l’image de la peluche lui revint à l’esprit. Décidément quelque chose de l’enfance était encore bien vivace chez elle.

*Bizarre ces mouvements d’épaule…*

Réalisant qu’il s’agissait de sa queue, elle relâcha l’appendice vulpin. Si elle avait été une chatte _ mais pourquoi cette idée revenait-elle sans cesse ?_ elle n’aimerait pas du tout qu’on lui tire la queue…. Heureusement elle continuait à sentir le frôlement de la douce fourrure sur ses jambes et s’était assez pour lui permettre d’avancer…

Elle fit de son mieux pour avoir le pas le plus assuré possible. Ce n’était pas besoin de prendre tant de précautions si elle se mettait à trainer des pieds par crainte de rencontrer un obstacle. Ce serait comme crier : « J’arrive préparez-vous une créature sans défense s’offre à vous !... »

Plus par réflexe, elle ferma les yeux, chose effectivement inutile dans le noir, pour plus de concentration, afin d’essayer de ressentir le mieux possible les mouvements de son « renard d’aveugle» et lui faire le plus confiance possible. L’exercice ne dura pas bien longtemps et ils stoppèrent leur progression.

Les créatures doivent être à portée de vue en tout cas du Kitsune…
Pas besoin de faire trop d’efforts d’imagination pour se représenter les créatures dont il s’agit. Le discours de Kobito est assez explicite. En outre, ce genre de créature n’attire pas plus que cela la rouquine obligée de supporter une cécité bien inconfortable.

Elle s’est accroupie à côté de son guide de poche et hoche la tête pour montrer qu’elle a compris. Dans le noir,  elle n’est pas très sûre qu’il la regarde, mais elle applique ce qu’elle sait du commun des mortels : c’est-à-dire qu’il regarde son interlocutrice…

*Toute la pièce ? Ben voyons !...*

Puis, reprenant à son compte les chuchotis du collecteur d’échantillons :

« Je ne sais pas je ne connais pas ses dimensions, mais je vais faire de mon mieux… »

Ce qui lui semblait évident en tout cas c’est que la résonnance du domaine souterrain pourrait à la fois l’aider en amplifiant les sons et à la fois la desservir, ne serait-ce que si elle utilisait sa flute dont les stridences pouvaient fort bien avoir ici l’effet inverse de celui escompté. D’autre part son chant avait l’avantage de mieux se disperser, de rayonner autour d’elle et d’affecter une zone plus étendue que sa flute…

« Il vaudrait mieux que tu restes derrière moi pour ne pas être affecté directement »

Sans attendre de réponse, elle calma sa respiration et commença à modeler son chant dans son esprit avant que son souffle ne vienne caresser ses cordes vocales.

Les notes sortirent fraîches comme une brise souterraine ponctuée par le cristal de gouttelettes de sérénité. Son chant n’était pas articulé, il s’agissait plus d’une mélopée vibrante et enveloppante, faite de modulations ondulant contre la roche. Au fur et à mesure, Alvanyannni ressentait ce que la grotte en faisait et adaptait ses variations pour garder à sa cantate toutes ses qualités siréniennes. Si tout se passait comme elle l’espérait, le premier moment d’étonnement passé, les créatures commenceraient à se sentir engourdies puis à tomber en léthargie, en tout cas celles qui se trouvaient dans son rayon d’action. Elle augmenta graduellement la puissance de son chant pour en emplir toute la grotte. Rien ne lui disait si elle y parvenait effectivement mais à ce stade de son entraînement elle ne pourrait pas faire mieux sous peine de briser l’équilibre de la dentelle qui s’échappait d’elle.

A ce stade, les indications de son compagnon lui seraient précieuses …

Au cas où toutes les salamandres ailées ne seraient pas affectées car trop éloignées, les deux arpenteurs pourraient avancer prudemment pour finir d’atteindre le reste de la salle ou espérer, si les réfractaires  les attaquaient, que leur entrée dans la zone d’effet du chant les mettraient à la merci de l’enchantement avant d’atteindre les intrus qui pénétraient dans leur domaine…
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MessageSujet: Re: [Luun] A la recherche des parasites » PV Alva.   Lun 2 Juin - 16:21

Je m'écarte de quelques pas et me place derrière la demoiselle - je n'ai pas très envie de m'endormir maintenant, j'ai des recherches à mener. Pourtant, la curiosité m'empêche de me boucher les oreilles et j'écoute attentivement les sons, les nuances, formés par la voix de la mage. Et c'est beau. Un peu envoûtant et je sens une certaine somnolence m'atteindre.

Hors de question !

Je me secoue et remue la tête pour me remettre les idées en place et par la même occasion, dissiper les dernières notes présentes dans mes oreilles. Je me demande quels effets aurait eu la musique si je l'avais prise de plein fouet - Alva a quand même réussi à endormir un sanglier bien plus gros et bien plus enragé que moi ... Je préfère ne pas tenter l'expérience.

Concentration, concentration !

Je reporte mon attention sur les mini-dragons dont les mouvements se font de plus en plus lents, de plus en plus désordonnés. Ils ont l'air un peu perdu et certains atterrissent un peu brutalement sur le sol, lâchés par leurs ailes trop faibles pour les soutenir maintenant. Quel spectacle désolant, on dirait une hécatombe. Une pluie de salamandres volantes s'écrasant sur la pierre, ça ferait presque fin du monde.

