Fureur et Bestialité [PV Denpo]



 

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 Fureur et Bestialité [PV Denpo]

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Azriel Obelyn

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MessageSujet: Fureur et Bestialité [PV Denpo]   Sam 27 Juil - 1:50

Fureur et Bestialité – Le Grand Saut

Un sentiment. Une odeur. La peur, de la sueur. Une vague sensation qui s’empare de ses sens. L’orientation s’égare. Une jungle, dense. L’inconnu. Le danger. Les images s’enchaînent, il s’en approche. Un arbre. Géant. Et le silence. L’odeur légère d’une proie qui tente de fuir. Le paysage se fige. L’air s’humidifie, se réchauffe. Azriel inspire encore une fois. Il avance d’un pas. Adieu l’Entre-Monde, voici Pthian. Il s’accroupit, par réflexe, et s’accroche à ce qu’il trouve. Une liane, la main contre le tronc. Sans accroc, son premier saut maîtrisé l’a amené dans les basses branches d’un arbre, assez larges pour lui. Un arbre comme il n’en a jamais connu dans ses plaines. Un arbre d’où il observe le sol couvert de verdure, trente mètres encore sous ses pieds.

Sacré hauteur. Inhabituelle. Au moins est-il certain de ne pas avoir  le vertige, maintenant. Pas de danger, pas encore. Il se refuse à sauter, et préfère s’installer, vérifier son équipement. Que tout l’ai suivi. Ses armes, deux lames courtes, dentelées. Elles ne tranchent pas, elles arrachent, déchirent. Un poignard, à la ceinture, pour percer. Une corde, un sac, quelques bandages. Le minimum. Il repositionne sa besace dans son dos, la calle pour ne pas être gêné. Que la traque commence.

Cette traque, d’ailleurs. Une première chasse. Un échauffement. Parce qu’il a « peu à faire », selon les grands penseurs archivistes. Ils ont raison. Il n’a que ça à faire, d’aider un collectif engourdi et malhabile. C’est ce qu’il a toujours fait, partir en chasse pour nourrir les populations sédentaires. Ces villages qui voulaient cuir, fourrure et viande. Pour quelques morceaux de métal. C’est ce qu’il a toujours fait – non. C’est ce que sa famille a toujours fait. Obelyn. Lui à part.

Ses souvenirs reviennent à l’assaut. Non, encore. Pas les siens, ceux de sa famille. Mésestimé. Pire. Méprisé. Ils chassaient, il restait derrière. Ils chassaient, il les a chassés. Depuis, ils traquent à ses côtés. Il se refuse de sauter, pourtant son oncle l’aurait fait. Il le sait. Il le sent. Mais il n’est pas cet oncle.

Il est le seul survivant d’une famille fier. L’héritier inexpressif, las et désabusé. Ne sachant même plus laisser paraître autre émotion que la bestialité sur ses traits. Il a gagné son titre. Il a gagné sa fierté. Il a perdu son humanité. D’homme à bête. De lâche à prédateur. D’Azriel à Obelyn. Et cela l’affecta d’autant plus qu’il rompit tous les liens avec son monde d’origine. Plan, comme ils disent. Il a encore du mal avec le principe, mais personne, personne ne sait d’où il vient.

À la place, il observe les traces alentours. Des éclats dans le bois. Trace de serres que la mousse ne recouvre pas encore. Récent. Un animal lourd, effrayé. La peur, la proie, la sueur. C’était sa clé pour arriver ici. Plus aucune trace, cependant. Lourd mais rapide, sûrement. S’il fuyait, l’instant d’avant, c’est qu’il n’est pas en sécurité. Tant mieux. Il n’est pas là pour être en sécurité. Il se concentre. Sa silhouette s’affine encore. Ses muscles se dessinent, discrets, fermes, agiles. Une cousine. La plus agile. Il se refuse de sauter, alors il voyagera de branches en branches dans cette jungle dense. Vers cette source de frayeur

Car si personne ne sait d’où il vient, si personne ne connait son nom, alors ils l’apprendront.
Il est un traqueur. Un chasseur. Obelyn.
Azriel Obelyn.
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MessageSujet: Re: Fureur et Bestialité [PV Denpo]   Sam 27 Juil - 21:53

Il ouvrit les yeux et ses jambes fléchirent. Le voyage avait été compliqué, il n’était pas encore habitué de passer de plan en plan. Il espérait que cela s’arrangerait plus tard, il n’en doutait pas un instant. Il regarda autour de lui : des arbres, des lianes, des racines, et d’autres végétaux inconnus. Effectivement, c’était la jungle. On ne lui avait pas mentit sur la réputation de Pthian. Il ne savait pas ce qu'il l'attendait sur ce plan. Cela accéléra son rythme cardiaque.

Sans vouloir perdre un instant il lança son bâton en avant pour amorcer sa marche. Le bout de bois s’enfonça de trois pouces dans le sol dans un bruit de succion. Un enfer de boue. Il poussa un long soupir et chassa un insecte un peu trop entreprenant autour de son visage. Très bien, il détestait déjà cet endroit. Assez vite, il parvint à repérer les endroits stables du sol pour progresser à travers la jungle. Il savait qu’un arpenteur n’était pas très loin de cette zone, il l’avait sentit lors de son « saut ». Il ne restait plus qu’à le trouver. Peut-être qu’il pourrait enfin mesurer sa force. Pris dans sa marche il laissa son esprit divaguer.

Fini le décor blanc de cet esprit. Cela lui donnait la nausée, ces terres brulées sont beaucoup plus esthétiques, terminés les maux de tête dû à l’éclat de ce blanc. La porte rouge s’est refermée derrière l’ancien esprit de cet hôte. Parfait. Ce rat n’en ressortirait pas. Jamais. En collant l’oreille à la porte, il pouvait entendre son agonie, ses pleurs, ses appels à l’aide. Et lui, d’un air sadique qu’il aimait, souriait. Apres l’ouverture de cette porte, le flot de rage et de haine s’était déverser en un instant. Il en était la source. Aucun once de cet esprit n’en était ressortit indemne, rien n’aurait pu arrêter ce poison rouge. Maintenant, sans adversaire, il y régnait en maitre incontesté. Les seuls témoins de l’ancien esprit jonchaient près de la porte, une tenue ocre et une lanterne brisée dont plus aucune lumière ne s’échappait. Tout était terminé ici.

Il secoua sa tête de gauche à droite. Sortant de sa méditation, il s’arrêta. Il avait trébuché plusieurs fois sur des racines vicieuses sous la boue. Cet endroit précis n’était pas très adapté pour un éventuel combat contre des prédateurs. Il voulait sortir de là, mais pour le moment aucunes traces d’un arpenteur. Ou pouvait-il bien être ? Il remarqua, a quelques pieds de là, des traces de fuite. La boue est restée enfoncée sous le poids de la chose.
Il jura une nouvelle fois. Des insectes tournaient autour de lui. Cette fois, ils étaient venus nombreux. Il essaya de les chasser. En vain. Il enfonça, un peu plus, son chapeau sur la tête pour ne plus être ennuyé. Il était venu sur ce plan avant tout pour combattre quelque chose, ou quelqu’un, pour tester son nouvel « état ». En clair, voir ce dont il était maintenant capable. Mais il n’y avait rien ici, ou alors il n’était pas encore au bon endroit. Ces autoproclamés sages avaient, cela lui faisait mal de l’avouer, raison. Il ne connaissait rien de tout cela encore. Mais il avait soif, soif d’apprendre. Explorer les plans et trouver des adversaires, il était libre d’aller ou il voulait désormais. Il n’y avait plus qu’a … profiter. Et si il réussissait, tous connaitrait son nom. Tous allaient savoir. Tous le craindraient.

Sur ces douces pensées, un sourire béat éclaira son visage. Il bascula son bâton dans sa main gauche et de la droite s’appuya sur l’arbre le plus proche. Le toucher était doux, presque agréable. La mousse cachait la rugosité de l’écorce. Il reporta son regard sur les traces de fuite, se pouvait-il que ce soit l’arpenteur ? Non, certainement pas. Ou alors quelque chose dont il ignorait l’existence. Hm. Il retira sa main de l’arbre et l’observa. La mousse était légèrement roussie. Des petits insectes affluèrent vers cette zone. Certainement attirés par l’odeur. Hm. Il soupira. Et maintenant ?
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Azriel Obelyn

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MessageSujet: Re: Fureur et Bestialité [PV Denpo]   Ven 2 Aoû - 22:59

Fureur et Bestialité – Une Promesse de Vente

Il traque doucement. Il n’est pas habitué à la hauteur, ni même au terrain. Une jungle alors qu’il ne connait que la plaine. Acrobate improvisé, il s’essaye à ce nouveau corps dont il effleure les possibilités. Elle était douée. Il se fait un chemin à travers les basses branches. La mousse le ralentit, il ne souhaite pas tomber, la boue gênerait ses mouvements, tromperait son odorat. Il se projette encore, vers un nouvel arbre. Et manque de tomber, déconcentré. Il n’est plus seul.

Pas par l’odeur, pas par le bruit. Mais il sent cette nouvelle présence. Du moins, il la sentit, l’instant auparavant. Un flash, conscience instantanée de sa solitude rompue. Il n’assimile pas cette sensation. Sa proie ? Étrange. Il cherche. N’ose plus avancer, tapi contre le bois. Puis un fumet. Chaud. Une odeur roussie qui remonte jusqu’à lui, légère et dissipée. Ses sens se remettent en marche, il repère la provenance, peu loin. En avant.

Il y a une autre raison pour laquelle Azriel est ici. Une chasse d’information, mais aussi une chasse de pouvoir. Cet homme sur l’Entre-Monde, Mael. Il a la même odeur que lui, en partie. Celle de la mort, de la peur, de la chasse. En partie, seulement. Il semble plus lâche, en retrait. Plus fourbe, aussi. Il savait parler. Et négocier. Il avait proposé ses services en échanges d’échantillons rapportés de ce plan. Une tâche obscure, mais de laquelle il saura s’acquitter. Azriel n’a sans doute pas compris toutes les subtilités de ce nouveau monde, mais les gens ici ne sont pas différents. Et ils auront besoin de lui.

Et il se rappelle ne pas avoir été seul, à cet instant. Un autre avait acquiescé, à ses côtés. Aux allures simples, drapé de tissus pourpres. Et un chapeau extravagant. Ce chapeau qui se déplace, plus bas. Cet étrange homme lui aussi parti en chasse. Il ne sait comment l’estimer. Partenaire de chasse, rival, ou nuisance. Il ignore aussi ses capacités. Il serait plus sage de l’examiner, d’en apprendre plus. Il serait plus sage d’attendre, l’observer.

Alors il lui lance une poignée de mousse dessus.

Pas un mot. Pas besoin. Aucune hostilité nécessaire non plus. Ils étaient là tous deux, pour la même chose. Suffisant pour savoir comment se considérer. Chasser ensemble est bien plus fructueux. Et il sait le faire, chasser en groupe. Il se remémore. Les gestes lui viennent à l’esprit. Encore accroupi, il pointe une direction, celle du prédateur. Et sans se soucier de son camarade, avance.