« Au fond de la grotte, il reste quelques spécimens mais ils n'ont pas l'air très agressifs. Je pense qu'on peut avancer. »

Sans essayer d'interrompre la douce mélodie, je pose ma main sur le bas du dos de la jeune femme et la pousse doucement vers ce qui me semble être le milieu de la pièce, en essayant d'éviter le plus possible d'écraser l'une des créatures. Il ne semble plus y avoir aucun des mini-dragons éveillés. Je nous arrête un peu n'importe où et repose le long de mon corps.

« Je pense que tu peux arrêter, merci. C'est du bon boulot ! Tu peux même rallumer ta torche. »

J'observe autour de nous, me tournant sur moi-même pour ne manquer aucun détail. La pièce est plus ou moins circulaire et nous devons être à peu près à une vingtaine de mètres de l'entrée par laquelle nous sommes arrivés. Le plafond n'est pas très haut, mais assez pour qu'une personne de grande taille puisse se tenir debout. Les murs ne sont pas lisses et quelques stalactites et stalagmites viennent enrichir le décor.

« Un peu lugubre, comme endroit. »

Je m'approche ensuite de l'une des salamandres ailées et la prend dans mes mains. Elle n'est pas bien lourde, de couleur brune et dotée de deux ailes qui ressemblent fort à celles des chauves-souris. Ma vision ne m'avait donc pas trompé.

« Je retire ce que j'ai dit. Les parasitages se font aussi entre des espèces qui ne sont pas des humains. ... Intéressant. »

Je la retourne dans tous les sens pour voir comment elle fonctionne. Les ailes semblent bien ancrées dans sa peau et lorsque je tire un peu dessus, elles ne semblent pas vouloir se détacher - au moins, c'est du solide. Vu la taille, je pourrais peut-être en ramener plusieurs aux Archivistes parce que je crains qu'un harnais ne soit un peu trop grand.

Il est temps de faire un peu de bricolage.

J'attrape l'un des deux harnais attachés à mon dos et regarde de quelle façon je vais pouvoir emmener quelques uns de ces spécimens avec moi. Et après de longues minutes de bricolage, j'arrive à un résultat à peu près potable. Cinq dragons devrait être suffisant. J'espère. Et une fois ma besogne remplie, il me reste toujours un harnais de vide.

« Voilà qui est fait. Veux-tu continuer dans la grotte ou préfères-tu remonter à la surface ? On peut peut-être chercher un océan ... »

Et oui. Je sais aussi demander l'avis des autres.

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Dernière édition par Kobito Youko le Sam 7 Juin - 15:28, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: [Luun] A la recherche des parasites » PV Alva.   Mer 4 Juin - 11:50

Spoiler:
 

Concentrée dans son chant la belle cantatrice ne peut  observer les effets de son incantation qui dépassaient ce qu’elle aurait pu en attendre. Voir les créatures volantes s’écraser sur le sol froid et dur de la grotte éveillerait en elle bien  des culpabilités, mais heureusement l’obscurité la protège et c’est à peine si elle perçoit des chocs mous çà et là. Qui pourrait prévoir la réaction de ses victimes si elles s’extirpaient de son filet musical ? Sa concentration ne permet donc pas d’envisager autre chose que la léthargie de ses victimes…  

Jusqu’à présent elle n’a jamais porté atteinte à la santé de ses cibles. Devenir une meurtrière est à des années lumières de ce qu’elle peut envisager…  La musique ne peut entrainer quelque créature que ce soit vers sa fin ? C’est inenvisageable ! Son chant résisterait-il à un pareil doute ?

Maintenant son chant avait atteint sa plénitude sa poitrine se soulevait régulièrement et sa gorge distillait les caresses envoûtantes sur les esprits  inavertis.
Quelque chose de doux se posa  au creux de ses reins et la poussa plus loin dans les ténèbres…  Elle se laissa guider confiante en son guide, dans sa cécité… Quelque seconde son compagnon lui confirma le succès de son chant qu’elle termina doucement sans brutalité comme une sirène qui glisse vers les profondeurs alors que résonne encore ses perles aux oreilles des marins hébétés…

Elle rouvre des yeux dont les émeraudes ne lui rendent pas la vue. Sa torche est loin perdue dans l’obscurité mais le renard bipède semble déjà s’être désintéressé d’elle sans doute occupé à rassembler ses « échantillons ». Levant sa paume à hauteur de poitrine elle y fait naître une flamme dansante, comme si tout ce qu’elle faisait devait avoir un rapport  avec la musique… Ses yeux papillonnent pour se réhabituer à la lumière. Il est temps de contempler l’endroit.

La salle semble globalement circulaire et c’est à peine si sa lumière parvient à l’éclairer en totalité. Son regard se promène lentement sur les reliefs de la roche, le plafond et le sol… Cà et là des mares, tranquilles miroirs renvoient la lumière de la magicienne.

C’est alors qu’elle se fige les yeux écarquillés. Au sol des formes désarticulées et immobiles semblent l’accuser. Inutile de le nier tous ces petits corps parfois baignés de sang sont le résultat de son enchantement. Certains sont encore agités de soubresauts, désolants fanaux de peau luisante. Comme dans un songe elle s’approche et s’accroupit près de ce qui semble être un survivant. La forme de ses ailes ne laisse aucun doute : elles sont brisées ainsi qu’une des pattes aux doigts spatulés. Les yeux minuscules confirment que ces créatures ne sont pas adaptées à la vie diurne.