Quelques pas supplémentaires, la chasse continue.
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MessageSujet: Re: Fureur et Bestialité [PV Denpo]   Ven 2 Aoû - 23:24


Une jungle étouffante, carnivore, prédatrice. Pthian est tout cela et plus encore, c'est le plan de la survie, celui de la lutte à mort entre les espèces, un monde où la seule loi est la sélection naturelle.
"Seuls les plus forts survivent ici", vous êtes vous dit ? Erreur ou raison. Tout dépend de ce que vous considérez comme la "force". Car les plus rusés et les plus adaptables prolifèrent également.

Un général pourrait passer des années à observer la faune de Pthian et en tirer mille et une leçons pour mener un conflit. Quelle tristesse que, dans la plupart des cas, le général aurait été dévoré avant la première heure.

Un être prudent sombrerait dans la paranoïa avant de comprendre la vérité. Se demandant si telle plante est toxique, telle bête dangereuse, etc. La réponse est pourtant évidente. Il n'existe rien d'inoffensif dans cette moiteur vorace qu'est Pthian.

Et cela, vous pouvez désormais le constater d'un simple regard porté vers les créatures simiesques qui se font de plus en plus nombreuses à mesure que vous avancez. Ces êtres, sortes de mignons petits singes aux couleurs se fondant habilement avec les feuillages, vous observent tranquillement, se rapprochant lentement.
Ce n'est qu'au bout de plusieurs minutes, lorsque l'un d'eux vous sourit que vous accédez à la compréhension. Trois rangées de dents acérées garnissent les gueules affamées de vos compagnons de route. Amis ? Ennemis ? Peut-être l'un et l'autre. Mais pour l'instant, ils ne font que vous observer... Toujours plus nombreux... Toujours plus proches...

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MessageSujet: Re: Fureur et Bestialité [PV Denpo]   Sam 3 Aoû - 12:22

Ploc. C’est ce que fit le bruit d’une boule de mousse en tombant sur son chapeau avant d’aller s’écraser dans la boue à ses pieds. Dans un bruit de succion la boule, modelée par un être intelligent, disparut. Denpo leva alors la tête. Parmi les feuillages il aperçut le petit être. Il plissa ses yeux pour mieux voir. Il l’avait déjà vu auparavant, sur la grande place. Il avait discuté avec deux arpenteurs ce jour là, un plus qu’étrange qui lui avait demandé de ramener des informations sur la faune et des morceaux s’il le pouvait. L’autre, n’avait fait que poser des questions dans un air triste. C’était lui. Mais ce n’était pas très net, il était comme changé. Etonnant. Il avait une pensée amère de cette rencontre. Il n’avait su jauger les deux arpenteurs, et il détestait les surprises. Il ne savait pas à quoi s’attendre, il n’avait même pas su dire si le second était un humain ou non. Toujours était-il qu’il avait changé en peu de temps.

Il allait l’apostropher quand le petit être, accroupi, leva son bras et indiqua une direction. Et sur ce, ce dernier avança.

L’arpenteur allait plus vite que lui, les branches lui étaient favorables. Il aurait voulu le semer qu’il ne s’y serait pas pris autrement. Heureusement que Denpo était rapide. Il courait pratiquement sous les grands arbres, s’aidant de son bâton dans les zones boueuses et ses pieds claquants contre les énormes troncs. Il était bien plus rapide que n’importe quel humain, il semblait survoler le terrain. Il ne le sèmerait pas aussi facilement.

Dans son avancée il nota la présence de quelques plantes imposantes, des couleurs inhabituelles, des formes de pousse inconnues. Et puis, comme seule faune. Eux. Des singes qui regardaient les deux arpenteurs progresser dans la jungle. Depuis combien de temps les observaient-ils ? Il ne le savait pas. Peut être étaient ils là depuis le début, leur fourrure se confondaient avec cet enfer de végétation. Ils étaient les habitants de ce lieu, eux les étrangers. Denpo ralentit l’allure. Pour tout autre avertissement, il siffla. Un long, et aigu, sifflement. Il avait chaud. Cela faisait quelques temps maintenant qu’il courait. Et les traces de la bête qu’ils, supposait-il, traquaient avaient disparues. Il n’y avait rien par ici. Se pourrait-il que l’arpenteur qu’il suivait ce soit trompé ? Son cœur battait fortement dans sa poitrine.

Un papillon de la taille de son poing voleta vers lui dans un bourdonnement ahurissant. Il l’attrapa dans un geste inattendu. Un bruit de friture s’échappa de sa main. Le cadavre noirci de l’insecte à quatre ailes glissa de son étreinte. N’y avait-il rien d’autre dans cette jungle ?
Et puis des cris, des hurlements C’était les singes. A quoi jouaient ses bêtes. Ils étaient plus nombreux maintenant. Il tourna sur lui-même. Il en voyait, ou plutôt en devinait, dans chaque coin. Il s’arrêta. Là, à une trentaine de mètres de lui, sur une branche basse, se dressait un singe qui le fixait.
Il devait faire une vingtaine de kilos, des griffes pointues, et surtout ce sourire. Le singe l’avait dévoilé dans un cri terrifiant. Trois rangées de dents blanches qui dénotaient avec ce vert autour d’eux. Denpo se sentait mal à l’aise maintenant. Il était seul, pour le moment, et entouré par un nombre incalculable de singes. Il n’avait pas peur, dans son plan ses anciens homologues luttaient contre des animaux bien plus dangereux que des singes. Lui-même avait défendu son temple contre des attaques de bêtes bien plus féroces. Pourtant deux  questions viennent soudain à son esprit :

Qui était la proie ?
Qui était le prédateur ?


Son rythme cardiaque s’accélérait encore, il sentait l’action venir. Enfin. A ses pieds, la boue durcissait, s’écartait de lui. Sa main droite se posa sur la garde de son arme.
Il sifflait une seconde fois. Et sur son visage se dessinait, lui aussi, un sourire.
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Azriel Obelyn

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MessageSujet: Re: Fureur et Bestialité [PV Denpo]   Mar 6 Aoû - 17:36

Fureur et Bestialité – Le Réconfort d'un Sourire

Les branches traçaient un chemin idéal pour avancer dans la jungle, pourtant, l’humain suivait avec aisance depuis le sol boueux. Remarquable. Azriel cessa donc assez rapidement de se soucier de lui. Ses sens se dirigeaient vers les dangers éventuels, jusqu’à ce qu’ils croisent ces singes. Loin des gorilles des plaines, colosses massifs, brutaux – et goûteux –, ces petites créatures semblaient d’un ridicule effarant en comparaison. Sans les ignorer totalement, le traqueur continuait sa chasse vers un vrai défi. Il avançait, ils pullulaient.

Un sifflement. L’arpenteur s’arrête net. Toujours plus de singes arrivent – ou se montrent, simplement. Peut-être ont-ils toujours été si nombreux, simplement camouflés. S’il remontait les traces d’une bête en fuite pour trouver le prédateur, il remarque que depuis quelques temps, seul son instinct le guidait. Plus une trace. Mais des couinements simiesques incessants. Beaucoup trop bruyants. Comment un attroupement aussi criard pouvait survivre au milieu de cet environnement dangereux ?

L’Obelyn fait volte-face. Il va vers ce signal envoyé l’instant d’avant. Les macaques recouvrent déjà ses pas antérieurs, descendant de plus en plus nombreux des feuillages denses. Peu importe. Il saute de branche en lianes, jusqu’à descendre au pied des arbres. Suivi par ces innombrables. Il continue, lentement, ne sachant comment réagir.

Il arrive en vision de son homologue. Partenaire de chasse lui aussi encerclé. Si ce coin de jungle était net, sans trace, tranquille pour ces bestioles, ce n’était pas un heureux hasard. Ces singes ne vivent pas dans la crainte : ils sont le danger. Une véritable horde d’amuse-gueule qui finissait sûrement toujours par avoir la peau de leur prédateur. Merveilleuse découverte.

« Un singe. Ils nous paieront, pour un singe. »

Et ils ne le ramèneront pas vivant. Azriel a déjà en main ses deux lames. Ce ne sera pas assez. Il aperçoit ces taches blanches apparaitre sur les troncs, les branches. Autant de mâchoires voraces qui salivent à l’idée de se partager deux inconscients. Tant qu’à les repaître, autant leur fournir un vrai festin, n’est-ce pas mon oncle ?

Loin du corps féminin qu’il affichait jusque-là, il choisit une véritable carrure pour affronter la masse. Un athlète, de chair, de muscles. Avec ce corps, il en enverra un paquet de ces parasites se coucher avant le dîner. Comme pour lui répondre, les plus proches indésirables claquent leur croc avec frénésie, avant de s’élancer, gueule ouverte.

Ce sourire. Je veux ce sourire.
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MessageSujet: Re: Fureur et Bestialité [PV Denpo]   Dim 15 Sep - 21:24

Il parait que c’est au pied du mur que l’on peut réaliser l’impossible. C’est aussi dans les moments les plus difficiles que l’on sait qui va survivre, et qui va mourir. Certains prouvent qu’ils méritent de vivre, d’autres restent figés sur place et attendent la mort. Chaque espèce doit prouver jour après jour qu’elle mérite sa place, cela aurait pu parfaitement être le dogme de Pthian. Il n’existe rien qui ne soit dangereux sur ce plan. Mais rien n’est plus dangereux que des nouveaux arrivants, ceux qui luttent des la première seconde pour leur survie dans ce nouvel environnement.
Qui dit nouvel environnement dit nouveau marquage de territoire, nouvelle tribu. Chaque espèce possède ses castes, la survie est assurée si vous faites partit de la plus haute. L’alpha. Celui qui dicte la conduite, possède la tribu entière des ressources jusqu’aux membres, il est toujours le plus fort. D’autres naissent Omega, une vie de complète soumission, destinés à mourir pour les Alphas. A chaque seconde, pourtant, cet ordre peut être remis en question. Une bataille faisait partit de ces moments ou tout peut basculer. Ou chacun peut s’illustrer et attirer sur lui les faveurs d’une tribu entière. Inspirer la crainte, prendre le pouvoir.

Tous, nous sommes tous nés avec cette soif de pouvoir. Chaque espèce est égale sur ce point. Prête à tout pour dominer. La force comme seule négociation.

Denpo n’était pas de ceux qui acceptent la mort. Il n’allait pas fuir. Jusqu'à son dernier souffle il allait lutter pour sa survie. Cette rage était en lui depuis toujours. Il était né pour se battre. Né pour tuer. Né pour dominer.
Il ferma les yeux un instant, il ne sentait pas la même puissance que lors de son éveil. Les sages l’avaient prévenu, certains plans étaient dénués de son mana, ou tout du moins sa présence était en faible proportion. Il semblerait que ce soit le cas sur Pthian. A son grand malheur. Il sentit tout de même un flux le parcourir. Il ne devait pas flancher, pas dès sa première épreuve.

A l’ instant où il ouvrit les yeux, le premier singe était déjà à quelques mètres de lui, en plein saut. Un pas de coté sur la gauche, bras droit tendu il passe sous le singe et l’attrape par ce qu’il semble être, au toucher, son avant-bras. La fourrure est douce mais peu garnie, la peau sous cette dernière souple, presque humaine. La différence entre les deux combattants n’est pas si grande, un frisson parcoure l’échine de l’homme. Il maintient sa prise et tourne sur lui-même. Une toupie humaine, le singe est projeté d’aussi loin qu’il est venu et grâce à son propre élan. Un deuxième singe, cependant, surgit des hauteurs de l’arbre le plus proche et agrippe Denpo aux épaules. L’animal est rapide, il mord à l’épaule droite faute de mieux, le chapeau de l’homme protégeant son cou. Un rire s’échappe de la gorge de l’homme. Ses vêtements se sont bel et bien resserrés sous la mâchoire du singe mais les crocs n’ont pas percés sa sous-tunique. D’un geste vif il pose sa main gauche sur la nuque du singe, serre et le projette vers le sol. Le choc est sourd. Le singe reste au sol, inanimé. Sa vitesse, même sans son mana d’origine, reste impressionnante et surtout surprenante. C’est ce qui l’a sauvé des deux premiers singes. Maintenant qu’ils ont vu cela, aucun d’entre eux ne refera la même erreur.