Maintenant à genoux près de l’infortunée créature, elle essaie d’évaluer l’étendue de sa faute car le malaise grandit en elle. Elle a abusé de son don c’est maintenant une évidence ! Elle n’aurait jamais imaginé provoquer la mort par la musique. Sonnée comme un boxeur elle ne parvient plus à bouger. Les remarques de son compagnons lui parviennent comme noyées dans la boue d’une atmosphère devenue oppressante par la présence des tous ces cadavres dont elle est à l’origine. D’ailleurs le kitsune ne s’adresse pas à elle trop occupé à faire les inventaires…

Elle ne pense qu’à une chose revenir en arrière mais elle ne connaît aucun chant capable de vaincre la mort ou soigner les blessures. Une larme silencieuse s’écrase sur la membrane de l’aile du dragon qu’elle n’a pas quitté, bien piètre offrande en regard de son crime.
Rien ne montrait pour l’instant que ces créatures lui aient voulu du mal ce qui rendait sa faute encore plus impardonnable !

Lentement elle se redressa et se mit demeure de rendre un dernier hommage à ses malheureuses victimes. Etrange spectacle que cette jeune femme silencieuse arpentant la grotte, traversant, sans souci de sa mise, les petites mares et alignant les petits corps les uns à côtés des autres alors qu’un renard s’activait à rendre les sangles de son harnais opérationnelles.

Elle déposa ensuite les blessés dans les petites niches naturelles qu’elle pouvait trouver dans la grotte en espérant que le temps et le hasard leur laisseraient la possibilité de guérir.
Puis elle se retira dans un coin de la salle, où sa flamme s’éteignit, pour entamer, tête basse, une mélopée funèbre. Sans puissance vocale, mais avec tous les reproches qu’elle se faisait.

C’est à peine si elle entendit la question de Kobito. Elle releva lentement la tête et articula un sombre :
« Je préfèrerais remonter… »

On ne fuit pas ses erreurs, elles font partie de nous mais elle ne se sentait pas la force de supporter les reproches muets de la grotte et espérait que le soleil lui rendrait un peu d’innocence…
Elle se releva aussi prestement que ses émotions le lui permettaient, ralluma une flammèche au creux de sa main et se prépara à emboîter le pas de son compagnon.
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MessageSujet: Re: [Luun] A la recherche des parasites » PV Alva.   Dim 8 Juin - 12:12

Spoiler:
 

Elle a l'air perturbé. Je crois que le spectacle de tous ces dragons écrasés sur le sol ne lui fait pas du bien et d'un côté, je peux la comprendre. Je n'aime pas tuer et à vrai dire, je n'ai jamais tué. Du moins, je n'ai jamais tué directement. Mais je me rends compte que je suis souvent - toujours, même - celui qui ne se salit pas les mains. Ce n'est bien évidemment pas la première fois que j'assiste à la mise à mort de créatures mais à chaque fois, je ne suis pas l'auteur direct du « crime ».

C'est peut-être pour ça que j'arrive à garder une certaine distance objective.

Cette prise de conscience me laisse presque de marbre, si ce n'est une petite touche de culpabilité qui vient s'installer insidieusement dans mon esprit. Quand j'ai combattu les félettes avec Yamrah, je l'ai laissé porter le coup final à la première et les suivantes sont parties avant que je ne mette à exécution le plan qui m'avait traversé l'esprit à ce moment là. Et aujourd'hui encore, j'ai demandé à ce qu'on endorme une salle entière de dragons sans penser que la chute serait souvent fatale pour ceux en train de voler.

J'observe une dernière fois la salle dans laquelle nous nous trouvons.

Un cimetière. Voilà ce qu'elle est devenue. Sur le sol, des dizaines de corps alignés, des corps déformés, brisés. La scène me fait mal au cœur et je détourne le regard, parce que je suis trop lâche pour me confronter aux conséquences de mes actes. Mais je sais que même si je ferme les yeux, cette image restera à jamais gravée dans mes souvenirs et reviendra me hanter.

Et le chant s'arrête.

Je ne l'avais pas remarqué, trop préoccupé par mes observations et mes spécimens, mais maintenant qu'il n'est plus là, je note son absence. C'était lugubre, particulièrement funèbre et maintenant que j'en suis conscient, je constate même que j'ai les poils hérissés. Alva a beau avoir une jolie voix, je préférais tout de même quand elle chantait une berceuse.

« D'accord, remontons. »

Et voyant qu'elle s'apprête à me suivre, je m'engage de nouveau dans le couloir de pierre par lequel nous sommes arrivés. En espérant ne pas me tromper mais vu l'odeur de notre passage précédent, je pense pouvoir affirmer que nous sommes sur la bonne voie. Il nous faut un peu plus de temps pour retourner à la surface qu'à l'aller mais j'avoue ressentir une étrange exaltation en revoyant les arbres à quelques mètres.

Par la Déesse, que cette grotte était étouffante !

Je jette un coup d’œil à mes petits dragons mais ils semblent encore bien endormis. J'espère que le soleil ne les brûlera pas mais à l'ombre des grands arbres, ils devraient résister. La course de l'astre solaire dans le ciel semble avoir bien avancé ; nous sommes sûrement restés plus longtemps que je ne le pensais sous terre. Mais je n'ai pas très envie de rester ici et je pense que la mage non plus. Il faut changer d'air, avant qu'elle ne sombre dans une déprime pleine de culpabilité.

« Il y a un chemin, ici, qui longe la forêt. C'est un peu étroit mais je pense que c'est toujours mieux que de repasser par la forêt et le chemin de ronces que nous avons traversé tout à l'heure. »

Ma voix est douce pour ne pas la brusquer et j'attends de voir un signe qui me confirme qu'elle m'a bien entendu. Puis je m'engage sur le passage repéré un peu plus tôt, sans trop de mal. Les branches les plus basses sont assez hautes pour qu'Alva n'ait pas à se baisser tout le temps et je me sers de mon bâton pour repousser les ronces sur le côté. Je surveille fréquemment l'état des salamandres-chauve-souris mais rien ne change pour le moment.