Les cris des singes se font plus intenses, une vague de deux nouveaux singes s’élancent vers lui. Cette fois il ne fait pas que poser ses mains sur le pommeau de son arme, il la dégaine. Ses deux mains sont sur l’arme. Il attend les singes. Une charge dans son dos. Un troisième opposant tombé, encore une fois des arbres. Denpo se jette au sol, emmenant avec lui le singe sac-à-dos. Il entend les crocs claqués dans la chute. Le singe n’a pas suivi sur le sol, ils sont maintenant trois face à lui, et tout une tribu hurlant dans les arbres. Il est sur son genou droit quand les deux plus téméraires le chargent.

Le premier sang coule. Le temps semble, d’un seul coup, se suspendre quand le cadavre tombe. Le katana s’est parfaitement glissé dans la gueule du premier singe, entre les deux rangées de crocs. La tête coupée en deux, le singe hurleur ne se relèvera plus jamais. Le deuxième s’est accroché cette fois sur l’avant bras droit de l’homme. Il mord. Une grimace. A travers le tissu les crocs déchirent la peau. Il voit désormais le troisième singe, jusqu’alors resté en retrait, charger. Dans un râle, et à coup de tailles, il réussit à arracher le singe de son bras et l’envoie au loin. S’ensuit un réflexe plus que payant, qui est de porter son arme vers l’avant, puisque d’un coup d’estoc il tue le dernier primate.

Combien ? Combien d’autres vont venir ? Les cris s’intensifient toujours. Il peut percevoir les petites choses qui pullulent parmi les arbres. Soudain un étrange sentiment l’envahit. Et s’il n’arrivait pas à les contenir ? S’il ne pouvait s’imposer ? Non, non et encore non. Il est l’Alpha. Il est devenu un animal désormais, le Dominant. Il a chaud, trop chaud. Dans un rugissement il charge la nouvelle vague de primates qui s’offre à lui.
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Azriel Obelyn

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MessageSujet: Re: Fureur et Bestialité [PV Denpo]   Lun 11 Nov - 14:14

Fureur et Bestialité – Ancré dans son âme à coup de croc

Le goût du sang. La brulure de ses lèvres. Ses crocs qui s’enfoncent dans le feu.

Son monde est réduit à une multitude de petits signaux, stimuli instinctifs qu’il suit sans effort. Comme une canine à l’unisson d’une mâchoire d’acier. Il crache au sol, mélange de salive et de sang, le sien. Quelques vaisseaux de sa gencive ont éclatés sous la chaleur, l’ébullition de son liquide vital. Mais il doit continuer, recommencer, suivre ses pulsions. Il passe un bras poilu sur ses lèvres. Poilu. À l’image de la multitude qui s’attaque à sa cible, ce feu incarné. Arpenteur.

Un éclair passe dans ses yeux, l’âme sauvage laisse la place, forcée, à l’original. Azriel reprend ses droits sur son corps. Il est plus petit, plus agile, moins intelligent. Il est un de ces singes au sourire carnassier. Il élargit le sien, à la lèvre fendue. Le souvenir revient, alors que le cri intérieur de la bête se calme, se canalise. Il assouvira le désir de destruction de la petite créature, qu’elle ne s’en fasse pas, les proies ici ne manquent pas.

Il se souvient du départ. Ces monstres qui se ruèrent sur lui. Leurs membres volèrent en désordre. Il ne s’appliqua pas, laissant des dépouilles estropiées tout autour de lui. Il n’avait pas le temps pour les finitions, seule la survie compte. Il se prend diverses morsures, que son corps tout en muscle commence à moins supporter. Alors qu’il tranche net deux qui bondissent d’un arbre en surplomb, un troisième s’accroche à sa poitrine. Il plante ses crocs, trois rangées d’armes acérées dont il pouvait compter chacune, enfoncée dans sa chair. Il crie, de rage et de douleur. Ses lames se plantent dans la boue. Ses poings se ferment, ses muscles se contractent. Ses deux extrémités se rejoignent sur le crane de sa victime.

Un regard de fureur, d’agressivité qu’il ne pourra oublier. Un dernier souvenir avant le craquement des os, des tempes qui se fissurent, avant le sang qui jaillit, s’éclate au visage du chasseur, avant les globes qui explosent, avant les poings qui se rejoignent. De toutes ses victimes, il fut son premier mort. La dernière image, ce regard, imprima ses traits immédiatement après. Littéralement. Il devint dans l’instant ce petit être dont il avait brisé le crâne. Il perdit le contrôle devant la férocité de sa victime.

Mais plus que ses propres souvenirs affluaient à ce moment. Ceux du macaque étaient là aussi. S’il avait suivi ses instincts sans pouvoir lutter, il savait maintenant comment il fonctionnait. Comment eux tous fonctionnaient. Il retourna à l’assaut du moine, courant dans sa forme simiesque. À portée, son bras s’étendit, perdit sa pilosité. Sa main, redevenue gracile, agrippa la peau d’un parasite velu, à peine plus bas que la nuque. Pinçant avec force l’épiderme, la victime lâcha prise. Elle était déjà en train de voler qu’il avait recommencé avec deux autres.