Je n'ose pas parler.

Je ne sais pas s'il vaut mieux que je la laisse ressasser ses pensées noires ou que je lui change les idées mais je ne sais de toute façon pas quoi dire. Alors je me concentre sur le chemin et sur ce qui nous attend après. Je ne sais pas où l'on va arriver mais j'aimerais bien ramener d'autres spécimens aux Archivistes. Je suis à peu près sûr que les dragons sont aveugles et qu'ils se déplacent grâce aux compétences qu'ont les chauve-souris normales. Et le côté salamandre apporte sûrement un autre bénéfice à la fusion mais je ne sais pas encore lequel.

Un reflet lumineux m'éblouit soudainement.

Devant nous, s'étale une vaste étendue d'eau, remuée par des vagues venant s'écraser sur la berge. La végétation de la forêt proche empiète un peu sur le sable. C'est splendide et j'avoue que c'est la première fois que je vois la mer, l'océan, peu importe, quand bien même j'en ai déjà entendu parler. Je me tourne vers Alvanyannni, sourire aux lèvres.

« Qu'en dis-tu ? »

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MessageSujet: Re: [Luun] A la recherche des parasites » PV Alva.   Mer 11 Juin - 10:01


Le regard de son compagnon sur la grotte avant de s’éloigner accentua encore le goût d’amertume et d’acétone qui lui emplissait la bouche. Même si elle ne laisserait pas ce souvenir derrière elle, il lui tardait de quitter ce lieu témoin de sa barbarie. Là où les yeux du renardeau se posaient son regard le suivait et à chaque endroit une tragédie dont elle était l’auteur… Leurs regards ne se croisèrent pas avant de quitter les lieux.

La remonté lui parut interminable. A aucun moment elle ne s’inquiéta de la route à suivre suivant sans protester le Kitsune qui ouvrait la marche. Il aurait voulu la perdre dans quelques labyrinthe, ou la précipiter dans quelques abysses sans fond qu’il eût pu le faire sans difficulté et d’ailleurs n’était-elle pas déjà égarée ?

Perdue dans de sombres pensées qui ne lui ressemblaient pas, il semblait au contraire qu’elle s’enfonçait de plus en plus dans une obscurité de plus en plus épaisse, sans doute la noirceur de ce qu’elle venait de faire. Elle ne prenait guère le temps de vérifier que la petite flamme au creux de sa main continuait d’éclairer ses pas et à plusieurs reprises elle trébucha se retrouvant à genoux avant de reprendre sa progression derrière Kobito qui gardait devant elle un silence qu’elle jugeait accusateur comme tout ce qu’elle pouvait percevoir autour d’elle.

En tout cas lui n’était pas responsable de la mort ou de l’infirmité de créatures qui n’avaient rien demandé à personne, et à bien le considérer il ne devait jamais l’avoir fait. Elle en vint à lui envier son innocence et à maudire sa peur.

Plus elle y pensait et plus elle se disait que c’était par peur de l’inconnu qu’elle n’avait pas regardé plus loin que le bout de son nez. Peur de ce monde qui lui était inconnu, peur de ces créatures qui avaient pour habitude de parasiter les humains. Avait-elle cherché à savoir si les petits dragons étaient dangereux ? La peur toujours cette peur tenace en elle lui avait fait choisir la voie la plus facile…
Le visage sévère de son mentor la poursuivait dans ces couloirs
« Tes dons ne sont pas des jouets ! Ils engagent ta reponsabilité ! »

Comme une vague de goudron, ces pensées détruisaient petit à petit tout l’optimisme qui illuminait le tempérament d’Alvannnyani.
« Tes dons ne sont pas des jouets ! »

Férocement et sûr de sa victoire, le sombre doute déchira toutes les certitudes, engloutit la flamme et poursuivit la dernière petite étincelle.
« Ils engagent ta reponsabilité !  Ta reponsabilité !  Ta reponsabilité !... »

Mais quelque chose refusait de mourir en elle et la petite étincelle explosa lui rappelant que la musicienne était lumière et le désespoir se déchira en multiples lambeaux renvoyés dans les abysses souterrains. Seul ne subsista qu’une petite voix irisée qui lui rappellerait la complexité du monde et la circonspection à avoir avant l’usage de dons même inoffensifs en apparence. Peut-être un pas sur le chemin d’une plus grande sagesse ?

Son mentor alors lui sourit…

La lumière l’éblouit et ses paupières soudainement lavées de l’obscurité hadéenne papillonnèrent tandis que le vert de ses iris se gorgea des rayons filtrés par la canopée, les senteurs végétales lui emplirent les poumons. Etait-ce ainsi que l’on ressuscitait ?

Un bruissement de membrane attira alors son attention. Elle baissa les yeux pour voir un des dragons de son compagnon entravé dans un harnais. Kobito avait cependant réussi à faire cela délicatement sans blesser en apparence la créature.
Elle avança doucement la main et caressa du bout des doigts la peau humide de la salamandre ailée

*Pardon pour toutes tes sœurs et merci pour cet enseignement*

Un hochement avant de reprendre sa progression derrière son guide vulpin, sa voix sa témoigna qu’elle devait encore chasser les derniers hayons de désespoir.
Après cette épreuve souterraine, le chemin sylvestre est presque de tout repos. Elle savoure à chaque pas les relents d’humus et de chlorophylle, les bourdonnements sont comme un présent à ses oreilles.
Petit à petit une esquisse de sourire redessine sa bouche amère encore quelques minutes plus tôt. Décidément elle apprécie que l’on s’inquiète pour elle…
En silence elle savoure sa renaissance. Elle a envie de caresser la tête qui court devant elle en guise de remerciement mais elle ne sait pas comment cela serait pris…

Et puis la lumière marine les accueille, elle se sent expulsée de la forêt et ses pieds s’enfoncent avec délice dans le sable blanc et chaud.
Elle se tourne vers l’astre du jour les bras écartés, les yeux fermés, les bras écartés, immobile pendant quelques secondes éternelles.

« Qu’en dis-tu ? »

Avant que rouquin canidé n’ait le temps de réaliser ce qui lui arrivait, elle le saisit dans les bras et tournoya sur elle-même en faisant voler le sable sous ses pieds, éphémère câlin avant de le reposer à terre, le visage illuminé du premier vrai sourire depuis son arrivée sur ce plan. Sourire gratuit, sourire de l’enfance, sourire au monde à son guide, à la vie retrouvée, sans souci de paraître lunatique ou étrange, ou futile…

« Je pense que j’ai quelque chose d’urgent à faire… »

Elle se mit à courir vers les vagues tout en se dévêtant, laissant ses effets derrière elle, sans souci du regard d’un renard. Nue enfin, les cheveux lâchés en étendard de sa victoire flottant dans la brise de sa course, le soleil caressa sa peau diaphane juste avant qu’elle ne plonge dans le ressac. Elle accueillit la fraicheur marine comme la dernière purification dont elle avait besoin après son cauchemar souterrain. Son corps glissa sur son élan en une courbe de bien être avant de refendre la surface. Un balancement de nuque projeta ses cheveux et une gerbe étincelante en arrière. Dressée hors de l’eau jusqu’aux hanches, elle lissa les mèches rousses sur ses tempes  de ses deux mains, alors que les  vagues jouaient avec sa taille  et envoya un clin d’œil à Kobito avant de lui lancer :

« Me rejoindras-tu ? »

Invitation complice, simplement pour le plaisir de profiter de l’instant en compagnie de la peluche, apprivoisement réciproque de deux êtres qui n’avaient pas trop eu le temps de se découvrir…
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Kobito Youko

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MessageSujet: Re: [Luun] A la recherche des parasites » PV Alva.   Sam 14 Juin - 12:10

Elle est heureuse, totalement resplendissante de bonheur. Je me demande ce qui a provoqué ce changement, entre la remontée de la grotte et l'arrivée à la plage mais je pense que c'est une raison bien trop profonde pour que je ne puisse la comprendre. Peut-être a-t-elle eu une révélation, une illumination, un peu comme quand nous, Youko, trouvons notre voie.

Peut-être a-t-elle trouvé sa Déesse.

Et je m'envole. Littéralement. J'ai à peine le temps de me rendre compte de ce qu'il vient de se passer que je suis de nouveau les deux pieds sur terre, un peu déboussolé. Je sais que je ressemble à une peluche mais vient-elle vraiment de me faire tournoyer dans les airs comme on fait avec les enfants ?! Je ne sais plus comment décrire son humeur mais son bonheur me fait rire.

Sa joie de vivre me fait du bien.

Elle est survoltée. C'est elle, l'enfant, finalement. Et même si son innocence vient d'être souillée, il en reste toujours une part intacte. Totalement immaculée. Épargnée par la souffrance et la culpabilité. La plus belle partie de son âme, la plus forte aussi. Celle qui l'aidera à surmonter tous les obstacles, j'en suis certain.

« Pourquoi pas. »

Je souris et j'ai l'impression que mon cœur, lui aussi, s'est allégé en la regardant. Je me défais avec délicatesse de mes harnais, faisant particulièrement attention à laisser les petits dragons à l'ombre, puis me débarrasse de ce qui me sert d'habits. Je n'aime pas me séparer de mon bâton, j'ai du mal à user des manas sans lui - même si cela reste possible, il me faut plus de temps et plus de concentration. Et même si l'endroit semble propice à la détente, je n'aimerais pas que nous soyons attaqués au moment où nous sommes désarmés.

Tant pis, prions la Déesse pour que personne ne vienne nous importuner.

Je m'approche de l'eau avec lenteur. Je ne me suis jamais baigné et je suis à peu près sûr que la nage n'est pas innée, même chez les pseudo-canidés comme moi. Je vais avoir la fourrure mouillée et pleine de sable ...

« Je compte sur toi pour me sauver si je coule, hein. »

Un pas dans l'eau. Puis un autre. Les vaguelettes éclaboussent mes poils, la sensation de fraicheur fait du bien. Comme une purification. On se débarrasse de la poussière de la grotte et on s'abreuve du soleil. L'eau m'arrive à la taille et pourtant, je suis bien loin d'avoir rejoint Alva. Je dois ressembler à un chien mouillé alors que l'eau ruisselle sur son corps et sur ses cheveux - elle ressemble à une flamme sortant de l'océan.

Les humains doivent la trouver belle.

« On est bien ici ... On peut sans doute rester plusieurs jours avant de repartir, qu'en dis-tu ? Le temps de se reposer et de reprendre totalement nos forces. »

Cela nous fera du bien à tous les deux.

« Parle moi un peu de toi, Alvanyannni. Si cela ne te dérange pas. »

Comme un moment de pause parmi les péripéties.