Son apparence était retournée à l’étape précédente, si ce n’est que le torse n’avait pas cette trace béante de chair mordue, mais un fragment de poitrine à fourrure. Il claque sa mâchoire, autre détail significativement différent. Il la claque une seconde fois. Sur le cou d’une vermine, lui brisant la colonne et la trachée d’un même trait. Il a leur motif d’attaque en mémoire, il n’a qu’à obéir à son corps pour l’éviter, le contourner, le leur retourner.

Il claque une dernière fois la mâchoire, dos à son allié de fortune, dressant sans honte sa silhouette hybride, fierté d’un changelin accompli.
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MessageSujet: Re: Fureur et Bestialité [PV Denpo]   Lun 18 Nov - 19:25

Une chaleur insoutenable. Plus le combat avançait plus il avait chaud. L'endroit n'était pas non plus innocent à la chose, la végétation et les hauts arbres en particulier bloquaient la chaleur. Le fort taux d'humidité l'empêchant presque de respirer il fit un bond en arrière pour s'accorder une brève pause. Il sentit contre son dos l'agitation du deuxième arpenteur. Plus tôt, il lui avait jeté un regard. Il avait été choqué, presque terrifié par sa bestialité. Aussi bien mentalement que physiquement. Ce petit être pouvait changer de forme à sa guise. Effrayant. Attirant.
Il ne savait pas combien il en avait tué, il compterait plus tard. Oui plus tard, quand tout serait terminé et qu'il se dresserait comme seul vainqueur. Force, puissance, fierté, ego étaient les nouvelles valeurs de sa nouvelle vie. Un gladiateur dans l'arène, un guerrier face à toute une armée.

Gladiateur ? Il se souvenait d'une de ces journées chaudes où lui et sa fratrie étaient allés aux jeux. Il devait avoir à peine huit ans et pourtant ses souvenirs étaient clairs. Trop clairs. Il se souvenait avoir applaudit, jubilé a chaque bruits d'entrechoquements, chaque gerbes de sang, chaque mise a mort. Il se souvenait précisément du visage du vainqueur, ... C'était lui ! Il était le gladiateur. Tout avait commencé en ce jour. Au fond de lui s'était mué le désir d'être celui qui vainc, celui qui récolte les honneurs, celui que le monde adule. Plus qu'un désir, une vocation. Quelque chose s'était éveillée derrière la porte qu'il avait récemment ouverte ce jour là. Son étincelle ? Sa folie ? Il ne saurait dire. Il n'était plus là, son regard, vide, fixait sa lame rouge de sang des primates. La boue remplacerait le sable. Il n'était plus l'enfant qui rêve, il allait vaincre. Il n'était plus l’enfant qui pleure, il allait vivre.


Un rugissement jaillit, encore, instinctivement de sa propre gorge. Pas un cri pour se donner du courage, non, un cri pour annihiler. Vite. Précis. Mortel. Sa lame trancha un corps en deux, son bras en agrippa un autre et le projeta directement sur le tranchant de son arme. Il ne voyait plus, il ressentait. Son corps n'était que fureur. Il n'était que colère. Eux ? Des êtres si primitifs essayaient d'abattre le dominant ? Il allait leur montrer que son statut n'était pas usurpé.
Bien des instants passèrent, et toujours plus de sang giclait. Le sien, probablement. Il n'abandonnerait jamais. Jamais il ne quémanderait la grâce de la foule. Jamais il ne verrait un pouce vers le bas pour son jugement. Il ne le pouvait pas. Il ne le voulait pas.

Et puis le silence.

Sa lame tomba à terre. C'était fini. Il n'entendait plus les cris des singes, il n'entendait plus rien. Un sentiment de bonheur l'envahit. Était ce la mort ? Déjà un si doux repos ? Il n'avait pas vécu longtemps. Trop peu en tant qu'arpenteur tout du moins. Il aurait voulu affronter plus d'ennemis, de vrais ennemis. Gagner plus de batailles. Être adulé, comme aurait été le gladiateur au centre de l'arène, le lieu de sa boucherie. Et puis soudain un tremblement sous ses pieds. Il reprend connaissance. Il sait qu'il n'est pas mort, du moins pas encore. Il voit les singes fuir. Ils battent en retraite. Ont-ils gagné ? Lui était presque a terre, serait-ce Obelyn ? Non ils étaient trop nombreux.

Alors pourquoi ? Un deuxième tremblement. Plus puissant, plus proche. Et un hurlement. Rien de semblable au cri d'un singe. Cette fois ci c'est plus gros, plus dangereux. Denpo comprend. Il doit agir vite.
Il se retourne vers son compagnon d'infortune. Le change-forme semble aussi frais qu'avant le combat alors que lui est physiquement usé. Il suait en effet à grosses gouttes, un nuage de vapeur se formait autour de lui à chacune de ses expirations. L'absence de son flux lui avait fait mal. Plus mal que ce qu'il avait imaginé. Mal pour un bien cependant, il avait assimilé. Apprendre de son erreur. Il aurait du fuit le combat pour épargner ses forces. L'hybride lui semblait, au contraire, disposer de son étincelle à son maximum. Il pourrait être un adversaire intéressant... Oui mais plus tard !

"Ramasse un corps d'une de ces choses et avançons !"