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MessageSujet: Re: [Luun] A la recherche des parasites » PV Alva.   Dim 15 Juin - 19:28


*Au moins il ne martyrise pas ses échantillons...*

Alvanyannni regarde son compagnon se préparer à la rejoindre avec un air approbateur. Elle savait qu’encore plus qu’avant elle serait attentive à la vie, à toutes les formes de vie oppressées par des créatures plus puissantes. Ce sera son hommage à ses victimes. Elle le sait aussi elle ne sera jamais naïve: les choses ne sont pas toujours noires ou blanches, survivre implique aussi lutte et sacrifice, mais elle serait toujours respectueuse même si elle était contrainte de chasser.
Dans le cas présent étudier des nouvelles espèces pourquoi pas mais en les respectant… Pas de vivisection, pas de mépris de ce qu’elle était. En ce moment ce que lui avait appris son ami solitaire sur Haerokia prenait un autre sens. Chaque fois qu’il chassait, il remerciait sa victime et son panthéon de lui avoir offert une vie et jamais elle n’était pris avec cruauté ou inutilement. Tout cela lui paraissait si évident et pourtant prenait un sens nouveau ou accru aujourd’hui….

En attendant Kobito elle se laisse tomber en arrière les bras en croix, dans le ressac. Ses cheveux se mêlent à l’écume cadre mouvant à l’albâtre de son visage et de son buste. D’un coup de rein elle se redressa restant cette fois à genoux pour laisser la fraîcheur de la mer reconquérir son corps encore offert au soleil l’instant d’avant. Un frisson délicieux parcourt son échine alors que le renard trempait le premier pied dans les remous d’écume comme s’il allait être aspiré par quelque menace cachée. Elle lui tendit de loin, la main et le sourire pour l’encourager.

« Compte sur moi… »

Joignant le geste à la parole et se laissa, d’une poussée, glisser sous l’eau vers le canidé son ventre frôlant le sable. Sa tête émergea doucement à quelques pas du rouquin la surface de l’eau au niveau de ses lèvres, les cheveux ondulant mollement dans les vaguelettes du rivage, les doigts ancrés dans le sable fin qui couvrait le fond. Ses yeux souriaient au malheureux canidé qui avait un peu perdu de sa superbe pour gagner en pouvoir d’attendrissement, mouillé qu'il était comme un chaton qui se serait renversé le bocal d'un poisson convoité.
Décidément elle fallait qu’elle arrête de le considérer comme une peluche. Il avait montré plusieurs fois qu’il possédait tout d’un être intelligent, posé et même avec un certain tact. Il l’avait ménagée à chaque fois que cela s’était avéré nécessaire et elle lui en savait gré. A l’évocation des moments difficile de la journée son sourire s’estompa comme si un voile passait devant le soleil, ombre fugace avant que la lumière ne reprenne le dessus…
A la proposition de son compagnon, elle haussa les sourcils étonnée.

« Plusieurs jours ici ? Je croyais que tu ne voulais pas faire attendre les archivistes et que ta mission était plus importante !… »

Machinalement, elle s’agenouilla sur le fond peu profond, de l’eau jusque sous les rondeurs de son buste d’ivoire et regarda le paysage alentour.
C’était vrai que le cadre était paradisiaque : une mer peu profonde, le sable fin et réchauffé par le soleil, une forêt où s’abriter… Mais…

« Pas de prédateur parasitaire ici tu penses ? ou tu veux joindre l’utile à l’agréable ? »

Elle lui jeta un regard complice souligné par un sourire espiègle. Décidément, plus le temps passait plus elle sentait partie prenante dans la mission du Kitsune et proche de Kobito…
Lui-même devait ressentir quelque chose sinon pourquoi s’intéresser à ce point à elle ? Mais les relations à sens unique ne l’intéressaient pas. Malgré son jeune âge, à peine sortie de l’adolescence, elle savait que le manque de symétrie faussait les rapports. Non qu’elle eût beaucoup de secrets, mais plutôt que, accorder sa confiance ne se conçoit pas sans en recevoir.

En une habile volteface elle s’assit à côté du renardeau dont le haut du corps commençait déjà à sécher sous l’effet du soleil et de la brise marine. Elle tapota la surface liquide en signe d’invitation à s’assoir à côté d’elle.

« D’accord, mais chacun son tour… »

Elle remonta ses genoux contre sa poitrine et les enserra de ses bras gracieux, le regard perdu vers l’horizon turquoise et le menton posé sur ses genoux.

« En fait je ne suis personne d’extraordinaire. Jusqu’à il y a peu je vivais seule avec ma mère dans un petit village d’un monde qu’on appelle Haerokia. Elle est blanchisseuse et moi bien trop agitée à son goût. Je l’adore ! J’en ai été éjectée il y a quelques fractions de temps lors de mon étincelle…
Mon projet est d’y retourner pour revoir ma mère et mes amis. J’ai encore du mal à réaliser que je suis arpenteuse. Beaucoup énoncent ce titre comme si c’était un métier alors que je le vis pour l’instant comme un état transitoire qui s’arrêtera le jour où j’aurai retrouvé le chemin de chez moi… »


Elle tourna la tête vers Kobito un petit sourire nostalgique dessiné sur ses lèvres où quelques cristaux de sel scintillaient. Ses yeux s’agrandirent en signe de curiosité et d’invitation à prendre la parole.

« Dans ton monde, tout le monde est renard ? »

La question était précise mais le ton hésitant, la jeune femme ne voulait en rien vexer le Kitsune…
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Kobito Youko

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MessageSujet: Re: [Luun] A la recherche des parasites » PV Alva.   Ven 27 Juin - 23:00

Je n'aime pas l'eau. Cette révélation me tombe dessus, soudainement, sans pour autant m'inquiéter plus que cela. Je n'aime pas l'eau, c'est désagréable sur les poils - ma fourrure se colle contre moi et je suis sûr que c'est laid. Peut-être parce que je n'ai aucune affinité avec le mana bleu et qu'il n'est pas indispensable à mes créations. Ou peut-être cela vient-il de ma nature de renard. Qui sait ?