Joignant le geste à la parole il cherche du regard dans le tas le plus proche de lui un cadavre presque intact. Quelque chose que ces fous d'archivistes et l'autre arpenteur pourraient étudier, découper, analyser. Frêle cadavre sous le bras et ses affaires dans l'autre main et il recommence a marcher. Ils doivent absolument trouver un abri avant que la chose ne les rattrape.
Il saigne, à plusieurs endroits des crocs l'ont frappé. Rien de mortel. Il a mal. Il sert ses poings, il leur ferait payer cet affront ...
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Observateur de l'Æther
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MessageSujet: Re: Fureur et Bestialité [PV Denpo]   Mar 26 Nov - 0:19


Pas le temps de fêter votre triomphe pour l'instant, en effet. Au loin, les grondements se font encore entendre, avec une certaine régularité.
Vous cheminez donc sans tarder, à travers la végétation luxuriante, récoltant votre lot d'épines - heureusement dépourvues de poison - et perdant quelques lambeaux de vos tenues face aux ronces, pour déboucher sur une chose que vous n'auriez jamais cru possible : la trace d'un sentier. Comme si quelqu'un d'autre était venu ici et avait parcouru le même chemin régulièrement sur une longue période.

Plus loin, vous apercevez ce qui semble être une clairière et, pour les regards les plus aiguisé, des traces noircies au sol. Étrangement, ce lieu semble dégager une certaine plénitude, comme s'il était dans un autre temps, loin des dangers de Pthian...

Note:
 

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Azriel Obelyn

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MessageSujet: Re: Fureur et Bestialité [PV Denpo]   Dim 5 Jan - 17:54

Fureur et Bestialité – Brulez-moi, j’entends des voix.

Un. Deux. Dix. Vingt-deux.

Vingt-deux existences éphémères réduites à l’état de matière inerte. Vingt-deux battements de cœur qu’il avait stoppé de ses mains, de ses lames, de ses crocs. Vingt-deux instincts qui criaient à l’unisson. Fuir. Fuir. Tremblement. Encore fuir. La proie première émet un cri, compréhensible. La proie, l’allié. Fuir. Son sang boue encore de l’excitation du combat, l’adrénaline floute encore sa conscience originelle. Il tente d’obéir, ivre. De vingt-deux essences sucrées de vie.

Il passe un corps sur ses épaules et s’immisce dans l’ombre de ronces, buissons et fougères. Tremblement. Fuir. Les épines lacèrent. Chaque griffure se voit recouverte d’une peau épaisse, velue. À travers les tissus, des tâches de fourrures hétérogènes. Pas d’autre voie, les branches sont trop dangereuses. Que son épiderme se déchire, il doit rester au sol. Ses nouveaux invités lui interdisent de faire autrement, magnétisme instinctif, pour sa survie.

Puis vient la clairière. Sa mâchoire claque, comme un avertissement. Son corps ne peut plus bouger, comme enchevêtré parmi les lianes et épines qu’ils viennent d’affronter. Mais non. Non, encore ces peureux, fuyards. Tremblement. Fuir. Ne pas fuir. Vingt-deux piaillements internes indécis. Le sentier accueillant leur renvoie à des cauchemars primaires. Comme ce qui les poursuit. Sa mâchoire claque. Sa langue saigne.

Tu n’es bon à rien. Reste caché.

Quand les bêtes s’approchent, décampent au plus vite.


D’anciennes voix se font entendre. Toutes aussi insupportables. Ne pas faire demi-tour. Le terrain ne joue pas en sa faveur. Avancer. Là où aucun n’ose. Reprendre le contrôle. Faible ? Rires, de macaque. Il s’arrache de sa paralysie imaginaire, et s’avance sur le sentier. Vers la clairière. Son côté dominant prend le dessus sur la bête – les bêtes. Son pelage disparate se résorbe à chacun de ses pas. Ses réflexes de chasseurs reviennent. Il piste. Des traces.

Il croit reconnaître un ancien feu. Des herbes noircies, mais pas de cendres. Pas d’odeur qui perce à travers cette couverture humide, fétide qui plombe l’air ambiant. Il continue. Le calme est étouffant. Il pourrait sentir les regards de milles créatures effrayées de le voir avancer vers sa funeste issue. Il se plante au centre de la scène. Tremblement.

Ce soir, tu feras l’appât, Azriel.

Qu’il en soit ainsi. Il essuie la boue de sa lame. L’autre doit être restée derrière. Il se dresse fièrement. Claque sa mâchoire. Sa vraie mâchoire. Adresse un dernier signe à son compagnon.

« Un dernier. Et on rentre. »
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Denpo

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MessageSujet: Re: Fureur et Bestialité [PV Denpo]   Dim 5 Jan - 19:04

Un dernier ? Mais de quoi a-t-il peur ? Quel genre de pleutre est-ce dont là ?

Denpo avait replacé le cadavre du singe sur son épaule gauche, celle qui le faisait le moins souffrir. Sa main droite repose sur le pommeau de sa lame. Il regarde un instant son compagnon temporaire d’arme. Un sourire narquois s’esquisse sur son visage. Il s’avance et le dépasse.

« Oui oui, un dernier … »

Il n’est pas mécontent de quitter pour un moment la jungle. Avant d’entrer dans la clairière il marque un arrêt et s’observe. Il est en piteux état. Son uniforme est déchiré à de nombreux endroits. Des épines y sont coincées. Sur sa main droite du sang a coulé. Il est sec désormais. La chaleur de son corps a aidé, contrairement a l’humidité ambiante. Il porte sa main à son front, l’essuie. Il inspire une dernière fois l’air chargé d’humidité. Essaye de reprendre une constance et entre dans la clairière d’un pas décidé.

Comme une délivrance. Sa première bouffée d’air le revigore. Il respire enfin normalement. L’air est si pur, presque trop. Ses poumons le brulent pendant un court instant. Il observe maintenant plus attentivement autour de lui. S’arrêtant sur chaque détail. Des traces noircies au sol, le sentier qui traverse la clairière et c’est tout. Le calme. Beaucoup trop calme. Il ne regarde pas en arrière, il sait que le polymorphe suivra. Il avance le long du chemin. Il n’entend plus non plus les grondements sourds de leur poursuivant. Il s’approche de plus en plus d’une zone noircie. Il s’arrête et l’observe. Il se baisse même et tend sa main vers l’herbe noire. Et puis soudain.

« Je ne toucherai pas à cela si j’étais vous, voyageur. »

Interdit il s’arrête et se tourne doucement vers la voix qui vient de l’interpeler. Un bon mètre cinquante, des bras peu musculeux, de longues jambes. L’adolescent aurait presque fait sourire Denpo. Presque. Ce qui l’en empêche c’est la flèche dirigée vers lui et armée dans l’arc tendu que tient l’enfant. Il se relève doucement et fait face cette fois complètement au petit homme. Ce dernier est vêtu d’une peau de singe, un carquois dans son dos, mais il ne possède aucune autre protection particulière pour combattre. Il a pourtant tout l’air d’un chasseur aguerri. Denpo jette un œil sur le coté, aucune trace du polymorphe. Maudit pleutre.

« Bonjour … Je ne vou.. »


Sa phrase est interrompue par un sifflement aigu. Derrière lui un trou s’est formé au centre de l’herbe noircie. Une petite créature en sort dans un saut. Elle monte haut dans le ciel et replonge vers un autre trou plus loin. Elle est pourtant arrêtée au vol par la matérialisation d’une flèche noire. Elle retombe près de Denpo dans un bruit sourd. La créature doit faire une dizaine de  kilos. De puissantes pattes arrière et des pattes avant munies de griffes. Une bouche difforme avec deux dents proéminentes.

Il regarde vers l’adolescent, ce dernier a déjà dégainé une autre flèche de son carquois et la place tranquillement sur son arc. Il le bande et s’approche doucement de Denpo. Ramasse l’espèce de taupe volante et revient sur ses pas, à une distance convenable pour tuer un homme d’une seule flèche estime t-il. Et maintenant ? Denpo attend. Il ne bouge pas. Drôle de tableau.

« Avez-vous faim ? »

Intrigué, son sourcil gauche se soulève.
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Azriel Obelyn

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MessageSujet: Re: Fureur et Bestialité [PV Denpo]   Lun 20 Jan - 18:23

Fureur et Bestialité – Du sommet de la chaîne alimentaire.

Il ne voyait plus son acolyte depuis quelques instants. Pas plus qu’il ne ressentait les tremblements. Tout était calme. Il hésitait à rompre son attente, continuer son chemin. La vie sur ce plan était-elle si surprise de voir un corps résigné à l’affronter ? Tant pis. Il se retourne, prêt à reprendre la route, suivre les pas de l’autre Arpenteur.

Mais une silhouette.

Une énorme ombre qui se dessine de plus en plus précisément. Une bête furieuse, qui charge. Enfin. Il prend le temps de l’observer. Un croisement entre le félin et l’ours. À la peau plus dure que le cuir, grise. Des crocs de la taille d’un avant-bras. Deux paires d’yeux ambrés. Et des épines. Des centaines d’épines qui recouvrent sa chair comme les clous d’une armure. La bête idéale.

Trop idéale.

Il réfléchit à comment l’éviter, contre-attaquer. Ses muscles se bandent. L’excitation croit. Il s’agrippera à ses épines, derrière sa nuque. Il cherchera à y planter sa lame. Ou déchiquètera son cuir à l’aide de sa gueule nouvellement acquise. Il n’aurait pu rêver d’une plus belle prise sur ce plan, ou plutôt, s’il avait dû l’imaginer, elle aurait exactement ces traits.

Trop idéale.

Les macaques reviennent à la charge. Cri unanime d’une proie consciente de sa mort proche. Mais ils sont déjà morts. Ils sont déjà tombés pour leur nouveau maître – Azriel. Instinct de survie qu’il ne saisit pas, alors qu’il n’a jamais autant coulé dans ses veines, ses flux de manas qui s’agitent en lui. La créature est à deux pas. Métamorphose forcée. Vingt-deux âmes contre une.

Ses oreilles rétrécissent, son nez s’aplatit, ses yeux se ferment, ses genoux se plient. Ses sens s’adaptent. La charge tonitruante de la bête s’est tue. L’odeur du sang et de la fourrure, volatilisée. Il n’entend qu’un bruissement léger dans l’herbe. Ne sent qu’une odeur sucrée, sorte de nectar dissolu dans l’humidité ambiante. On se glisse à ses côtés, s’arrête, continue.

Son bras libre se jette sur sa cible. Il l’attrape. Une peau lisse, couverte d’épines qui ne font que pression contre sa chair. Il ouvre les yeux. Une liane. Il ne perd pas de temps à la trancher, la sève laissant une trace noire sur le sol. Il se redresse, recule, observe de nouveau.

Un champ de ronces et lianes vivantes. Un spectacle peu commun. Elles s’éloignent de lui, maintenant qu’il a compris, qu’il a réagi. Mais qu’en est-il de l’autre ? Il court sans perdre de temps. Lorsqu’il arrive, le végétal a déjà planté un rongeur, une sorte de taupe, transpercé par une épine de la taille d’une main. Et lui se fait totalement contourner. Il parle. Semble discuter dans le vide. Hallucine.

Azriel regarde à l’opposé. Là où toutes ces ronces convergent. Une abomination d’épines, de bulbes, de racines et de feuilles, surplombée d’une magnifique fleur d’où suinte le liquide noir à l’odeur sublime, l’hallucinogène sans doute. Ce sera dur seul. Et a une autre priorité. Il s’élance, court, court, court. Brandit son poing. Cogne sans réticence le centre du visage de l’attrapé. Assez de force pour le jeter hors du piège. Pour lui briser le nez. Détruire son odorat, pour l’instant.

Il espérait que cela suffirait. Car c’était lui qui s’offrait au centre du filet désormais.
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