Ça ne doit juste pas être fait pour moi.

Alvanyannni s'installe à mes côtés et pour ne pas la faire sortir de la mer, là où elle semble à l'aise comme un poisson, je me concentre et demande à la terre de s'élever, créant ainsi un îlot de sûreté sur lequel je peux m'assoir. C'est difficile, sans mon bâton, et il me faut bien plus de temps que d'habitude, mais qu'elle n'est pas ma satisfaction lorsqu'enfin, les vagues ne peuvent plus m'atteindre. Un petit sourire de fierté étire mes lèvres.

« Les archivistes peuvent attendre. Mais je l'avoue, je te propose aussi de rester ici car je suis certain qu'il y a des spécimens intéressants dans cet océan. »

Puis j'écoute son histoire, attentif. Je n'ai pas vraiment la même vision sur elle quant à notre état d'Arpenteurs. Certes, j'ai très envie de retourner sur mon plan d'origine mais j'ai aussi envie de découvrir de nouvelles choses, de nouveaux plans et de nouvelles créatures.

Ma curiosité est insatiable.

Après ce que j'ai vécu, j'ai la sensation que retourner à la place qui m'est due dans mon clan ne me conviendra pas. Peut-être que si j'avais été de Ceux-qui-combattent, j'aurais aimé rester avec ma famille pour les protéger mais le multivers nous réserve tellement de surprises qu'il serait bête qu'elles restent à jamais inconnues. Je suis de Ceux-qui-voyagent et je pense sincèrement qu'ils portent bien leur nom. Nous ne sommes pas faits pour rester à un seul endroit, l'étranger nous attire, comme la lumière charme les papillons. Comme le soleil a captivé Icare.

Peut-être finirais-je par me brûler les ailes.

« Il n'y a pas que des renards. Je n'ai pas énormément visité mon plan mais je sais qu'il y a des elfes et des dryades, et sûrement d'autres peuples. Mon clan est composé uniquement de kitsune et tu vas rire mais ... je suis le plus petit en taille. Même les plus jeunes que moi me dépassent ! »

Même moi, cela me fait rire. Mes amis se sont beaucoup moqués de moi, quand j'étais encore avec eux et même si au début, je le prenais assez mal, j'ai fini par m'y habituer. Personne n'a su expliquer mon défaut de croissance mais je le vis bien. Repenser à mes camarades de jeu me remplit de nostalgie à mon tour. Ils doivent sûrement croire que je suis l'un de Ceux-qui-se-sont-perdus et sans doute n'espèrent-ils même plus mon retour.

« Si tu veux, je peux t'aider à chercher ton plan ... »

La phrase est sortie sans vraiment que j'y réfléchisse mais après tout, pourquoi pas ? Elle m'aide beaucoup pour ma mission et il est juste que je lui retourne ça, non ? Et puis chercher à deux, c'est toujours mieux que tout seul. Cela donne plus de force.

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MessageSujet: Re: [Luun] A la recherche des parasites » PV Alva.   Dim 29 Juin - 8:07


D’un œil amusé, elle regarda l’îlot se former sous le fondement de son compagnon et la renardeau s’élever en même temps que le monticule, fragile forteresse face aux assauts des vagues.
Décidément, il était très à l’aise avec ses pouvoirs et semblait les maîtriser à merveille. La petite rouquine en revanche sentait bien qu’elle en était encore aux balbutiements, ne serait-ce qu’elle ne pensait pas encore à s’en servir pour le quotidien mais attendait toujours d’y être contrainte par une situation de stress. La magie l’effrayait-elle encore à ce point comme un don dont il ne faut pas abuser ? Pourtant sa pratique régulière ne lui permettrait-elle pas de progresser et de ne pas se sentir aussi vulnérable dans les moments de crise ? A cette pensée, l’expression mutine que la Kitsune avait fait naître sur son visage s’effaça brièvement, son regard se perdit dans l’écume  qui jouait autour de sa peau.

Décidément elle était cernée par des questions éthiques auxquelles elle n’avait pas été habituée. Mais le moment et le lieu ne se prêtait pas à leur élucidation et il s’agissait maintenant de s’occuper de spécimens aquatique…

Si elle avait bien compris les aversions de Kobito, l’eau en faisait partie. Il ne lui proposait pas moins que d’explorer les ondes mystérieuses pour lui trouver des échantillons. Enfin, il l’avait fait sans le déclarer vraiment et peut être même ne s’en était pas rendu compte. Ses yeux pétillèrent d’amusement et d’excitation mêlés. Elle commençait à être trop attachée à la peluche détrempée pour lui en vouloir et ces eaux peu profondes ne lui inspiraient pas de danger immédiat. Ce pouvait être divertissant… Elle se tourna alors vers lui et lui ébouriffant le crane lui lança sans une once de reproche dans la voix :

« Tu veux donc que j’aille à la pêche ? Et bien soit ! »

Elle avait cessé de culpabiliser sur ses manières familières à l’égard de Kobito. Il lui rendait la complicité qu’elle se découvrait à son égard. Il semblait prendre plaisir à se raconter et elle de son côté, sans arrière-pensée tentait d’imaginer son monde et partageait ses plaisanteries.
Les mains posées, maintenant derrière elle dans le  sable en deux gracieux arcs boutants qui soutenait la cambrure de son dos, son regard se perdait dans le ciel sans nuée comme une toile posée là pour soutenir son imagination.
Il est vrai qu’il lui était facile d’imaginer qu’il fût le plus petit. Un rire clair anima sa gorge souple, la tête rejetée en arrière. Puis brusquement elle se retrouva d’un souple coup de rein à quatre pattes  dans l’eau en face de son compagnon hydrophobe, le fixant dans les yeux d’un regard mystérieux et joueur. Elle se mit à tourner autour de lui comme un chat autour de sa proie.

« Et bien moi, je t’aime comme ça, sinon comment ferais-je pour te faire prendre ton bain ? »

Brusquement elle mima le bond du prédateur en direction du renard comme si elle allait le renverser hors de son promontoire de fortune. Son élan se brisa net à quelques centimètres de la boule de poil qui finissait petit à petit de sécher et reprendre allure présentable, espérant bien lui avoir inspiré au moins un petit sursaut, à moins qu’il n’ait déjà pris la mesure de sa nature joueuse.

Mais telle est prise qui croyait prendre ! La dernière phrase de celui qui était en passe de devenir plus qu’un compagnon de fortune la figea sur place, mettant un brusque terme à son jeu. A genoux les mains posées sur ses cuisses. Elle ne sentait plus les vagues jouer avec sa peau. Son visage exprimait tout l’étonnement de cette proposition qui chantait dans sa tête :
« Si tu veux, je peux t'aider à chercher ton plan ... t'aider à chercher ton plan ... t'aider à chercher ton plan ...»

Les yeux écarquillés d’étonnement donnaient la réplique à ses lèvres sans expression. Mais petit à petit, à mesure qu’elle réalisait le sens de cette proposition, un large sourire illumina son visage, ses pupilles déversant toute la reconnaissance dont les exilés sont capables lorsque le passeur leur montre l’horizon de leur patrie.
Sa main se tendit doucement vers les pommettes de Kobito pour la caresser du bout des doigts, l’eau salée y laissant des larmes fraîches. Elle articula lentement, presque inaudible:

« Tu ferais ça ? »

Elle marque un silence avant d’ajouter plus fermement :

« Alors compte sur moi pour tous les échantillons que tu voudras »

Elle aurait dit juré allégeance éternelle au renard ses mots auraient eu la même force...
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Kobito Youko

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MessageSujet: Re: [Luun] A la recherche des parasites » PV Alva.   Lun 21 Juil - 15:32

Elle tourne autour de moi, le regard féroce – oui, j'ai vraiment l'impression qu'elle a l'intention de me manger – et l'attitude menaçante. Je me doute bien qu'elle est en train de jouer mais j'ai quand même un peu peur pour ma fourrure. Par réflexe, je plante mes griffes dans le monticule de terre que je viens de créer, avec un petit espoir de pouvoir me retenir à lui si elle décide subitement de me pousser à l'eau. Je n'ai pas spécialement envie d'ériger une barrière de protection autour de moi, surtout contre elle. Non seulement ce sera long, mais également inutile. Elle ne me veut pas de mal, je le sais.

Elle bondit.

J'ai un mouvement de recul, instinctif, puis j'éclate de rire alors qu'elle se recule, fière de son coup. Je lui tire la langue, comme un gamin. Après tout, même si pour mon clan je suis considéré comme un adulte – j'ai trouvé ma voie, pour les humains, je ne suis encore qu'un adolescent. Physiquement parlant. Parce que dans ma tête, je ne me sens pas l'âme d'un enfant. Les voyages m'ont formé, ils m'ont aidé à grandir. Ils m'ont appris de nombreuses choses qui me servent à chaque instant.

Si je suis comme ça aujourd’hui, c'est grâce à eux.

Je reconcentre mon attention sur Alva, qui semble particulièrement perturbée par ma proposition. J'ai l'impression que mes mots mettent du temps avant d'arriver pleinement à son cerveau, avant de prendre sens. Je penche un peu la tête pour l'observer, attendant sa réponse. Ses doigts se posent sur ma joue, y laissant des perles salées. Je hoche la tête doucement pour répondre à sa question, lui donnant la confirmation qu'elle désire.

« Bien sûr. »

La force de ses paroles suivantes me surprend. Je ne m'attendais pas réellement à ça. Plus à un simple merci, un signe de reconnaissance qui m'aurait largement suffit. Peut-être se sent-elle déjà redevable mais je trouve qu'elle a déjà bien assez fait pour m'aider dans cette mission. Je lui souris franchement. Je suis sûr qu'elle n'est pas très vieille pour une humaine, et d'un coup, je la trouve vraiment attendrissante.

« Ah ah ! Je pensais déjà pouvoir compter sur toi ! »

Puis je me relève et sors enfin de l'eau, poussant un petit soupir de soulagement. Mes poils sont presque secs et rien n'est plus plaisant que de sentir le sable chaud sous ses pieds. Je me rhabille rapidement et vérifie que les dragons vont bien. Ils respirent encore et sont toujours endormis, agités de quelques soubresauts. Sûrement sont-ils en plein rêve – j'espère qu'il est agréable.

Je me retourne alors vers l'océan, observant l'horizon.

Un mouvement attire mon œil. Il y a quelque chose dans l'eau. La surface est agitée. J'agrippe mon bâton, concentre mon regard sur la zone, essayant de percevoir la source des remous. Qui semble se rapprocher dangereusement.

« Alva, sors de là ! Tout de suite. »

Et moi qui espérait que la pause serait un moment de détente … Décidément, ce plan pue vraiment la mort.

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MessageSujet: Re: [Luun] A la recherche des parasites » PV Alva.   

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